Archive pour le mot-clef ‘Génétique’

Mémé préfère les filles

Lundi 3 mai 2010

La génétique c’est beau.

Et surtout ça répond à plein de question que l’on ne se posait pas. Avec des réponses que l’on imagine pas.

Je n’ai pas osé parler il y a deux semaines de la peur innée des femmes de grossir tellement ça m’a paru con et sans recul. A moins que ce ne soit une peur innée subitement apparue il y a vingt ans.Car j’ai beau chercher dans mes livres d’histoire j’n'ai jamais trouvé un seul texte parlant de « mince et belle » et surtout je doute que la peur de grossir ait une quelconque influence sur quoi que ce soit quand la peur de manquer domine… Bref bon là j’exagère, cette peur là est environnementale et induite par les messages publicitaire (oui en contradiction donc avec le titre de l’article) mais tout de même …

Et bien aujourd’hui c’est une nouvelle étude qui vient expliquer le monde aux braves gens du peuple.

Ainsi donc, je le précise au cas où votre parenté ne vous aurait pas permis de le remarquer durant votre jeunesse, les grands-parents ont des préférences. Quel est l’imbécile bien pensant qui a dit que tous les petits enfants étaient appréciés de la même manière ? Pendez le !

Je vous laisse essayer de deviner les moteurs de leur preférence ?Je vous aide un peu :

  • -Turbulence: vous aimeriez hein ? ça aurait pu. Mais non courir partout et renverser le déambulateur à tout bout de champ n’est pas un critère.
  • -Visite: ne cherchez pas, visiblement visiter mémé à l’hospice ou l’aider à fermer ses confitures n’est pas non plus un critère …
  • -Ressemblance : Même pas !

Un indice : les grand-mères paternelles auraient une préférence marquée  pour les petites filles.

  • -L’alternance ? Après avoir déjà vu grandir un fils, une petite fille éveillerait leur curiosité ? que nenni.

Beaucoup plus prosaïquement : les grands parents sont plus proches des petits enfants avec lesquels ils partagent le plus de chromosome.

Et par l’intermédiaire du chromosome X, les grands mères paternelles ont plus de gènes en commun avec leurs petites filles.

Ce qui expliquerait aussi suivant l’article du telegraph que les grand parent paternel soient de toute façon moins investis que les maternels (car ne pouvant être sur de la lignée) et que quoi qu’il arrive, un grand père le soit moins qu’une grand mère.

C’est positivement ravissant. Je ne pensais pas les grands parents capables de compter les chromosomes. Et je ne pense pas qu’une quelconque grand mère, où que ce soit, ait un jour fait ce calcul.

Source:

Les gènes du racisme

Mardi 13 avril 2010

C’est une petite révolution qui, si elle est confirmée, risque de s’abattre sur les nationalismes de tous les pays.

En effet, le racisme, loin d’être, comme la plupart se plaisent à le croire, une expression d’une « intelligence » qui aurait perçu des « choses », ne serait en fait d’après les travaux de l’équipe de Meyer-Lindenberg de l’Institut Méditerranéen de Neuroscience Cognitive, que le résultat de quelques gènes du chromosome 7.

Le racisme est une peur sociale.

Les 26 gènes de ce chromosome 7, commandent justement à cette peur sociale. Les personnes chez qui ces gènes sont manquant ou altérés souffrent de ce qui est appelé le Syndrome de Williams. Leur pathologie (qui n’est pas que ça) les rendrait hypersociables. Plus que ça d’après les chercheurs, ce seraient les seuls à ne pas reproduire de stéréotypes raciaux, alors que même les autistes en feraient.

Au contraire, ils auraient tendance à considérer tout le monde comme leurs amis.

Tous les racismes ?

Là où l’histoire devient intéressante c’est que ces malades, qui sont incapables de discriminations raciales, sont par contre tout à fait enclins aux discriminations sexuelles.

L’intérêt de ce genre d’étude est évident dans la mesure où l’on ne peut combattre efficacement que ce que l’on connait correctement. En cela, avoir une approche réaliste des mécanismes qui sous tendent le racisme est précieux. Il est en effet illusoire d’espérer comprendre ce phénomène en discutant avec des personnes qui le théorisent et l’intellectualisent comme le résultat d’une pensée cohérente et consciente. Cette étude prouve que ce n’est absolument pas le cas.

Le racisme n’a rien de conscient, rien de cohérent, rien d’intellectualisable. Ce n’est que l’expression de quelques gène qui permettent de fabriquer une peur sociale.

Là où y’a de la gène…

Au delà de l’aspect scientifique proprement dit, on peut sarcasmer un peu:

  • Le stéréotype est quelque chose que notre cerveau tend à produire naturellement. Le dépasser demande donc pour qui un effort, pour qui une éducation.
  • Les racistes sont des victimes et des malades. Il ne faut pas leur en vouloir mais au contraire leur montrer de la compassion.
  • Les gosses incapables de racisme sont toujours capables de sexisme, faut quand même pas tout mélanger, que les hommes soient égaux entre eux ok mais avec la femme…

Il va être intéressant de suivre désormais les tenants du darwinisme ou du dessein intelligent nous expliquer en quoi, ce gène a pu favoriser leurs porteurs et en quoi le racisme a pu être un avantage à une quelconque époque, l’état de la science ne permettant que depuis peu à des peuplades dissemblables de se côtoyer.

Sources:

Bientot de la vache fraiche dans les restaurants

Vendredi 4 septembre 2009

La plupart des carnivores l’ont un jour dit devant un aquarium dans un restaurant:

On peut choisir un homard ou un poisson mais jamais on ne peut choisir la vache pour son steak.

vache.jpgEn fait seul Homer Simpson a pu. Mais pour le commun des mortels non animés, il semble que le jour où ce sera possible approche à grands pas.

Innocemment, les USA qui ne manquent jamais une occasion de comprendre après coup les implications de leurs découvertes s’en rapprochent. Après avoir inventé les concepts alimentaires les plus farfelus (viande sans hormones-sans antibiotiques … alors qu’il suffisait au départ de ne pas inventer le bœuf aux hormones ou aux antibiotiques) ils sont en train de contourner un problème en lui trouvant une solution… spéciale.

Conscients que la taille de leurs troupeaux et de leurs unités de production agricole les force à des méthodes de productions nettement plus proche de l’usine que de la ferme, ils ont décidé de s’attaquer à un problème d’envergure hein … non pas la faim dans le monde Naïfs que vous êtes. Ils vont s’attaquer à autrement plus important : la souffrance des enfants des animaux.

Si si, bon y’avait plus important à faire mais après tout une souffrance est une souffrance hein…

Et pour remédier aux souffrances des animaux que faire ?

Que faire qui ne remette pas en cause l’économie des producteurs et ne les empêchent pas de continuer a surproduire et à forcer la vente de leur bœuf à une Europe elle aussi surproductrice ?

Revenir à une production raisonnée et équilibrée au sein de fermes à taille humaine et respectueuse des animaux ? Are you kidding ?

Non on parle quand même d’un pays capable d’utiliser le naphtalène non comme antimites mais comme produit de déforestation[1] alors quand ils trouvent un truc contre la souffrance animale c’est un peu plus gros que ça.

LA solution contre la souffrance animale est bien plus prosaïque, considérant que ce serait un vœux pieu que de vouloir éviter des souffrances aux animaux il suffit de faire en sorte qu’ils ne ressentent pas cette souffrance … cqfd

3 voies s’ouvrent alors devant les apprentis sorciers de l’agriculture :

  • la voie chimique; elle est sans issues et c’est indiqué bien avant l’embranchement. La mode est de plus en plus au bio ou du moins au sans hormones/antibiotique etc. comment imaginer alors réussir à vendre au consommateur des vaches droguées au Prozac ? Juste les tuer sous anesthésie ? Ce n’est pas là qu’elles souffrent le plus mais bien pendant leur élevage… autant mettre un aspirine dans l’abreuvoir.
  • la voie chirurgicale; c’est un fait certain, en court-circuitant certaines zones du cerveau on ne ressent plus la douleur. Seulement si il est une chose que le fermier américain comprend mieux que la douleur, c’est bien l’économie et il est certain que le coup d’une opération cérébrale par animal serait loin d’être financièrement indolore.
  • La voie génétique; on sait déjà quels gènes modifier pour empêcher la prise en compte de la douleur chez la souris. L’ingénierie génétique fonctionne déjà à plein régime pour les plantes. Les industriels désespèrent de produire autre chose que des souris en version knock out., c’est donc une voie royale qui s’ouvre devant les scientifiques.

I’m a Cow
aka toutes les vaches ne sont pas sado-masochistes

Une voie royale pour autant que l’on résolve quelques petits désagréments. C’est que dans la nature, la souffrance et la douleur ne servent pas pas uniquement à faire jouir le bobo adepte de latex et de fessées[2]. Au contraire la souffrance tient un rôle primordial dans la préservation du sujet. Associée à la peur qui n’est finalement que la composante temporelle de la souffrance (je vais avoir mal, je me souviens que dans cette situation j’ai eu mal…) elle permet d’éviter les situations potentiellement dangereuses pour l’organisme. Par exemple si je pose ma main sur le bruleur à gaz, la douleur, et le réflexe qu’elle active vont me faire enlever la main de préférence avant que ça ne sente le cochon grillé. La peur et la douleur sont tellement associées que certains se plaignent même avant d’avoir mal…

Il est donc facile de voir qu’une vache débarrassée de la douleur risque fort de ne pas remarquer qu’elle est en train de s’ouvrir les flancs sur les barbelés et un poulet de ne pas s’apercevoir que ses congénères lui picorent le dos. Totalement improductif voir même contre-productif. En inhibant la douleur on permet non seulement a des comportement à risques de se poursuivre dès lors qu’ils ont commencé mais on supprime aussi la barrière de la peur qui protégeait contre ces comportements.

Je cite

One objection to the idea of knocking out pain in livestock is that it could mean they put themselves in harm’s way. In 2006, researchers identified six children from three Pakistani families with mutations that inactivated one particular gene. None of the children had ever felt pain, though they appeared otherwise healthy. All the kids had bruises and cuts, and one, who was known to place knives through his hand and walk on coals, died after jumping off a roof

Plutôt que de supprimer la douleur une autre approche envisage de dissocier la douleur de la sensation « déplaisante » qu’elle génère. Ainsi modifié un humain avec la main sur le bruleur ne hurlerait plus en soufflant bêtement sur sa main ou en attrapant intelligemment des couverts en argent mais se contenterait de tourner nonchalamment la tête, hausser un sourcil songeur, et s’exclamer d’une voix emprunte de stupéfaction « ciel il me semble que je brûle »[3]. Quel en serait l’avantage ? aucun si ce n’est de garder la conscience d’un stimulus, ce qui est toujours mieux que de le nier. C’est le mode de fonctionnement des antidouleurs que nous même utilisons. Mais comme on l’a vu il n’est pas envisageable de gaver les bêtes de pillules, au moins pour le moment. La génétique est donc privilégiée et la possibilité d’une vache sur laquelle on coupe directement nos steak sans même qu’elle ne s’affole se dessine[4]

Reste donc à voir si l’Amérique réussira a vendre son futur éventuel bœuf zombi-masochiste.

viande made in better off tedA noter qu’un petit groupe essaie quand même de faire remarquer qu’une dernière autre option existe qui aurait l’avantage de produire suffisamment, pour pas cher ET de ne pas avoir besoin de gérer la souffrance animale puisque cette solution l’annihilerait : il s’agit ni plus ni moins que de produire de la viande sans animal … Des recherches sont actuellement en cours pour y parvenir et si elle se cantonnent pour l’instant à faire grossir des cellules musculaires dans des boites de Petri, les chercheurs ne désespèrent pas de finir par cultiver la viande sans jamais en passer par un animal… à la manière du duo de scientifiques déjantés de « Better off Ted »[5]

D’après le consortium de recherche sur la viande in vitro on en serait actuellement à un coût de production de 3500$ la tonne[6]. Mais même si le technique est au point il restera ensuite à régler les problèmes nutritifs et gustatifs…et bien entendu le problème de la gamme car l’on peut douter que comme sur un bœuf, chaque endroit spécifique du becher ait un gout, une texture et un mode de cuisson différent[7] …largement le temps de congeler quelques gigots et rôtis.

Sources :

Notes

[1] en mélange avec du palmitate de sodium ou d’aluminium

[2] d’ailleurs le bobo se fait rare dans la nature

[3] oui l’absence de douleur permet chez le sujet une élévation spirituelle dont le premier indice est le langage, la preuve en étant le « Aaaaaahhhhh putain merde mais ça brûle cette connerie » que fait l’humain moyen qui lui ressent la douleur, dans les mêmes condition évidemment

[4] oui c’est pour l’image, n’importe quel boucher vous dira qu’il faut attendre avant de servir une viande qu’elle ait passé quelques temps en chambre froide

[5] une série qu’elle est bien à la regarder

[6] ce qui serait actuellement compétitif en terme purement économique

[7] à moins de ne vouloir que du steak haché mais on va supposer qu’ils souhaitent aussi vendre en europe