Archive pour le mot-clef ‘Bonheur’

L’argent ne fait pas le bonheur

Vendredi 26 mars 2010

Non, si !

Encore une affirmation péremptoire issue du bon sens qui se voit transformée par le truchement de la science en une explication sociologique de la condition humaine.

Une étude de Psychological Science l’affirme. Alors il faut bien y croire. Quand bien même vous seriez en train de glousser sur un matelas de billets.

Utilisant les données du British Household Panel Survey, l’étude de Chris Boyce démontre à partir des réponses de plus de 10.000 volontaires1 que l’argent n’est pas le moteur du bonheur.

Un protocole des plus précis.

Je n’oserais pas parler d’une étude sociologique aussi sérieuse sans m’assurer que les biais statistiques les plus élémentaires ont été évités. Celle-ci semble en éviter quelques uns mais je vous laisse juge:

  • Les chercheurs s’appuient sur des données collectées par d’autres.
  • Les réponses au questionnaire sont volontaires.
  • L’étude s’attache a comprendre pourquoi les gens ne sont en moyenne pas plus heureux maintenant qu’il y a 40ans malgré la croissance économique en se référant à des donnée de la période 1997-2004.
  • Le bonheur, comme toute donnée quantifiable, a été mesuré sur une échelle allant de 1 à 7
  • Des calculs arithmétiques mais néanmoins savant furent effectués sur ces mesures de bonheur. Toutefois l’on ne précise pas si une personne heureuse à 6 et une heureuse à 2 sont plus, moins ou autant heureuses que 2 personnes à 4.

Tout cela met en évidence, d’après les chercheurs, que le niveau de revenu n’influence pas notre perception de notre propre bonheur.

En fait l’argent peut faire le bonheur.

Si l’étude démontre que l’argent ne fait pas le bonheur, elle semble par opposition mettre en évidence quelque chose de plus étrange. L’argent ferait le bonheur à condition d’en avoir plus. Plus que ses voisins, plus que ses collègues, plus que ses anciens camarade de classe ou de voisinage…

L’argent ne serait donc pas le vecteur d’un bonheur absolu mais d’un bonheur relatif. Pour une société qui voit l’argent comme une preuve objective de réussite voilà qui est troublant.

Il n’y a plus qu’un pas a franchir pour prouver de la même manière que le malheur des uns fait le bonheur des autres. Pour preuve, si vos référant sont plus pauvres que vous, vous êtes objectivement plus heureux !

Décidément, comme je l’avait déjà dit on fait dire ce que l’on veut aux statistiques.

Oserais-je avouer qu’il peut y avoir un fond de vrai ? Je suis plus heureux que 99€ soient dans ma poche plutôt que dans celle de télé2. Le médiateur nous a donné enfin raison et ça fait objectivement plaisir.

De là à appeler ça bonheur, il y a une marge mais comme l’on dit… ça y contribue.

Source:

Addendum:

Petit tip si vous souhaitez donner tort à cette étude et ne pas faire dépendre votre bonheur du reste de vos contemporains2 :

  1. le point bien qu’écrivant en français n’est pas là pour les décimales mais bien pour que vous n’ayez pas à loucher sur le nombre de zéros []
  2. moi ça fait mon bonheur, mais je vous en avait déjà parlé []

Science des évidences

Mercredi 3 février 2010

Les Nuls - La mouche qui pète

La science, ce sont avant tout des hommes et des femmes qui cherchent … nous disaient Les Nuls.

Et des fois ils trouvent. Et quand ils trouvent, tout un tas d’autres gens se mettent à chercher eux aussi. Ces autres gens cherchent 2 choses .

  1. A vérifier si ce qu’ont trouvé les premiers est répétable et vrai.
  2. Quel pourrait être le débouché commercial d’une telle découverte.

La quantité d’équipes de recherche de la première catégorie indique à la fois la portée et la surprise que la découverte a suscité. La seconde catégorie est liée à la portée de la découverte.

Fort de ces informations, vous êtes maintenant en mesure de déterminer vous-même le nombre d’équipes qui ont bouleversé leurs plannings, annulé leurs vacances, modifié leurs angles de recherche, commencé des études prospectives, ouvert des bourses de thèse lorsque le séisme qui va vous être révélé dans le prochain paragraphe leur a été connu.

Ok j’avoue je fais durer le suspens, mais franchement une découverte de cette importance mérite bien un petit teasing ! Je devrais même rajouter un saut de page avec une pub au milieu.

Richard Ryan, professeur de psychologie à l’Université de Rochester (je mettrai le lien en annexe pour ceux qui voudraient postuler comme maître de conf, doyen, ou que sais-je) a conduit une étude publiée par le Journal of Social and Clinical Psychology (je mettrai aussi le lien, pas sur qu’ils aient besoin de grand monde au comité de lecture pour ça mais on ne sait jamais.)

Selon cette étude menée sur un panel représentatif de lui même de 74 adultes âgés de 18 à 62 ans… les travailleurs sont plus heureux le week-end… et c’est indépendant du niveau de responsabilité du travail…

Et en plus … c’est tout !

Dans un soucis de précision je vous livre les mots de Richard :

Workers, even those with interesting, high status jobs, really are happier on the weekend.

Merci les gars, n’oubliez pas de publier un livre afin que ça reste dans les mémoires.

J’ose espérer que ce n’est pas la conclusion de 3 ans de thèse d’un universitaire qui nous est présenté là…

Sources:

Liens:

Y’a un peu plus de bonheur, je vous le mets aussi ?

Mercredi 5 août 2009

Le bonheur est une denrée quantifiable

et rien que ca, ca me remplit d’environ 10% de bonheur supplémentaire.

so_happy.jpg

Le moral c’est simple comme un frigo !

On connaissait déjà les fameuses mesures du moral des ménages, où pour résumer, les questions « Sous quel délai envisagez vous de changer votre réfrigérateur ? », et « Comptez vous en prendre un plus grand ou un plus petit ? » permettaient aux as de la statistique et de l’humain (à quelques exceptions près, les mêmes qui ne savaient pas si l’on choisirait le bling-bling, la bravitude ou la rencontre du troisième type, des types capables donc de théoriser la demande de cèleri-rémoulade d’un buffet avec 3 chiffres après la virgule) de déterminer si l’on pensait que la famille s’agrandirait par d’heureux événements et si l’on imaginait pouvoir nourrir ce beau monde; ce qui devenait par le truchement de la statistique une mesure du moral et de la confiance en l’avenir. Et l’on apprenait tour à tour que la France n’avait plus le moral ou que celui ci revenait.

Le biais statistique était évident. La mesure n’avait même pas besoin d’être faussée tellement elle était vide de sens. Mais ça fait toujours plaisir à quelques uns (politiques, responsables du sondage, spectateurs de jt…).

Bref on en était là. Tellement obnubilé par notre moral que l’on en aurait presque oublié de réfléchir. Tellement résolument tourné vers l’avenir que l’on en aurait oublié le présent.

Et là derrière votre écran, vous vous dites que je chipote, j’en fais des tonnes pour rien. Vous, vous le savez que l’avenir ne s’annonce pas rose et c’est pourquoi vous profitez de chaque jour à fond hein ? Croyez vous ? Vraiment ?

Si c’était vrai alors vous auriez remarqué à quel point vous fûtes (un passé simple si bien amené n’est jamais perdu) heureux il y a un mois et demi… et vous n’avez rien vu.

Le bonheur en équation

Pourtant le 19 juin fut le jour le plus heureux de l’année selon le docteur Cliff Arnall, la formule

O + (N x S) + Cpm/T + He

avec

O = être dehors et faire des activités à l’extérieur
N = nature
S =interactions sociales
Cpm = souvenirs d’enfance de l’été et autres pensées positives
T = température
He = excitation à propos des vacances

le prouve de manière évidente

A noter que l’économie n’influence en rien le bonheur.

Mais qu’elle influence grandement le malheur selon cette autre formule du même docteur

(W + (D-d)) x TQ
M x NA

avec

(W) météo,
(D) dette,
(d) salaire,
(T) temps depuis noel,
(Q) temps depuis la dernière envie de démission,
(M) niveau de motivation
(NA) nécessité de faire quelque chose.

Qui n’est donc pas, contrairement à ce que nous autres petites gens pouvions penser, ni l’inverse ni le contraire du bonheur !

Magnifique qu’après la dépression en fonction du frigo nous puissions avoir le bonheur des gens indépendamment des gens.

La blogosphère anglophone comme étalon des sentiments humains

Encore plus fort désormais, les chercheurs ont réussi à faire une étude présentant la plupart des biais possibles et/ou imaginables.

On assumes sans mal que pour prétendre être valide, une étude statistique doit être faire sur un échantillon représentatif de la population à étudier et que le caractère étudié (celui qui est directement mesurable) ait un rapport sans ambiguïté avec le sujet de l’étude.

Prenons quelques exemples.
Il n’est pas possible de se baser sur le nombre de roux japonais pour déterminer le nombre de roux cubains (représentativité)
Il n’est pas possible de se baser sur l’évolution de la vente de déodorant pour étudier l’évolution du nombre de roux (voyez le rapport « avec » ambiguïté)
Il n’est pas possible de se baser sur la vente de salade d’un restaurant végétarien pour savoir dans quel proportion l’agneau est ou non préféré au boeuf.
Il n’est pas possible de se baser uniquement sur les gens qui gueulent pour obtenir une mesure de la satisfaction.

Cela doit paraitre évident à chacun et pourtant des scientifiques ont mis leurs œillères et sont partis dans le mur tête baissée.

L’étude qu’ils ont menée porte sur 2.4millions de blogs gasp autour du monde reg. Sur ces blogs des robots ont recherché des phrases contenant « i feel » asp !. Ils ont sauvegardé la phrase entière et ont recherché un ou plusieurs des 1000 mots « émotionnellement chargés » qu’une étude avait recensés et mis en ordre. Chaque mot ayant une valeur de bonheur et chaque post une date de publication (ne changez pas d’état d’esprit avant d’avoir posté ça fausserait tout ! ), On peut scientifiquement en déduire une valeur relative du bonheur des gens ayant un blog, postant dessus en anglais ayant tendance à s’épancher. Il en ressort que le bonheur de la blogosphère anglophone a augmenté de 4% depuis 2005 !

La même opération a été effectuée sur les chansons en se basant sur les textes de 1000 chansons issus d’un site ou ils sont soumis par les internautes (il y a donc aucune objectivité au choix de ces 1000 textes là plutôt que 1000 autres). Il ressort qu’elles ont perdu environ 10% de leur bonheur depuis 1960. et que le hard rock n’utilise pas le mot « love ».

Bientôt nous connaitrons notre bonheur en continue et en direct grâce à twitter qui est déjà en ligne de mir de ces augustes scientifiques.

Pour les naïfs qui pensent que le bonheur est la seule motivation de cette fine équipe, Sonja Lyubomirsky de l’université de Riverside envisage déjà de vérifier si des paroles plus positives font ou non vendre plus de cd

J’attends l’étude qui me dira si j’en suis étonné.

Sources: