Archive pour le mot-clef ‘Stats’

Bonne conscience

Mercredi 21 avril 2010

Aucune explication n’est fournie, avancée, ou même supposée du bout de la plume.

Mais la « blogosphere » commence à se théoriser imperceptiblement.

Ainsi, une étude anglaise relayée par le Time of India (ses pages « Life » vous feront comprendre à quels point le journalisme en France et en Belgique est sérieux).

Les chercheurs ont en effet analysé les posts de 75 blogueurs (je ne dis rien sur le panel … c’est déjà bien, en France quand on regarde la blogosphère on arrête bien avant cette maigre représentativité). Ces blogueurs publiaient tous sur livejournal.com (c’était d »ailleurs un des critères de sélection).

Ils en sont arrivés à la conclusion que seule la quantité de publication comptait pour accroitre sa popularité. Le ton, le vocabulaire, et toutes ces choses tellement annexes qui peuvent nous mener à apprécier un écriture particulière ou non, n’entrent pas dans l’équation.

On attendra une étude similaire sur les blogs du Nouvelobs ou de la libre belgique :p pour généraliser.

Et après, s’il nous reste un peu de mauvaise foi, on tentera même de regarder si le nombre de billets est un critère universel ou seulement adapté à une tranche d’age. On pourra même vérifier s’il n’y aurait pas une corrélation avec le fait que la page d’accueil liste les nouveautés.

Ce n’est pas demain la veille qu’une étude sérieuse sera faite sur la façon d’utiliser l’outil net. C’en est désolant.

Je me permet de râler, ça ne vous gène pas ? Non c’est sûr… seul le rythme compte. Au final je ne sais pas si j’en suis plus outré en tant que blogueur ou que lecteur …

Source :

L’argent ne fait pas le bonheur

Vendredi 26 mars 2010

Non, si !

Encore une affirmation péremptoire issue du bon sens qui se voit transformée par le truchement de la science en une explication sociologique de la condition humaine.

Une étude de Psychological Science l’affirme. Alors il faut bien y croire. Quand bien même vous seriez en train de glousser sur un matelas de billets.

Utilisant les données du British Household Panel Survey, l’étude de Chris Boyce démontre à partir des réponses de plus de 10.000 volontaires1 que l’argent n’est pas le moteur du bonheur.

Un protocole des plus précis.

Je n’oserais pas parler d’une étude sociologique aussi sérieuse sans m’assurer que les biais statistiques les plus élémentaires ont été évités. Celle-ci semble en éviter quelques uns mais je vous laisse juge:

  • Les chercheurs s’appuient sur des données collectées par d’autres.
  • Les réponses au questionnaire sont volontaires.
  • L’étude s’attache a comprendre pourquoi les gens ne sont en moyenne pas plus heureux maintenant qu’il y a 40ans malgré la croissance économique en se référant à des donnée de la période 1997-2004.
  • Le bonheur, comme toute donnée quantifiable, a été mesuré sur une échelle allant de 1 à 7
  • Des calculs arithmétiques mais néanmoins savant furent effectués sur ces mesures de bonheur. Toutefois l’on ne précise pas si une personne heureuse à 6 et une heureuse à 2 sont plus, moins ou autant heureuses que 2 personnes à 4.

Tout cela met en évidence, d’après les chercheurs, que le niveau de revenu n’influence pas notre perception de notre propre bonheur.

En fait l’argent peut faire le bonheur.

Si l’étude démontre que l’argent ne fait pas le bonheur, elle semble par opposition mettre en évidence quelque chose de plus étrange. L’argent ferait le bonheur à condition d’en avoir plus. Plus que ses voisins, plus que ses collègues, plus que ses anciens camarade de classe ou de voisinage…

L’argent ne serait donc pas le vecteur d’un bonheur absolu mais d’un bonheur relatif. Pour une société qui voit l’argent comme une preuve objective de réussite voilà qui est troublant.

Il n’y a plus qu’un pas a franchir pour prouver de la même manière que le malheur des uns fait le bonheur des autres. Pour preuve, si vos référant sont plus pauvres que vous, vous êtes objectivement plus heureux !

Décidément, comme je l’avait déjà dit on fait dire ce que l’on veut aux statistiques.

Oserais-je avouer qu’il peut y avoir un fond de vrai ? Je suis plus heureux que 99€ soient dans ma poche plutôt que dans celle de télé2. Le médiateur nous a donné enfin raison et ça fait objectivement plaisir.

De là à appeler ça bonheur, il y a une marge mais comme l’on dit… ça y contribue.

Source:

Addendum:

Petit tip si vous souhaitez donner tort à cette étude et ne pas faire dépendre votre bonheur du reste de vos contemporains2 :

  1. le point bien qu’écrivant en français n’est pas là pour les décimales mais bien pour que vous n’ayez pas à loucher sur le nombre de zéros []
  2. moi ça fait mon bonheur, mais je vous en avait déjà parlé []

La dépression des internet addicts

Vendredi 5 février 2010

Cause principale mais sous estimée de dépression du geek

Attention, veuillez éteindre vos ordinateurs et reprendre une activité normale.

Depuis quelques jours une news scientifique est reprise de manière généraliste.  Comme toujours c’est un festival d’approximation et oserais-je dire de désinformation.

Nous avons déjà connu la violence à la télé comme cause et influence probable de violences réelles. Depuis quelques années, ce sont les jeux vidéos qui sont à cette place d’accusé1.

Une nouvelle étude statistique vient donc en rajouter une couche sur le danger social d’internet, ce bien connu repère de nazi pédophiles mafieux pornographes !2

Il semble désormais que, si l’on en croit certaines généralisations très opportunes, le net conduise à la dépression.

Une étude statistiquement probante ?

C’est très simple, vous recrutez un panel sur internet3 grâce à des pubs sur des sites de socialisation (oui donc là déjà le panel c’est un groupe de jeunes passant du temps sur les sites de socialisation, ayant vu la pub et ayant l’envie de répondre à l’étude).

Vous demandez a votre groupe de préciser ses habitudes en matière de consommation de net4 et vous faites des stats, et vous vous apercevrez de la même chose que ces chercheurs.

Pour commencer les « accro au net » passent proportionnellement plus de temps que les autres sur les sites de q, sur les réseaux sociaux et sur les jeux en ligne.  On se doutait bien que pour être qualifier d’accro il fallait y passer plus de temps, mais on pourrait tout aussi bien y voir que les non-accro ne se servent d’internet que dans un but informationnel de recherche/transmission de données.

Il apparait en fait que ces jeunes internet addicts présentent des signes de dépression. Ok c’est possible, après tout leur vie réelle est suffisamment triste5 pour qu’ils cherchent du réconfort sur le net alors c’est normal qu’ils dépriment, surtout si un chercheur leur met ça dans la figure.

La preuve est là où on la cherche

La preuve est flagrante tout de même: ces jeunes d’une moyenne d’age de 18.3 ans (la moyenne d’age sur toute l’étude est de 21 ans) sont plus déprimés qu’un autre groupe de jeune témoin non accros. Pour la validité de la preuve, le groupe témoin a la même proportion hommes/femmes et la même moyenne d’age6.

Catégorie sociale ? Relation ? Études ? Situation financière ? Cadre de vie ? Ne cherchez pas ça n’a pas été pris en compte. Déduisez en que ça n’a objectivement aucune incidence sur la dépression ou  qu’on fait ce que l’on peut avec des groupes de 18 personnes …

Oui c’est le détail qui tue : les accros du net sont plus déprimés que les autres car sur 1300 personnes volontaires pour répondre il a été trouvé 18 « accros au net » (13 hommes et 5 femmes) et qu’ils étaient -en moyenne- plus déprimés que 13 autres hommes et 5 autres femmes ayant la même moyenne d’age.

Il en faut peu parfois pour établir des « vérités » …

  1. et l’on sent bien que la télé donne la place avec une joie non feinte []
  2. je n’ai pas acheté le caractère typographique du sarcasme mais vous pouvez aisément, et sans trahir l’idée du texte, faire comme si vous en aviez vu un []
  3. ouch y’a pas à chercher loin pour biaiser []
  4. on rappelle que chacun a vu la pub et a envie de se faire sonder []
  5. je m’en serai voulu de ne pas mettre moi aussi un poncif facile sur internet []
  6. vous êtes convaincu j’espère maintenant ? []

Mea culpa

Mercredi 27 janvier 2010

J’aurais du mal à cacher que j’aime les stats, surtout dans ce qu’elles ont de plus idiot et inutile.

Il me serait très difficile d’expliquer pourquoi, mais j’avoue avoir toujours un petit sourire en voyant ce qu’on leur fait dire … les pauvres.

Et aujourd’hui je le concède, j’ai eu un grand sourire en voyant l’article de ScienceDaily.com relatant les travaux de recherche de Itziar Etxebarria, de l’université du pays Basque.

Étudiant le sentiment du culpabilité et sa dispersion suivant les genres et les ages, Etxebarria arrive à une drôle de conclusion.

Comme beaucoup d’études, elle part (l’étude) d’un présupposé : les femmes ressentent plus la culpabilité que les hommes. Ce présupposé vaut ce qu’il vaut. Après tout si la science veut prouver l’égalité, il lui faut réfuter les différences, donc les étudier. Et quand bien même ces différences existeraient, il faudrait bien partir de quelque part pour les valider. Le présupposé n’est définitivement pas le problème.

Le problème vient de la refutation du présupposé. Car nos chercheurs, posant un argument sexiste sur un autre

This is caused by certain educational practices, which demand more of females, and which are sometimes still in use despite belief to the contrary

en arrivent à la conclusion hautement improbable, définitivement inutile, et scientifiquement bancale que NON ! Ce ne sont pas les femmes qui ressentent plus la culpabilité, ce sont les hommes qui la ressentent moins … CQFD !

Martine mérite son pardon

jusqu'à la prochaine fois !

Source:

Heureusement que je suis protégé de la culpabilité de ne pas développer plus mon propos

Men Feel Less Guilt, Study Suggests

La fable de l’économe amoureux

Jeudi 21 janvier 2010

Prenons un type, au hasard … un mec normal. Mettons le en mal d’amour. Faisons le réfléchir sur son âme sœur. Rajoutons l’équation de Drake1. Saupoudrons de la romance avec une capitale européenne la nuit (j’aimerais pas dénoncer Londres donc gardons un peu de mystère)

Il faut l’avouer, l’accroche est bien trouvée. On pourrait y croire. On pourrait le plaindre. On aurait même pu vouloir le consoler (hein ? j’ai écrit ça moi ? ).

Et puis, en lisant et en réfléchissant, on s’aperçoit que la belle histoire est scientifiquement aussi solide qu’un flan. Mais reprenons l’histoire depuis le début afin de bien cerner le problème.

Économe cherche plus si affinité, valeur à débattre !

Un économe britannique cherchait à passer ses soirées autrement qu’en épluchant des légumes2

Ayant connaissance de l’équation de Drake, il décide de l’appliquer à sa solitude.

Ce brave homme a des gouts simple, il souhaite juste une femme (hop 50% de la population éliminée), entre 24 et 34 ans ayant un bagage universitaire.Et de préciser de suite que le bagage universitaire n’est pas de l’élitisme, c’est juste pour avoir plus de choses en commun.

Ces quelques filtres ayant été posés, il reste encore du monde susceptible de lui plaire. Trop peut-être. Qu’à cela ne tienne, notre homme, qui n’est pas élitiste3 applique donc un coefficient totalement arbitraire et totalement non élitiste de 5%. Que l’on se rassure, ce n’est pas pour tenir compte de la faible fraction comprenant le swahéli mais simplement parce qu’il estime qu’il ne sera attiré physiquement que par 5% de ces dames.

Ainsi, il arrive à une population susceptible d’éveiller en lui de perverses envies de 10 500 femmes sur le Royaume-Uni.

Le célibat et un économe, 4 ou 5 bonnes raisons d’apprendre à compter

Mais qu'il est con !

L'avis de Pacotine

10 500 femmes, soit selon lui, le nombre de civilisation communicante dans la voie lactée… pour faire dans de telles métaphores il est probable que le garçon en rajoute un peu coté mystère féminin mais passons.

Nous nous réfèrerons maintenant aux calculs de ce brave mais toujours non élitiste britannique. La répartition spatiale de ses potentielles conquêtes l’amène à la conclusion que 0.14% des londoniennes correspondent, et 0.017% des britanniques. Londres ayant en 2007 7,7Millions d’âmes un rapide calcul montre que si la moitié est féminine, alors il y a 5400 amours possible. Les 5000 restantes étant dispersées dans les 30Millions de femmes du reste du pays.

Qu’en conclure ? Rien, notre homme n’est pas élitiste. Il n’y est pour rien si hors de Londres point de salut n’est envisageable. Ce n’est pas sa faute si Londres rassemble les jeunes lettrées du pays tandis que des paysannes incultes peuplent la campagne.

Il en était là de ses pensées profondes lorsque lui prit l’envie de pousser plus loin le raisonnement. C’est que notre brave homme s’est souvenu que la femme a une volonté propre (ça reste un animal comme les autres ! ) Il a donc combiné ses chances de rencontrer une femme correspondant à ses exigences avec ses chances de correspondre à des exigences similaires de la femme.

On évitera donc de trop s’appesantir sur les calculs, sachez juste qu’il est parvenu à déterminer qu’il y a 26 femmes répondant à cela au royaume uni.

Il aurait pu en rester là, mais non. Quand on a le pathos chevillé au corps comme ça on insiste. De ses 26 femmes, il calcule qu’il a 0.00034%  de chance d’en rencontrer une la nuit à Londres4 . Pour montrer qu’il calcule ça comme je fais un budget, je dirais juste que pour lui 0.00034% équivaut à 1 chance sur 285 000.

En refaisant les calculs5 on arrive au choix à la conclusion qu’il rencontre 2 femmes par soir ou qu’il y a plus de chances pour lui de satisfaire les critères d’une femme que l’inverse.

Pauvre homme donc. Les chiffres étaient contre lui. Il s’y était résolu. Et puis il a croisé sa voisine. Ils vivent le parfait amour.

On se garderait bien d’en tirer une morale… enfin d’en tirer une autre morale

Source:

  1. Équation qui donne le nombre de civilisation extraterrestre en recherche d’amour extra-galactique; pour en savoir plus []
  2. j’ai pas osé de blague sur le poireaux…mea maxima culpa []
  3. faut-il le rappeler? []
  4. sauf que si elles font les mêmes calculs devant leur pc, c’est pas demain la veille qu’elles vont sortir le soir []
  5. avec toute l’exactitude possible si l’on se rappelle que l’on ne sait pas de quoi il se sert pour calculer quoi… []

Une minute de gagnée ?

Dimanche 17 janvier 2010

C’est peu ?

Vous souvenez-vous de Watchmen ? Le film de superhéros dans lequel le monde, en prise à des conflits pas si originaux n’était qu’à 1 minute de l’apocalypse, symbolisée par une horloge arrêtée ?

Et bien vous serez ravis d’apprendre que cette horloge existe réellement. Remontée périodiquement par le « Bulletin of the Atomic Scientists » (BAS), cette horloge est censée refléter l’état du monde.

Le détail qui va transformer cette sordide initiative en une presque bonne nouvelle, c’est que nous venons de gagner une minute sur cette pendule. Alors bon je me doute que le fait que le monde va mieux a pu vous échapper1. Personne ne vous tiendra rigueur de ne pas avoir remarquer cette notable amélioration de la situation qui permet d’éloigner un peu plus le spectre d’une destruction de la civilisation telle que nous la connaissons.

L’évolution de cette dead-line est assez surprenante, les points d’inflexion ne sont pas exactement ceux que l’on pourrait attendre: la fin de la guerre du Viet Nam ou les attentats du 11 septembre n’y sont remarquable en aucune façon.

doomsday

Une (grosse ?) minute de gagnée

Poussons donc un hourra, nous sommes désormais à 6minutes de la fin du monde.

Nous étions passé à 5 en 2007 lorsque avait été décidé la prise en compte des aléas climatiques. La remontée à 6 semble surtout symbolique au lendemain de l’échec du sommet de Copenhague.

Hip Hip Hip Hourra

  1. vous pourriez tout de même faire un effort ! []

Les statistiques de la beaute

Lundi 21 décembre 2009

C’est officiel.

La beauté est enfin mathématiquement et statistiquement calculable.

shania-twain.jpgBon il faut faire l’impasse sur le fait que c’est une grandeur totalement subjective et sur le fait que la donnée est purement statistique, sur le fait que l’échantillon n’est aucunement documenté (on ne sait ni le nombre de gens, ni le sexe, ni même les préférences sexuelles) et sur le fait que l’universalité de l’étude ne dépasse certainement pas l’occident. Enfin et plus inquiétant, il faut remarquer que la nouvelle de l’étude vient d’une dépêche afp et non d’une publication. Mais soit, mettons de coté la réserve la plus élémentaire et regardons ça de plus près.

Des équipes des universités de Toronto et de San Diego (oui il fallait au moins ça …) ont montré à des étudiants des visages dont les ratios (distance entre les yeux)/(largeur de visage) et (distance bouche-yeux)/(hauteur de visage) avaient été modifié grâce à un logiciel de retouche (donc pour répondre à l’angoissante question: non aucun modéle n’a été maltraité ou blessé durant cette expérimentation).

Les statistiques qui sont sorties de ces tests montrent que des ratios de 46 et 36% sont jugés plus attirants. Ces valeurs étant dans la moyenne des visages dits « normaux », l’optimisme doit faire espérer que l’influence de la retouche a pu être statistiquement écartée…

Forts de ces résultats les chercheurs canadiens ont ensuite examiné des photographies de célébrité pour découvrir que la chanteuse canadienne Shania Twain était la plus proche de la perfection … ce qui se traduit par l’expression journalistiquement élégante : « Shania Twain affichait la plus belle paire de ratios. »

Des douves et des barbeles devant les sorties de secours

Mercredi 26 août 2009

obstacleC’est encore un nouveau pas qui vient d’être franchi pour comprendre que l’on ne comprend pas grand chose !

Très bientôt, dans les lieux bondés, il faudra vous attendre à trouver tout un tas d’obstacles sur votre chemin.

Jusqu’à présent la logique voulait que les sorties de secours soient laissées libres de tout encombrement afin de permettre aux gens de se piétiner allègrement dans la joie et la bonne humeur en cas d’évacuation[1]. C’est sur le point de changer !!!

Désormais, les sorties se feront à la Mario Kart, comprendre avec des obstacles sur le chemin.

Quelle bonne idée ! Mais pourquoi donc ???

Un chercheur japonais Daichi Yanagisawa (oui un moyen de gérer les foules on aurait pu se douter !) a étudié pour cela la vitesse d’évacuation de femmes à travers une porte dont la consigne était de sortir le plus vite possible.

Un obstacle placé devant la porte, un peu de coté, a permis d’augmenter la vitesse de sortie de (attention il faut se tenir à accoudoir ) 2.8 à 2.92 personnes par seconde ! L’obstacle était un pilier de 20 cm placé 65cm avant la porte. Il est à noter que ce taux descend a 2.78 si le pilier est trop proche du centre.

Ce qui laisse pantois dans cette étude n’est pas tant qu’un ralentisseur (de fait) augmente la vitesse générale, après tout il est prouvé depuis longtemps sur autoroute qu’une baisse de la vitesse de chaque véhicule contribue à la fluidité globale et par là même à la hausse du débit de voiture (principalement par le raccourcissement des distances de sécurité et l’abolition des effets d’accordéons.

Ce qui laisse pantois, ce sont les taux ! Il faut savoir que dans ce genre d’études ils sont obtenus par un modèle mathématique qui reprend divers paramètres et ensuite confrontés a la pratique et aux faits.

Je me permets de citer le résumer de l’article de l’étude (disponible ici)

In this paper, two important factors which affect the pedestrian outflow at a bottleneck significantly are studied in detail to analyze the effect of an obstacle set up in front of an exit. One is a conflict at an exit when pedestrians evacuate from a room. We use floor field model for simulating such behavior, which is a well-studied pedestrian model using cellular automata. The conflicts have been taken into account by the friction parameter. However, the friction parameter so far is a constant and does not depend on the number of the pedestrians conflicting at the same time. Thus, we have improved the friction parameter by the frictional function, which is a function of the number of the pedestrians involved in the conflict. Second, we have newly introduced the cost of turning of pedestrians at the exit. Since pedestrians have inertia, their walking speeds decrease when they turn, and the pedestrian outflow decreases. The validity of the extended model, which includes the frictional function and the turning function, is supported by the comparison of a mean field theory and real experiments. We have observed that the pedestrian flow increases when we put an obstacle in front of an exit in our real experiments for the first time. The analytical results clearly explains the mechanism of the effect of the obstacle, i.e., the obstacle blocks pedestrians moving to the exit and decreases the average number of pedestrians involved in the conflict. We have also found that an obstacle works more effectively when we shift it from the center since pedestrians go through the exit with less turning.

Un résumé français succinct et peu flatteur serait de dire que l’équipe s’est contentée de rajouter 2 variables à un modèle préexistant et de vérifier sa concordance avec ce qui est réellement observé.

Ils ont donc pu verifier une hausse de 4% du nombre de personnes évacués par secondes dans un cas, et une baisse de 0.7% dans l’autre cas !

C’est impressionnant. Quoique…

futur équipement de sécuritéL’observation a été réalisée sur un groupe de 50 femmes chargées d’évacuer.

Avec un taux non modifié de 2.8 femmes par secondes, elles ont évacué en 17.85 secondes. Avec l »obstacle et le taux a 2.92 il ne leur a donc plus fallu que …17.12secondes …Le groupe aurait donc gagné 0.7 secondes. Le poteau au milieu les a vu lui sortir en 17.99 secondes.

Outre que ce genre d’expérience soit de fait particulièrement difficile à reproduire:
-C’est le même groupe qui ressort chaque fois ?
-Si oui la fatigue est elle prise en compte,
-Sont elles prévenus de la configuration,
-Sont elles habillées et chaussées de façon réaliste ? (personnellement j’évacue moins bien en talons hauts …)
-Sont elles chargées de façon réaliste ? (si 50 femmes doivent évacuer, jsuis ptet sexiste mais imo elles ont des sacs et des cabas, si elles en ont pas c’est qu’elle simulent n’importe quelle foule et donc qu’il manque la prise en compte de la force/masse des hommes qui bousculeraient les femmes en fuyant la queue entre les jambes)
-Si non de quelle manière des groupes si restreints peuvent ils être semblables ?

En abrégé ces temps ne sont aucunement significatif de quoi que ce soit. Quand bien même ils le serait ce sont les différences constatées qui ne le sont pas. La seule chose que l’expérience aurait pu valider étant précisément l’absence de différences significatives.

De plus en cas d’évacuation une composante panique est à prendre en compte;
que peut bien faire un physicien japonais pour mener 50 femmes à fuir son bureau dans des conditions réalistes ???

Encore une preuve que les Stats disent … exactement ce qu’on veut leur faire dire

Sources :

Notes

[1] Décret no 92-333 du 31 mars 1992 modifiant le code du travail (deuxième partie: Décrets en Conseil d’Etat) et relatif aux dispositions concernant la sécurité et la santé applicables aux lieux de travail, que doivent observer les chefs d’établissements utilisateurs Art. R. 232-12-2. – Les établissements mentionnés à l’article R. 232-12 doivent posséder des dégagements (portes, couloirs, circulations, escaliers, rampes) répartis de manière à permettre une évacuation rapide de tous les occupants dans des conditions de sécurité maximale. Ces dégagements doivent être toujours libres. Aucun objet, marchandise ou matériel ne doit faire obstacle à la circulation des personnes ou réduire la largeur des dégagements au-dessous des minima fixés ci-après.

Y’a un peu plus de bonheur, je vous le mets aussi ?

Mercredi 5 août 2009

Le bonheur est une denrée quantifiable

et rien que ca, ca me remplit d’environ 10% de bonheur supplémentaire.

so_happy.jpg

Le moral c’est simple comme un frigo !

On connaissait déjà les fameuses mesures du moral des ménages, où pour résumer, les questions « Sous quel délai envisagez vous de changer votre réfrigérateur ? », et « Comptez vous en prendre un plus grand ou un plus petit ? » permettaient aux as de la statistique et de l’humain (à quelques exceptions près, les mêmes qui ne savaient pas si l’on choisirait le bling-bling, la bravitude ou la rencontre du troisième type, des types capables donc de théoriser la demande de cèleri-rémoulade d’un buffet avec 3 chiffres après la virgule) de déterminer si l’on pensait que la famille s’agrandirait par d’heureux événements et si l’on imaginait pouvoir nourrir ce beau monde; ce qui devenait par le truchement de la statistique une mesure du moral et de la confiance en l’avenir. Et l’on apprenait tour à tour que la France n’avait plus le moral ou que celui ci revenait.

Le biais statistique était évident. La mesure n’avait même pas besoin d’être faussée tellement elle était vide de sens. Mais ça fait toujours plaisir à quelques uns (politiques, responsables du sondage, spectateurs de jt…).

Bref on en était là. Tellement obnubilé par notre moral que l’on en aurait presque oublié de réfléchir. Tellement résolument tourné vers l’avenir que l’on en aurait oublié le présent.

Et là derrière votre écran, vous vous dites que je chipote, j’en fais des tonnes pour rien. Vous, vous le savez que l’avenir ne s’annonce pas rose et c’est pourquoi vous profitez de chaque jour à fond hein ? Croyez vous ? Vraiment ?

Si c’était vrai alors vous auriez remarqué à quel point vous fûtes (un passé simple si bien amené n’est jamais perdu) heureux il y a un mois et demi… et vous n’avez rien vu.

Le bonheur en équation

Pourtant le 19 juin fut le jour le plus heureux de l’année selon le docteur Cliff Arnall, la formule

O + (N x S) + Cpm/T + He

avec

O = être dehors et faire des activités à l’extérieur
N = nature
S =interactions sociales
Cpm = souvenirs d’enfance de l’été et autres pensées positives
T = température
He = excitation à propos des vacances

le prouve de manière évidente

A noter que l’économie n’influence en rien le bonheur.

Mais qu’elle influence grandement le malheur selon cette autre formule du même docteur

(W + (D-d)) x TQ
M x NA

avec

(W) météo,
(D) dette,
(d) salaire,
(T) temps depuis noel,
(Q) temps depuis la dernière envie de démission,
(M) niveau de motivation
(NA) nécessité de faire quelque chose.

Qui n’est donc pas, contrairement à ce que nous autres petites gens pouvions penser, ni l’inverse ni le contraire du bonheur !

Magnifique qu’après la dépression en fonction du frigo nous puissions avoir le bonheur des gens indépendamment des gens.

La blogosphère anglophone comme étalon des sentiments humains

Encore plus fort désormais, les chercheurs ont réussi à faire une étude présentant la plupart des biais possibles et/ou imaginables.

On assumes sans mal que pour prétendre être valide, une étude statistique doit être faire sur un échantillon représentatif de la population à étudier et que le caractère étudié (celui qui est directement mesurable) ait un rapport sans ambiguïté avec le sujet de l’étude.

Prenons quelques exemples.
Il n’est pas possible de se baser sur le nombre de roux japonais pour déterminer le nombre de roux cubains (représentativité)
Il n’est pas possible de se baser sur l’évolution de la vente de déodorant pour étudier l’évolution du nombre de roux (voyez le rapport « avec » ambiguïté)
Il n’est pas possible de se baser sur la vente de salade d’un restaurant végétarien pour savoir dans quel proportion l’agneau est ou non préféré au boeuf.
Il n’est pas possible de se baser uniquement sur les gens qui gueulent pour obtenir une mesure de la satisfaction.

Cela doit paraitre évident à chacun et pourtant des scientifiques ont mis leurs œillères et sont partis dans le mur tête baissée.

L’étude qu’ils ont menée porte sur 2.4millions de blogs gasp autour du monde reg. Sur ces blogs des robots ont recherché des phrases contenant « i feel » asp !. Ils ont sauvegardé la phrase entière et ont recherché un ou plusieurs des 1000 mots « émotionnellement chargés » qu’une étude avait recensés et mis en ordre. Chaque mot ayant une valeur de bonheur et chaque post une date de publication (ne changez pas d’état d’esprit avant d’avoir posté ça fausserait tout ! ), On peut scientifiquement en déduire une valeur relative du bonheur des gens ayant un blog, postant dessus en anglais ayant tendance à s’épancher. Il en ressort que le bonheur de la blogosphère anglophone a augmenté de 4% depuis 2005 !

La même opération a été effectuée sur les chansons en se basant sur les textes de 1000 chansons issus d’un site ou ils sont soumis par les internautes (il y a donc aucune objectivité au choix de ces 1000 textes là plutôt que 1000 autres). Il ressort qu’elles ont perdu environ 10% de leur bonheur depuis 1960. et que le hard rock n’utilise pas le mot « love ».

Bientôt nous connaitrons notre bonheur en continue et en direct grâce à twitter qui est déjà en ligne de mir de ces augustes scientifiques.

Pour les naïfs qui pensent que le bonheur est la seule motivation de cette fine équipe, Sonja Lyubomirsky de l’université de Riverside envisage déjà de vérifier si des paroles plus positives font ou non vendre plus de cd

J’attends l’étude qui me dira si j’en suis étonné.

Sources:

Hadopi, c’est reparti

Mardi 31 mars 2009

A la question : faites vous encore confiance aux instituts de sondage ? 64% des Français répondent non. Et 59% répondent oui.

Philippe Geluck

Je m’étonnais encore des chiffres avancés par Besson (Luc, pas Eric) et le gouvernement français pour justifier l’Hadopi.
Je ne m’étonne plus.

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