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A Journey through Black Humor

Mercredi 10 février 2010

J’avais déjà parlé de Anders Thomas Jensen dans ce billet où je faisais le parallèle entre ses films et les films asiatiques.

Nous avions vu à l’époque Adam’s Apples et Les bouchers verts.

N’en doutez pas ce sont deux films à voir. Des univers à eux seuls. Des mondes où la folie des uns fait tourner et justifie la vie des autres.

Si Adam’s Apples explorait directement la folie/religion et le rapport du bien au mal, on peut voir les bouchers verts comme une exploration de la morale et du rapport du bien au mal. Le rapport bien/mal est il forcément le corollaire de la religion ou de la morale ? Y’a t’il même une relation objective entre les deux ou bien est-ce l’histoire et le point de vue narratif qui crée cette relation ? A vrai dire ça a peu d’importance.

Le point est la capacité de Anders Thomas Jensen de nous faire partager la folie de ses personnages sans qu’on parvienne à les trouver illogiques. Car c’est un de ses points forts, rien de ce qui arrive n’est exagéré, on se prend à voir les décisions et les cheminements des personnages comme des suite parfaitement légitimes des descriptions qui en sont faites. Et cela malgré des énormités qu’aucun réalisateur français ne se permettrait1.

A Journey through Black Humor de Anders Thomas Jensen

La récente faillite d’une chaine de magasin belge nous a permis de profiter à bas prix du coffret dvd collector de Anders Thomas Jensen: A Journey through Black Humor

Nous avons donc pu voir Flickering Lights, où Anders Thomas Jensen assume encore les rôles de Scénariste et de réalisateur. Sa fiche sur l’internationale movie database montrant à quel point le scénariste est prolifique et le réalisateur rare me mène à croire qu’il se garde les meilleurs pour lui et qu’il refourgue les autres. Le décevant Wilbur wants to kill himself n’ayant pas réussi à m’ôter ce préjugé.

Des trois que nous avons pu voir, Flickering lights est le premier et précède les bouchers verts de 3 ans. Si l’on considère Adam’s Apples comme le meilleur alors normalement on en vient a penser que FL2 doit nécessairement faire partie de ces oeuvres incomplètes qui marquent un génie en devenir; ce n’est pas le cas.

Ce ne sera pas une grosse surprise mais le film est excellentissime. Les protagonistes sont consistants, réalistes et crédibles à la fois dans leur histoire et dans leur devenir. Le scénario lui aussi est crédible. Après tout des malfrats qui rèvent de se ranger et qui en prennent conscience en vieillissant, ça n’a rien de choquant.

Le plus difficile à accepter restant peut être le tempérament grégaire des personnages, mais le développement rend ces comportements parfaitement naturels.

Et si les histoires en elle mêmes ne suffisent pas à vous donner envie de les voir, le jeu des acteurs devrait vous en convaincre; notamment les prestations de Mads Mikkelsen et Ole Thestrum.

Mad Mikkelsen en curé dans Addam's Apples

Mads Mikkelsen

Difficile de voir les 3 films d’Anders3 sans remarquer à chaque fois Mads Mikkelsen et l’étonnante prestation qu’il livre. Certains acteurs semblent avoir du mal à sortir de certains types de rôle. Pas lui. Définitivement pas.

Il était le prêtre de AA, tellement gentil et naïf qu’il contaminait son monde et propageait une bonté qu’il faisait exister par sa seule volonté. Il était le boucher sociopathe complexé de LBV celui qui ne pouvait pas être largué car ça allait être la saison des côtelettes4 ! Et bien c’est le même qui assume parfaitement un rôle de truand violent complètement cinglé dans FL5.

Il apparait dans tous les films d’Anders, le choix du cœur ou du talent ? Impossible de le savoir, ce pourrait être du cœur vu qu’il est pour la première fois apparu en 96 dans un court mettrage dont le scénariste etait … Anders, et que ce parcours l’a même amené à reprendre le rôle du Chiffre (le méchant de James Bond, Casino Royale)

Ole Thestrup dans les Bouchers Verts

Ole Thestrup

Lui aussi est dans tous les films d’Anders. Si ses rôles sont moins importants que ceux de Mads, il n’en reste pas moins une source de jubilation intense lorsqu’il apparait à l’écran.

Dans AA, c’était le gentil médecin diplomate, aux dialogues ciselés, tellement peu doué pour l’empathie et les conventions sociales. Un rôle magnifique dont on peut juste regretter, une fois le film terminé, qu’il n’ait pas été plus développé.

Dans LBV il était le concurrent patron, celui au final par qui tout arrive. Une sorte de Deus Ex Machina qui, simplement par ses défauts, fait avancer l’histoire.

Dans FL enfin, il est le gentil chasseur frustré, celui qui aurait aimé tuer des humains mais qui n’a jamais vu l’occasion se présenter6. La partie de chasse qu’il organise avec Mads est tout simplement hallucinante.

Je m’aperçois que je vais clore le billet sans même expliquer Flickering Lights ou donner envie de le voir.

Comment dire ? …

Prenez une bande de malfrats, dont un « vieux », un drogué, un boulimique7, un violent. Mettez les dans la forêt en les occupant à retaper une auberge et à creuser la terre à la recherche de bière. Entourez les de locaux aussi frais et sympathiques qu’eux. Mettez leur un vrai méchant aux trousses. Laissez mariner le temps que chacun se rappelle comment il en est arrivé là. Servez.

Appréciez !8

Non, vraiment, Pacotine et moi sommes définitivement fans.

De quoi passer quelques bonnes soirées.

Ah, et vu le prosélytisme que je mets à défendre ses films, je précise que je ne suis pas payé, mais que j’aimerai vraiment qu’il perce dans les pays francophone pour que les traduction et/ou sous titres proposés par les éditeurs soient de meilleurs qualité, bien que ça soit déjà très correcte.

Et je ne résiste pas à vous remettre la magnifique affiche de Adam’s Apple

L'affiche de Adam's Apple (clickez pour voir en grand)

Lumières dansantes

  1. ne vous y trompez pas, ce n’est pas un compliment []
  2. oui je vais abréger []
  3. je parle là de FL, les Bouchers Verts (que j’abrègerai désormais LBV) et Adam’s Apples (AA) []
  4. si chacun peut choisir ses arguments pour sauver son couple, il faut avouer qu’au moins celui ci est original []
  5. la toute première scène avec le camion est à ce titre très très surprenante []
  6. sic []
  7. enfin pas vraiment mais le plus dur dans son rôle a du etre de recommencer à manger à chaque prise de chaque scène dans laquelle il apparait []
  8. et l’absence de trailer n’est pas pour attiser votre envie mais bien parce qu’il est introuvable []

La femme est un animal comme les autres

Samedi 10 octobre 2009

En matière d’anthropologie, il est une chose qui fait sourire l’athée et froncer les sourcils à celui qui pense avoir été créé par Dieu, c’est la démonstration, de plus en plus fréquente, que l’espèce humaine se comporte comme n’importe quel autre animal.

Et pour en rajouter une couche, il est une chose qui fait sourire le brave type et froncer les sourcils à toutes les féministes, c’est le rappel, de plus en plus fréquent, que la femme est effectivement l’égale de l’homme, point sa supérieure.

saucisse.jpgJusqu’à présent le meilleur moyen d’énerver les deux restait grosso modo l’image de droite

Alors si d’un coup l’on nous sert que la femme est un animal, comme l’homme, il y a de quoi froisser plus d’une susceptibilité, c’est moins vulgaire, et un poil (pour l’instant du moins) plus original.

L’homme un animal ?

L’homme répond a ses instincts, à ses hormones, à ses envies, conscientes ou inconscientes, et bien que la religion et la morale tentent de juguler cela, il n’y a toujours qu’un bon tiers de la fameuse trinité moi/surmoi/ça qui a droit à la parole. La psychanalyse n’a fait que renforcer ce que la biologie, le bon sens, et surtout le cynisme martelait inlassablement. L’espèce humaine est une espèce animale qui descend du singe et s’y agrippe encore dans certaine parties de son comportement. La notion consolatrice de « morale » en est contrairement aux opinions, plus une preuve qu’une dénégation. On ne stigmatise pas quelques chose qui n’existe pas, si la morale existe pour nous éloigner des comportements par trop bestiaux c’est parce qu’il appartient à l’inclinaison naturelle de l’homme de s’y adonner[1].

La femme est un homme normal.

Il fallait bien s’y attendre; à force de répéter sans fin que la femme est au moins l’égale de l’homme voir même un peu plus. Et que l’homme n’est qu’un animal bestial régit par sa biologie et sa chimie. Bref à trop ressasser que l’homme a son esprit au service de son corps quand la femme est maitre de ce dernier, ce que devait arriver arriva, les scientifiques se sont emparés de cette idée reçue pour voir si elle avait un quelconque fondement. Et une claque sur le fondement fut donnée aux créatures bénies.

femme_robot.jpg

La femme répondait déjà à son inconscient.

Étude après étude, on en apprenait plus sur la nature des volontés cachées qui animaient nos intentions et qui motivaient nos actes. D’un animal que son inconscient torturait, nous sommes ensuite devenu une espèce régie par des stimuli aussi variés que dérangeants. Ainsi, nous répondons aux phéromones, comme le papillon, nous sommes sensibles aux émanations hormonales de nos semblables et c’est une des raisons du succès des boîtes de nuit (fais comme tout le monde et lève les bras, diffuse tes phéromones…). Nos humeurs sont dictées par la météo, par le bruit, par l’environnement en général. Et bien que l’on perçoive généralement bien ce qui nous énerve ou nous rend triste,on veut se convaincre que nos émotions sont une donnée fondamentale de notre personnalité, bien loin de répondre aux sollicitations extérieures. D’ailleurs nous différencions émotions et humeurs.

Mais si finalement, loin d’être aussi représentatives que cela, nos émotions n’étaient rien de plus qu’une construction mentale. une projection d’un nom sur un phénomène encore plus profond qui dicterait notre conduite ?

La pilule agit en douce

C’est la conclusion à laquelle cet article de newscientist nous mène.

Des études semblent en effet montrer que les femmes préfèrent normalement les hommes aux traits masculins (pour celles qui préfèrent les hommes évidemment) et dont les complexes majeurs d’histocompatibilités sont très différents des leurs (ce sont les défenses immunitaires). Pour la bonne forme nous rappellerons que ces études ne sont pas, pour l’humain, menées comme chez la souris. Il n’est évidemment pas question de mettre un groupe de femme en présence d’un groupe d’homme sous l’œil scrutateurs de scientifiques en blouses et de compter le nombre de coïts rapportés aux caractéristiques des participants. Ces études sont purement statistiques et se basent sur les couples préexistants ou les volontés affichées de couple (lequel est le plus séduisant ? qu’est-ce qui vous plait chez un homme ? …).

Détail troublant, les goûts et préférences féminines varient en fonction de leur propre niveau d’hormone, changeant leurs facteurs d’attirance en fonction du rythme de leur cycle.

Alors que l’on pensait donc que seule la chimie de l’autre modifiait nos sentiments et que seules les phéromones du possible partenaire influaient nos choix, ce qui était encore peu ou proue compatibles avec la notion de libre arbitre « il plait parce qu’il… » voilà que se profile une autre direction de recherche, plus centrée mais surtout plus « déresponsabilisante » « il plait parce que j’ai tel level d’hormone dans mon sang ». Et si une partie de la gente féminine peut encore se rassurer en se disant que son taux d’hormone, c’est une caractéristique de soi, que devraient penser celles qui prennent la pilule.

Par cet acte que l’on leur a décrit comme créateur de liberté, elle aliènent en fait leurs niveaux hormonaux sur celui dicté par le petit cachet, et sans le savoir, lui confie leurs futurs choix matrimoniaux.

La femme est donc esclave de sa chimie, tout comme l’homme, mais son maître à elle est infiniment plus versatile… jusqu’à ce qu’elle prenne la pilule.

L’article qui s’attache à la chimie féminine fait néanmoins une incursion virile, je cite tellement c’est beau

As a general rule, men tend to desire women with features that suggest youth and fertility, including a low waist-to-hip ratio, full lips and soft facial features.

Voilà c’est désormais un fait scientifique, l’homme préfère les femmes jeunes et belles, féminines et douces. Vive la science.

Les féministes pourront donc se rassurer à peu de frais, la femme est un animal comme les autres oui, mais un animal nettement plus évolué et compliqué que l’homme.

Source :

Notes

[1] Je recommande la lecture de « Le Singe nu » de Desmond Morris pour vous en convaincre, où il montre avec brio que nombre de nos plus beaux sentiments ne sont dictés que par la pression évolutive

Pornographie Chrétienne !

Samedi 7 mars 2009

Non, le titre n’est pas un attrape couillon, c’est bien de cela dont je vais vous entretenir d’une voix chaude et suave qui te hérissera le poil dans le pantalon cher(e) lecteur(trice).

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