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Chindogu : Hommage à un art inutile

Vendredi 29 janvier 2010

Tout le monde ou presque connait l’art du Chindogu, pourtant il est bien possible que ce nom ne vous dise rien.

Commençons par voir quels sont les 10 commandements du chindogu (librement traduits et interprétés) tels que les énonce la Société Internationale du Chindogu.

  1. Le Chindogu ne doit pas servir réellement. Il est fondamental que d’un point de vue pratique, une invention se targuant du titre de Chindogu soit presque complètement inutilisable. Si votre invention se révèle tellement pratique que vous l’utilisez sans arrêt alors vous avez raté votre Chindogu, essayez le bureau des brevets.

    To be or not to be ...a Chindogu

  2. Le Chindogu doit exister. Il ne doit pas rester une idée mais être concrétisé: pour être inutile il faut commencer par être.
  3. L’esprit d’anarchie habite chaque Chindogu car chacun est fait par un homme qui a brisé les chaines de l’utile. Ils représentent la liberté de pensée et d’action, la liberté de se défaire de la suffocante dominance historique de l’utile.
  4. Le Chindogu est l’outil de la vie quotidienne. C’est une forme de communication universelle. Les inventions trop spécialisées ou techniques et de fait comprises uniquement par les ouvriers ayant certains pré-requis ne peuvent être Chindogu.
  5. Le Chindogu n’est pas un objet marchand et ne doit pas être vendu. Accepter de l’argent pour votre Chindogu équivaut à renoncer à la pureté.
  6. L’humour ne doit pas seule présider à la création du Chindogu. Il est fondamental que celui-ci résolve un problème pratique, l’humour n’est qu’un co-produit d’une solution non conventionnelle.
  7. Le Chindogu n’est pas propagande. Le Chindogu est innocent. Il est fait pour être utilisé même s’il n’est pas utilisable. Il ne doit pas être le commentaire pervers ou ironique de la condition humaine.
  8. Le Chindogu ne doit pas être obscène. La Société internationale du Chindogu a établi un certain nombre de standards de décence. Le Chindogu ne doit pas être vulgaire, cruel ou remettre en cause le sacré de la vie.
  9. Le Chindogu ne peut être breveté. Le Chindogu est un don au monde, en tant que tel il ne doit pas être le support d’une quelconque appropriation. Comme ils disent en Espagne « mi Chindogu es tu Chindogu ».
  10. Le Chindogu n’a pas de préjugé. Il ne favorise aucun groupe. Tous doivent avoir la même chance d’apprécier le Chindogu.

Oui vous avez deviné, les Chindogu ce sont ces petites inventions Japonaises délirantes (souvent), pratiques (toujours) et qui pourraient sembler une excellente idée si elles se révélaient utilisables.

Émanation de Kenji Kawakami, qui n’a pas même respecté les critères de son mouvement puisqu’il a déposé plusieurs brevets, le Chindogu s’est structuré dans un mouvement artistique de dénonciation du consumérisme et de l’obsession occidentale de facilitation de la vie.

Bien que l’on puisse s’interroger sur la philosophie de ce concept, force est de constater sa totale adéquation avec l’idée d’inutile. J’aime donc beaucoup.

Petite galerie ayant valeur d’exemple

Si je vous dis maintenant que le Chindogu date du milieu des années 80, saurez vous lui retrouver un précurseur occidental, européen pour être plus précis1 ?

Le fils de Franquin lui-même, l’inimitable Gaston Lagaffe ! Pas étonnant finalement que ces inventions aient un petit air de déjà vu.

Sources :

  1. belge même si l’on veut vraiment vous aider à trouver []