Archive pour le mot-clef ‘Drogue’

L’argent aide à supporter la douleur.

Mercredi 14 avril 2010

Bien entendu, pas en doses homéopathiques.

Non, pas d’ions Argent miraculeux, pas de composés argentique opiacé ou tétrahydro-carabiné, non l’argent, le flouze, le pez (pas le distributeur de bonbons), l’oseille.

On savait déjà que chaque billet est recouvert d’autant de drogue que les cacahouètes de bistrot le sont d’urine1, mais ce ne serait pourtant un effet ni de la l’une ni de l’autre.

L’estime de soi avait déjà montré son efficacité dans la résilience de l’individu face à la douleur. Il semble donc que la possession de somme d’argent soit a minima l’une des composantes de l’estime de soi. La valeur de l’individu ne serait-elle donc à ses yeux, que le reflet des valeurs qu’il possède ? Il y a là matière à refléxion pour nos sociétés.

Un protocole d’une extrême simplicité.

Une des choses agréables avec ces études sorties du chapeau, c’est que ça ne nécessite que peu d’appareillage, rien de bien compliqué. Comme un tour de magie ça parait limpide. Jugez un peu : un groupe de volontaire se voit demander de compter des billets par un groupe de scientifiques. Certains comptent de vrais billets et d’autres des coupons blancs. On leur dit que c’est pour tester leur habileté. Pour on leur demande de mettre la main dans un récipient d’eau très chaude pour voir « à quel point ils trouvent cela douloureux et quelle durée ils peuvent tenir ». J’ai l’esprit mal tourné mais je trouve de base le protocole foireux2 et étrange.

  • Pas de gants pour manipuler les billets, on ne peut donc pas exclure un effet de dermique de la cocaïne.
  • Rien les yeux bandés pour vérifier que c’était bien la certitude consciente de tenir les billets qui jouait.
  • Et puis surtout, de l’eau très chaude ? Je ne suis pas de l’Université du Minnesota qui a fait l’étude mais je m’interroge. Si l’eau est assez chaude pour produire une douleur qui finit par être insupportable, alors à quelques degrés près on passe de la sensation de chaleur intense à la brûlure grave: quelle température ? à quel moment cette température est-elle mesurée ? La conductivité thermique de l’eau étant ce qu’elle est3, qu’en est-il des mouvements de la main qui ont une importance capitale ?
  • Et dernier point, le billet induit une résistance, non une immunité, l’on peut donc en supposer que tous finissent par sortir la main de l’eau en hurlant « ah crévindiou mais vous n’avez point toute votre tête, c’est bougrement chaud, saperlipopette »4, la différence statistique entre les durées de ceux qui tiennent les billets et les autres est-elle vraiment significative ? Peut-elle même l’être ?

La douleur c’est compliqué, mais la science avance

Une chose est certaine, plus que de savoir si la fortune peut aider à supporter la douleur, il faudrait savoir à partir de quelle somme ? Où est la limite entre un « Aaarg donnez moi de la morphine ou achevez moi, j’en peux plus arrrrg grreuh » et un « Diantre ma Dame, je ne sens presque rien, si vous pouviez consentir à me chatouiller les tétons à la scie à bois, ce ne pourrait qu’embellir mon après-midi ».

Quoi qu’il en soit, le patient moyen peut déjà très facilement appréhender lui-même sa douleur. L’article précise en effet que les études précédentes ont défriché quelques pistes. Il semblerait ainsi que caresser un animal ou regarder une photo de l’être aimé ait une efficacité démontrée5.

Vivement que les retraits du distributeur soient remboursés par les mutuelles.

Source :

  1. je sais, c’est une discrimination intolérable envers les moins riches []
  2. si si c’est un terme scientifique, en tout les cas je milite pour []
  3. ce qui rend le froid humide plus difficilement supportable que le froid sec par exemple []
  4. ou quelque chose d’approchant []
  5. caressez l’être aimé en regardant la photo d’un animal risque de vous mener droit en psychiatrie []

Alcool: hypothese, synthese et gueule de bois

Mercredi 30 décembre 2009

Paradoxe de notre temps.

Quand le bio, la morale, la médecine ET la gastronomie au sens le plus large se rencontrent, ça fuse, ça pétille, et les idées pour être nombreuses n’en sont pas moins légèrement déconnectées du bon sens commun qui transforme le pilier de bistrot en un puits de sagesse bien plus au fait du monde que le scientifique.

La double tendance, est à la fois à l’ersatz bio-vegetalo-moralo-compatible et au retour vers le traditionnel et les sources. Exemple.

Le faux gras; la fausse bonne idée

Le faux gras aurait pu être une bonne idée, si si. Il aurait juste fallut que ça ait bon gout, que la lecture de la composition génère en nous une idée de cuisine plutôt qu’une expérience. Il surfe pourtant sur une tendance à jamais intemporelle; les souvenirs nostalgiques de notre enfance; simplement là où d’autres ont choisit de rappeler goûts, odeurs, sensations, la faux gras fait le choix de nous remémorer la panoplie de petit chimiste.

fauxgras.jpgUne mousse faite de levure et d’amidon, estampillée végétarienne et bio. L’initiative est louable mais ne s’adresse vraiment qu’à une petite niche de gens qui ont laissés leurs papilles dans l’apéro.

Contrairement à beaucoup de gens qui en parlent sans l’avoir testé (celui ci ne semblant être vendu qu’en Belgique) nous l’avons gouté. Nous étions 4 devant cette petite boite avec un pain des anciens et un appétit féroce. La lutte fût inégale. La boite a gagné et est partie à peine blessée finir sa vie dans la poubelle, nous laissant un sentiment et un goût amer.

Pour ceux qui veulent se faire une idée par eux même; commencez donc par le site.

Différence entre les tsar et les rois

Autre nouvelle qui ravira tous ceux qui ne sont pas capitaines de soirée, c’est l’étude comparée du bourbon et de la vodka dans les phénomènes d’alcoolisation et de gueule de bois. Un échantillon de 37 hommes et 58 femmes (la variabilité des résultats sur les femmes nécessitait-elle un échantillon de taille 2n ? ) a donc du boire des boissons contenant ou de l’alcool ou un placebo afin de prouver l’influence de celui ci sur la gueule de bois. Sans surprise on apprend donc que sans alcool il n’est point de gueule de bois.

L’étude s’attache ensuite à comparer les effets du bourbon et de la vodka. Si les effets sur l’attention sont comparables, il semble toutefois que la vodka soit beaucoup moins traitre au réveil. Un gros bémol cependant, l’étude ne précise absolument pas les marques ou les méthodes de fabrication des produits utilisés, et si la fabrication du bourbon semble suivre des règles assez stricts, le manque de standardisation dans les conceptions de vodka interdirait à priori une généralisation trop hâtive.

Un détail toutefois non élucidé mais qui peut donner à réfléchir: il semble que ce soit sur la fin de l’alcoolémie, lorsque le taux redescend vers 0 que la gueule de bois commence à redresser le poil à l’intérieur du crane que les difficultés d’attention sont les plus marquées. Problème:, si l’alcoolisation est détectable facilement, la gueule de bois l’est moins…

Un nouvel alcool qui ne saoule pas

Heureusement, tel le faux gras arrivé pour sauver les oies, un nouvel alcool est sur le point d’apparaitre. Cumulant les qualités de l’alcool et … c’est tout mais c’est déjà pas mal, il prétend s’affranchir de ses défauts.

Concrètement le Professeur David Nutt a eu un rêve. Un beau rêve féérique dans lequel on dessaoule instantanément.

Imaginez que vous puissiez boire autant que vous le voulez. Que vous restiez toujours dans cet état béat et euphorique. Sans être malade et sans « retomber ». Et puis à 6h en sortant de boite vous prenez votre antidote. Une petite gélule. Sous la langue, un verre d’eau et c’est fini. Vous êtes de nouveau frais et dispo. Et bien cette version festive du haricot magique de San Goku est pour demain. Enfin si elle finit par être autorisée.

Ce nouvel alcool n’a en effet qu’un défaut mais il est de taille: il serait basé sur des benzodiazepines composées bien plus pharmaceutiques que festifs puisque principe actif du célèbre valium…

La gastronomie n’en est déjà plus là

Cette bataille tripartite entre goût, morale et sécurité, la restauration a décidé de ne pas la livrer.

Elle est passé du shacker à la mixologie moléculaire tout comme elle l’avait fait pour les plats il y a quelques années. Mais désormais ce sont les cocktails qui attirent son attention. De la macération sous vide à l’utilisation d’essences concentrées, toute la palette du chimiste est utilisée pour produire des gin aromatisés à la rhubarbe ou des martinis encore plus dry, comme l’explique Newscientist

Du foie gras sans foie à l’alcool sans alcool, c’est en dernier ressort au consommateur de choisir et de pondérer entre l’éthique, la santé et le gout.
Il se posera des questions mais les scientifique auraient pu s’en poser d’autres:

  • Est-il judicieux d’enlever à l’humanité le dernier garde-fou qui la protège de la déchéance. Que serait une société dans laquelle la peur de la gueule de bois à disparu ? Et où de toute façon on cuve en 5min….
  • L’impact des production de levures, fécules, tofu et autres algues sur l’environnement serait-il si anodin si l’on devait en nourrir l’humanité ?
  • Où va-t’on placer la limite entre l’aliment et le produit chimique ?
  • Peut-on réellement se souhaiter bonne année en mangeant un toast de faux gras et en trinquant avec une coupette de valium ?
  • La mode pourrait-elle se dépêcher de nous ramener au traditionnel ?

Comme l’illustre si bien Pacotine

Sources

Les souris planent

Jeudi 17 septembre 2009

Dans la série des inventions dont on se demande par quel miracle l’humanité a survécu sans jusque là, il faudra désormais citer, après le lave linge grand libérateur de la femme et la cafetière Senseo (que ton nom soit sanctifié, que ton règne arrive tout ça tout ça …), la … heu … ah oui si, la souris volante.

sourispl.jpgJusque là, on avait déjà remarqué les trains magnetiques qui restent en l’air grâce aux forces de répulsions engendrées par des champs magnétiques, grosso modo le même qui permet de jouer avec 2 petits aimants et de les faire tenir l’un sur l’autre sans même qu’ils se touchent.. La science avance et le train même s’il est gros fait désormais pâle figure face aux nouvelles prouesses réalisées il y a peu.

Car désormais, alors qu’ils y parvenaient pour les fraises et les grenouilles au prix du haussement d’un sourcil blasé tout en marmonnant « tu parles, c’est l’enfance de l’art ça« , les scientifiques ont relevé le deuxième sourcil, commencé à entrouvrir la bouche et essuyé le léger filet de bave qui perlait discrètement entre 2 rires diaboliques, préludes à l’exclamation « nous allons conquérir le monde, Minus.« 

Le scientifique me lisant se questionne déjà : Quelle différence fondamentale y’a-t’il entre fraise grenouille et souris ? Hormis que l’on ne sucre pas plus les souris (et c’est heureux vu leur toxicomanie aggravée envers ce composé) que l’on ne mange leurs pattes, il y a une différence fondamentale qui n’échappe pas aux plus assidus observateurs : la souris ressemble plus à l’homme. Bon évidemment ce n’est ni de face ni de profile mais physiologiquement.

Quoi qu’il en soit on peut donc faire léviter une souris, sans bien sur avoir besoin de lui faire gober un electro-aimant. Il suffit pour cela qu’elle contienne assez d’eau et que l’on la place dans un petit champs magnétique de 17 tesla [1].

Yuanming Liu a pu noter que la souris n’appréciait pas particulièrement ce traitement et semblait désorientée[2] mais que étonnement si la souris était sédatée, elle devenait plus compréhensive.

They decided to mildly sedate the next mouse they levitated, which seemed content with floating.

Une autre souris droguée made in DisneyPour bien saisir la nuance il faut savoir que « sedate » est de la même racine que sédation en gros endormir la souris c’est la « sédater » beaucoup, si elle est juste beurrée à point c’est « mildly » et l’on peut sans trop de risque en conclure qu’une souris bourrée semble contente de flotter. Et l’on peut en conclut de facto sans plus de risque qu’ils sont plus doués en physique qu’en éthologie au NASA’s Jet Propulsion Laboratory (JPL) de Pasadena en California, mais ce serait dévier du sujet.

Et l’on se projette déjà vers des applications pratiques … mais onéreuses. Difficile en effet de mettre une spire[3] autour des personnes et des villes…Difficile ensuite de générer 17 teslas en continu à moins que les souris ne soient reconverties en coureuses dans des dynamos…Et peut-être difficile de résister à de tels champs de manière durable pour l’être humain. Des études ont pour cela été menées sur des rats (oui les souris c’était trop facile) et dans un champ de 9 teslas… et ils n’en ont pas été « ostensiblement » affectés … en espérant bien entendu que l’effet sur le rat n’ait pas eu à être constater par un chercheur es « oh la souris droguée semble contente » …

Petit détail tout de même, indépendamment du champ magnétique lui même, ce sont les molécules d’eau magnétisées qui permettent la sustentation. Le mode opératoire probable semble être que le champs magnétique modifie les orbites des électrons de la molécule d’eau et qu’en retour ce mouvement modifié produit un champs magnétique opposé au premier. Ce simple point permet de faire 3 suppositions :

  • la force permettant de maintenir le sujet en l’air n’est pas complètement homogène. Loin de là. Comprendre que certains organes internes vont plus que d’autres contribuer à maintenir le sujet…ceux qui ont la plus grande proportion d’eau. difficile à vérifier sur une fraise quasi homogène ou sur un rat qui se contente d’un champ magnétique sans sustentation.
  • les deux champs magnétiques contraires et le mouvement du sujet entrainent des cisaillements qu’il est difficile de concevoir comme inoffensifs et qui ne peuvent être reproduit sur un rat à terre.
  • un champ magnétique influencera non seulement l’eau à qui il fera générer un champs en retour mais aussi toute particule ayant une polarité quelconque. Cela a forcement à long terme une incidence sur le métabolisme.

Sous couvert de grande avancée technologique, les chercheurs sont donc au mieux parvenus à trouver un nouveau futur générateur de maladie et de déficiences, au pire à justifier une nouvelle levée de fonds.

Et pour mémoire, le principe du four micro onde est simplement de chauffer des molécules d’eau… il semble que personne n’aurait l’idée de s’en servir pour le chauffage individuel.

Sources :

Notes

[1] cela correspond à peu de choses près à 170 000 gauss, à comparer avec les 0.5 gauss du champs magnétique terrestre

[2] on le serait à moins

[3] le montage permettant de générer le champ

Le sucre est plus addictif que la cocaine

Jeudi 2 juillet 2009

Et donc par rapport à la cigarette ?

souris ostensiblement droguéeD’après une étude pas si récente (mais publiée ce mois par science & vie) le sucre est plus addictif que la cocaïne. Ou en tout cas les souris qui se voient proposées le choix entre du sucre et de la cocaïne préfèrent majoritairement prendre une dose de sucre. Même si elles ont été transformées en junkies.

Bien sur cela pourrait venir du fait que les souris ne sont pas sensibles à l’addiction… mais alors faudrait tout refaire puisque l’on se base sur ces foutues souris pour tout

Ne manquez pas l’agonie des souris cocaïnomanes « de l’aspartame ou je me pique » ce soir dans triste monde tragique

Pour l’instant une hypothèse qui demande à être confirmée serait que le sucre est addictif, ce qui est à moitié vrai. Personnellement je ne peux me lever sans prendre mes 3 sucres. Comme j’ai un peu la bouche pâteuse, je les dilue dans un café, comme une majorité de mes contemporains. Ce n’est pas un hasard si beaucoup prennent leur café ou leur thé sucrés … en fait ceux qui les prennent sans sucre sont probablement immunisés aux sucres et ne prennent thés et cafés que pour se fondre dans la masse.

Une autre hypothèse serait que jusqu’à présent tout le monde se plantait en beauté sur les mécanismes de l’addiction et du plaisir.

Je me garderai bien d’effectuer le moindre jugement à l’emporte pièce après tout si c’était le cas ça aurait été très vite et déjà remarqué, Donc je range ma mauvaise foi et j’attendrai les conclusions définitives des recherches.

En attendant je me réjouis bêtement car cela « valide » ma méthode.

En effet je me laisse aller à conclure que si le sucre peut être préféré à la cocaïne, il doit aussi pouvoir être préféré à la cigarette