Des expériences à faire chez vous

15 avril 2010

J’ai déjà parlé de pas mal d’études inutiles, mais j’avoue être encore et toujours surpris des sujets d’études que les scientifiques parviennent à trouver, et qui sont ensuite validés, pour lesquels des financements sont réunis, une étude engagée, un article rédigé, soumis et accepté.

Tout cela alors que certaines études pourraient avantageusement être réalisées à la maison !

Exemple 1: Jalousie aveuglante (aka : le test des 1000 baffes)

Il est déjà prouvé que l’être humain est très difficilement multifocale; il ne peut en générale, se concentrer de manière consciente sur plusieurs choses à la fois. Nous n’aurions, pour faire une comparaison geek douteuse, qu’une seule instance de conscience.

Dès lors que ceci est d’ors et déjà validé, l’intérêt de l’expérience suivante est, en y réfléchissant bien, très relatif.

Des images sont montrées à un couple sur des ordinateurs voisins. Les femmes ont pour mission de repérer les photos spécifiques de paysages parmi d’autres images. L’homme est censé les noter pour leur attractivité. Tout se passe bien, jusqu’à ce que l’on annonce que désormais l’homme jugera des photos de femme suivant leur attractivité, pendant que sa compagne doit continuer de se concentrer sur la colline, la forêt et les petits oiseaux qui font cui-cui.

Attention, si vous êtes debout: assoyez vous ! La phrase qui suit va vous étonner : à partir de là, les femmes furent nettement moins concentrées sur leurs paysages et oublièrent même d’en remarquer quelques uns.

Pour les scientifiques, qui avaient donc bien fait de se lever ce jour là, ne serait-ce que pour faire semblant que leur présence était requise, il s’agit d’un « aveuglement induit par l’émotion ». Le reste de l’humanité connaissait déjà cela sous le vocable de « Mais qu’est ce qu’il leur trouve ce con. S’il reste une demi-seconde de trop sur cette image il vérifiera le confort du canapé », le reste de l’humanité remerciera donc la science d’avoir trouvé un synonyme nettement plus court.

Cette expérience aurait très bien pu1 être réalisée à la maison.

D’ailleurs vous l’avez probablement déjà faite sans même vous en apercevoir, tels des Jourdains scientifiques.

Prenez une femme —c’est plus probant si c’est la votre—2, montrez lui une photo d’un sex symbole quelconque3, et faites lui remarquer dans cet ordre

  • qu’elle a une anatomie formidablement attirante.
  • que vous aimeriez son avis sur le réchauffement climatique et son influence sur la montée des os à moelle dans le pot au feu
  • qu’il faudrait changer les rideaux

La science est formelle, elle lèvera alors les yeux de la photo en faisant un « hein ? » lourd de menace.

Si vous n’avez aucune photo de sex symbole, ce qui peut arriver si vous êtes particulièrement bien lotis à la maison4, un autre protocole est possible. Installez vous confortablement devant un film et quand le climax arrive, au comble de la tension dramatique, énoncez à voix haute « wouha qu’est ce qu’elle est mignonne, je passerai bien le week-end avec si tu as envie d’aller voir ta famille ». Vous pourrez vérifier après: à partir de là, elle n’aura plus suivi l’intrigue et ne sera capable de répondre à toute question y afférant que par un triste haussement d’épaule suivi d’un soupir.

Exemple 2: La vache qui dort

Une étude à paraitre dans « Applied Animal Behaviour » s’est intéressée aux vaches et plus spécifiquement au fait de savoir si l’on pouvait se fier au fait qu’elles soient couchées ou debout pour détecter une modification de leur état de santé, dans le noble but avoué de permettre une meilleure prise en charge d’un éventuel problème par un éleveur5

L’étude est plutôt simple, voir même simpliste. Après avoir validé par vidéo le fait que le capteur détectait si une vache était debout ou couchée, l’équipe s’attache à savoir si le couchage ou le relevage des vaches suit une quelconque loi de probabilité.

Donc assez classiquement, elle se concentre sur les successions de période couchée ou debout en partant de 2 hypothèses :

  • Plus une vache reste debout plus la probabilité qu’elle se couche augmente.
  • Plus une vache reste couchée plus la probabilité qu’elle se lève augmente.

Étonnement seule la seconde assertion est vraie. La durée pendant laquelle une vache reste debout ne suivant elle pas de règle. On en conclut donc que la position de confort de la vache est la position debout.

Our second hypothesis was, therefore, refuted because cows were not more likely to lie down the longer they had been standing.

Cette expérience est aussi faisable chez soi, point n’est besoin d’avoir de vache. Un adolescent ou un chat peuvent faire l’affaire à condition de se souvenir que contrairement à la vache, leur position de confort est respectivement « avachi » et « posé là ».

Nota-benêt : j’envisageais de mettre la même image pour illustrer les 2 expériences, mais ayant suffisamment chaud aux joues, je m’abstiendrais de ce genre de recherche. :p

Sources :

  1. et de manière très économique en ces périodes difficiles []
  2. l’universalité serait de dire « prenez votre moitié » []
  3. et probablement vulgaire, mais ce n’est pas le sujet []
  4. comme moi []
  5. l’hypothèse sous-jacente étant : on trouve un schéma statistique et dès que ça sort des clous faut t’inquiéter []

L’argent aide à supporter la douleur.

14 avril 2010

Bien entendu, pas en doses homéopathiques.

Non, pas d’ions Argent miraculeux, pas de composés argentique opiacé ou tétrahydro-carabiné, non l’argent, le flouze, le pez (pas le distributeur de bonbons), l’oseille.

On savait déjà que chaque billet est recouvert d’autant de drogue que les cacahouètes de bistrot le sont d’urine1, mais ce ne serait pourtant un effet ni de la l’une ni de l’autre.

L’estime de soi avait déjà montré son efficacité dans la résilience de l’individu face à la douleur. Il semble donc que la possession de somme d’argent soit a minima l’une des composantes de l’estime de soi. La valeur de l’individu ne serait-elle donc à ses yeux, que le reflet des valeurs qu’il possède ? Il y a là matière à refléxion pour nos sociétés.

Un protocole d’une extrême simplicité.

Une des choses agréables avec ces études sorties du chapeau, c’est que ça ne nécessite que peu d’appareillage, rien de bien compliqué. Comme un tour de magie ça parait limpide. Jugez un peu : un groupe de volontaire se voit demander de compter des billets par un groupe de scientifiques. Certains comptent de vrais billets et d’autres des coupons blancs. On leur dit que c’est pour tester leur habileté. Pour on leur demande de mettre la main dans un récipient d’eau très chaude pour voir « à quel point ils trouvent cela douloureux et quelle durée ils peuvent tenir ». J’ai l’esprit mal tourné mais je trouve de base le protocole foireux2 et étrange.

  • Pas de gants pour manipuler les billets, on ne peut donc pas exclure un effet de dermique de la cocaïne.
  • Rien les yeux bandés pour vérifier que c’était bien la certitude consciente de tenir les billets qui jouait.
  • Et puis surtout, de l’eau très chaude ? Je ne suis pas de l’Université du Minnesota qui a fait l’étude mais je m’interroge. Si l’eau est assez chaude pour produire une douleur qui finit par être insupportable, alors à quelques degrés près on passe de la sensation de chaleur intense à la brûlure grave: quelle température ? à quel moment cette température est-elle mesurée ? La conductivité thermique de l’eau étant ce qu’elle est3, qu’en est-il des mouvements de la main qui ont une importance capitale ?
  • Et dernier point, le billet induit une résistance, non une immunité, l’on peut donc en supposer que tous finissent par sortir la main de l’eau en hurlant « ah crévindiou mais vous n’avez point toute votre tête, c’est bougrement chaud, saperlipopette »4, la différence statistique entre les durées de ceux qui tiennent les billets et les autres est-elle vraiment significative ? Peut-elle même l’être ?

La douleur c’est compliqué, mais la science avance

Une chose est certaine, plus que de savoir si la fortune peut aider à supporter la douleur, il faudrait savoir à partir de quelle somme ? Où est la limite entre un « Aaarg donnez moi de la morphine ou achevez moi, j’en peux plus arrrrg grreuh » et un « Diantre ma Dame, je ne sens presque rien, si vous pouviez consentir à me chatouiller les tétons à la scie à bois, ce ne pourrait qu’embellir mon après-midi ».

Quoi qu’il en soit, le patient moyen peut déjà très facilement appréhender lui-même sa douleur. L’article précise en effet que les études précédentes ont défriché quelques pistes. Il semblerait ainsi que caresser un animal ou regarder une photo de l’être aimé ait une efficacité démontrée5.

Vivement que les retraits du distributeur soient remboursés par les mutuelles.

Source :

  1. je sais, c’est une discrimination intolérable envers les moins riches []
  2. si si c’est un terme scientifique, en tout les cas je milite pour []
  3. ce qui rend le froid humide plus difficilement supportable que le froid sec par exemple []
  4. ou quelque chose d’approchant []
  5. caressez l’être aimé en regardant la photo d’un animal risque de vous mener droit en psychiatrie []

Les gènes du racisme

13 avril 2010

C’est une petite révolution qui, si elle est confirmée, risque de s’abattre sur les nationalismes de tous les pays.

En effet, le racisme, loin d’être, comme la plupart se plaisent à le croire, une expression d’une « intelligence » qui aurait perçu des « choses », ne serait en fait d’après les travaux de l’équipe de Meyer-Lindenberg de l’Institut Méditerranéen de Neuroscience Cognitive, que le résultat de quelques gènes du chromosome 7.

Le racisme est une peur sociale.

Les 26 gènes de ce chromosome 7, commandent justement à cette peur sociale. Les personnes chez qui ces gènes sont manquant ou altérés souffrent de ce qui est appelé le Syndrome de Williams. Leur pathologie (qui n’est pas que ça) les rendrait hypersociables. Plus que ça d’après les chercheurs, ce seraient les seuls à ne pas reproduire de stéréotypes raciaux, alors que même les autistes en feraient.

Au contraire, ils auraient tendance à considérer tout le monde comme leurs amis.

Tous les racismes ?

Là où l’histoire devient intéressante c’est que ces malades, qui sont incapables de discriminations raciales, sont par contre tout à fait enclins aux discriminations sexuelles.

L’intérêt de ce genre d’étude est évident dans la mesure où l’on ne peut combattre efficacement que ce que l’on connait correctement. En cela, avoir une approche réaliste des mécanismes qui sous tendent le racisme est précieux. Il est en effet illusoire d’espérer comprendre ce phénomène en discutant avec des personnes qui le théorisent et l’intellectualisent comme le résultat d’une pensée cohérente et consciente. Cette étude prouve que ce n’est absolument pas le cas.

Le racisme n’a rien de conscient, rien de cohérent, rien d’intellectualisable. Ce n’est que l’expression de quelques gène qui permettent de fabriquer une peur sociale.

Là où y’a de la gène…

Au delà de l’aspect scientifique proprement dit, on peut sarcasmer un peu:

  • Le stéréotype est quelque chose que notre cerveau tend à produire naturellement. Le dépasser demande donc pour qui un effort, pour qui une éducation.
  • Les racistes sont des victimes et des malades. Il ne faut pas leur en vouloir mais au contraire leur montrer de la compassion.
  • Les gosses incapables de racisme sont toujours capables de sexisme, faut quand même pas tout mélanger, que les hommes soient égaux entre eux ok mais avec la femme…

Il va être intéressant de suivre désormais les tenants du darwinisme ou du dessein intelligent nous expliquer en quoi, ce gène a pu favoriser leurs porteurs et en quoi le racisme a pu être un avantage à une quelconque époque, l’état de la science ne permettant que depuis peu à des peuplades dissemblables de se côtoyer.

Sources:

Empreinte empruntée

12 avril 2010

L’inconvénient des fêtes religieuses, outre que je ne me souviens jamais à quoi elles correspondent1 c’est qu’elles font réfléchir.

Je suppose que la plupart des gens réfléchissent au fait religieux, à la course du monde, à leur karma, et pour Pâques, à comment cuire ce foutu gigot2 dans le minuscule four qui tient lieu de foyer aux superstitions culinaires des familles.

Moi, je sais c’est con, je pense surtout que c’est la preuve indiscutable de la trace qu’à laissé un type vlà 2000 ans (si l’on prends Pâques). C’est la manifestation concrète et contemporaine d’une vie passée depuis bien longtemps. Alors que l’on peine même à savoir qui était nos ancêtres avant nos grands parents, voilà que l’on se souvient d’un autre qui nous est finalement3 étranger.

C’est quand même quelques chose de fonder un petit groupe, de passer son temps à causer en transformant de l’eau en vin4 et d’être reconnu pour ça 2000 ans plus tard.

Bref, je m’interroge sur l’empreinte que l’on laisse au monde.

L’homme moyen a un pied de 261mm par 99mm; tout au moins en Belgique

Considérant que l’homme moyen a une tendance notoire à les mettre dans le plat, et que le plat est rectangulaire pour empêcher qu’il tourne correctement dans le four que nous aurons préalablement soulagé du gigot précédemment mentionné, nous ferons l’hypothèse saugrenue mais nécessaire, que l’homme a un pied rectangulaire.

Considérant que l’homme marche avec des baskets parce que c’est plus confortable, et que l’on est toujours en Belgique5, alors le pied de l’homme s’élargit un peu pour atteindre pile poil les 100mm qui faciliteront les calculs suivants et simplifieront donc, de manière corrélative à la facilitation des calculs, la rédaction de ce billet, qui pour être totalement inutile, n’en est pas moins sérieux.

Un site canadien rapporte que l’activité d’un homme doit lui faire faire environ 10000 pas par jour.

On en conclut assez aisément que l’homme fait 10000 pas représentant chacun 261 cm² soit une empreinte globale de 261m² par jour, à peine plus de 16m par 16. A un rythme de 6 fois par semaine (je compte les weekends comme des demies journées), 52 semaines par an, c’est du 81 432m² par an, un carré d’à peine plus de 285m. Et seulement 5.7km² pour une vie de 70 ans à marcher comme cela. Une broutille face aux 150 Millions de km² de terres émergées.

Il faut vivre vieux ou courir beaucoup pour laisser une empreinte distincte sur terre, et rien ne dit qu’elle sera qualitative.

Je suppose que s’arrêter pour réfléchir et se demander si ça en vaut la peine, c’est déjà perdre trop de temps…

Ça expliquerait bien des choses6

  1. Noel on le sait tous c’est la fête du Coca, mais le reste ? … []
  2. j’ai appris récemment qu’il ne fallait pas manger le lapin de Pâques car ça l’empêche de distribuer ses œufs … soit []
  3. et quoi qu’en dise les chaffouins []
  4. j’ai toujours eu la faiblesse de croire que c’était en fait une métaphore discrète pour signifier qu’ils n’avait pas besoin d’alcool pour … heu…voir des choses. []
  5. c’est plus classe avec le survêtement []
  6. La « performance » d’un intervenant journaliste au C dans l’air du Lundi de Paques sur le vin et la fin—enfin ! — de la ferme célébrité par exemple []

Aspirateur

8 avril 2010

Il y a des choses qu’on imagine pas. Il y a des choses qu’on ne veut pas savoir. Il y a des choses qui, lorsqu’elles entrent dans notre champ de conscience, font vaciller le tissu de la réalité autours d’elles.

Plus que ça il y a des choses dont on ne veut imaginer la vérité.

Et pourtant…

Pouvez vous imaginer, voulez vous vous représenter, avez vous simplement envie de concevoir ce qu’implique l’étude de Dana Dawson ?

Dana Dawson est psychologue spécialiste de la personnalité. Elle a réalisé une étude financée par la « Dirt Devil vacuum cleaner company ». Au terme de cette étude, Mme Dawson est arrivée à la conclusion que la façon de passer l’aspirateur est révélatrice de notre comportement non seulement relatif à la propreté de notre demeure mais que cette façon est également liée à notre comportement entre les draps.

Et bien entendu, avec toutes les nuances dont la psychologie est capable lorsqu’elle se fait le jouet du marketing, Mme Dawson en extrait 5 comportements sexuels liés à 5 façons de passer l’aspirateur.

  1. Rapide, qui passe l’aspirateur à toute vitesse sans s’occuper de ce qu’il y a autour et en oubliant des coins. C’est un1 impatient, et un rapide, pas du genre à faire durer les préliminaires
  2. Méthodique, passe toujours l’aspirateur de la même façon. Il ne lui viendrait pas à l’idée de changer cette façon ou d’en essayer de nouvelles. Comportement fiable et prudent lié à une précaution entre les draps.
  3. Greffeur (?), l’aspirateur est une façon de déstresser physiquement. Il est tenace, laborieux et aime faire plaisir.
  4. Étourdi, passe sans regarder et sans faire attention. C’est un rêveur égocentrique qui peut sembler lointain.
  5. Manifestant, l’aspirateur sert d’exutoire à son mécontentement, et il cogne sans égard les meubles qui se trouvent sur son chemin. Sexuellement égoïstes, ils laissent leur partenaire faire le boulot.

5 Comportements types, ça parait peu pour classer l’humanité.

Mais si la science le dit.

Personnellement, maintenant, j’ai peur.

Vais-je pouvoir m’empêcher, la prochaine fois que je visiterai un proche, de regarder très indiscrètement si des taches de poussière persistent dans certains coins ?

Vais-je parvenir à faire abstraction des marques que je ne manquerai pas de remarquer sur les pieds de meubles et qui sont le symbole domestique manifeste et scientifique d’un comportement sexuel de type étoile de mer ?

Non sincèrement j’aurais préféré ne pas savoir, ne pas me douter que cela puisse être interprété. Ce qui se passe entre les draps, ou pas, ou ailleurs, y appartient.

Un cas non prévu

Merci à Pacotine pour l’illustration :)

Source :

  1. je masculinise le tout mais la version anglaise ne semblait pas sexuer l’étude []

Régime estival

2 avril 2010

C’est un fait, Pacotine envisage sérieusement de me mettre à la diète1

La coïncidence des blagues piscicoles d’Avril, de l’arrivée du printemps2 m’oblige donc à ressortir du placard ce dont je n’avais pas parlé ces dernières semaines : la diététique.

La diététique étant à l’hédonisme ce que la course à pied est à Pacotine -un effort inutile, ridicule et archaique-, il importait de se remettre au goût du jour en la matière.

Petite revue de science des dernières nouveautés qui, n’en doutons pas, rempliront une bonne moitié des présentoires de magazines féminins dans les prochaines semaines.

Attention, je suis de pure mauvaise foi, mais les infos sont vraies.

Surtout ne pas boire d’eau !

On ne le dira jamais assez, principalement parce qu’on ne le dit jamais. L’eau peut faire grossir. Enfin bon… Mais la prudence voudrait que l’on croit le Dailymail, qui consacrait un bel article avec même un encart de « Doctor Doctor », preuve par lui même du sérieux de l’article3

Even calorie-free water can affect our body fat levels if chemicals that disturb hormonal activity leach into our supply and drive up our chances of putting on weight.

Oui vous avez bien lu, « even calorie-free water ». Si vous la cherchez, l’eau sans calorie doit surement se trouver dans le même rayon que le sucre sans matière grasse4 et l’huile sans sucre.

Effectivement l’article s’en prend presque exclusivement à l’eau du robinet, mais tellement maladroitement. Il va même jusqu’à accuser les femmes qui prennent la pillule de contribuer aux problèmes de fertilité des autres via leurs urines traitées dont les hormones peineraient à être soustraites et se retrouveraient ensuite dans l’eau du robinet…

Rien ne trouverait donc grâce à ses yeux ? Heureusement que si ! Rien de moins que des kit de purification par osmose inverse. Il faudrait que je vous en parle un jour mais en attendant je vous renvoie sur wikipédia. Ce n’est que 125 à 3000£, une fourchette qui s’apparente à un râteau mais c’est quand même un spécialiste de l’eau, chimiste, gynécologue…

Ne pas se marier !

Une étude grecque dont le telegraph se fait l’echo, met en exergue que le mariage augmente dramatiquement les risques de problèmes de poids, par un facteur 3 pour les hommes, par 2 pour les femmes.

The research, based on the study of more than 17,000 couples aged between 20 and 70, found that married couples exercised less frequently, had less sex, had poor nutrition and were “comfortable” in their lives.

Married couples spend more time eating together, sit in front of the TV more and often order takeaway ready meals while exercising less.

D’après les chercheurs, la prise de poids seraient due à la fois à l’arrêt des efforts pour être attractif, et au changement d’habitude alimentaire et de rythme que la vie en couple implique.

Boire de l’alcool

Si vous êtes une femme, une étude publiée par Archives of Internal Medicine montre que contrairement aux idées reçues, une consommation modérée d’alcool diminue le risque de prise de poids tout en diminuant les risques de maladies cardiovasculaire. Ce risque est moindre que celui des femmes ayant une consommation forte, mais surtout, et c’est là que se situe la surprise, le risque est moindre que celui des abstinentes totales.

Je n’ai aucun doute que les vignerons français se chargeront bientot de financer une étude discriminant les différents alcools

But it’s important to remember that everyone [in the study] still gained weight over time, so it’s not as if drinking is a good diet technique. You definitely shouldn’t drink to lose weight.

précise tout de même Howard Sesso, professeur assistant de médecine.

Boire un peu de vin, éviter l’eau, et rester célibataire…pour éviter de perdre la ligne, mais que faire d’autre pour rester en bonne santé en mangeant ?

Barbecue ?

Une étude rapportée par le telegraph semble montrer que les sauces barbecue sont bonnes pour la santé. Elles contiennent en effet des grandes quantités d’épices eux même très concentrés en antioxydants. Ne revez pas, le barbecue reste quand meme cancérigène, et les sauces continuent de faire grossir. Par contre elles aident à combattre certains symptomes de l’age.

These are chemical compounds which fight diseases associated with old age such as cancer, heart problems, strokes, Alzheimer’s, arthritis and cataracts

Mais le vin et la sauce… ça reste quand même très liquide

Un peu de chocolat ?

Une nouvelle étude allemande montre qu’une consommation régulière de chocolat aide à lutter contre les maladies cardiovasculaires.

Si cette étude va dans le même sens que les précédentes faites sur le chocolat mais il faut avouer qu’elle arrive à point nommé pour Pâques !

Avec ça, vous resterez en bonne santé, pour maigrir par contre il semble tout de même qu’il va falloir arrêter de manger.

Sources :

  1. c’est vrai que c’est à ma demande mais ça ne m’empêchera pas de lui en vouloir si elle réprime mon gourmandisme, aussi bien que si elle ne le fait pas en fait []
  2. il paraitrait en fait que Avril tombe chaque année une dizaine de jour après l’arrivée du printemps []
  3. la seconde preuve étant qu’il est daté du 28/03 []
  4. oui, pendant un moment ça a fleuri sur certains paquets de sucre dont la marque m’échappe []

Le talent n’oblige pas au conformisme

31 mars 2010

Arrive une période où je ne pense pas pouvoir écrire quoi que ce soit sans éprouver d’énormes problèmes de crédibilité.

Heureusement, si je ne peux guère convaincre, je peux montrer.

Imaginez, une fille de Roberto Rossellini et Ingrid Bergman. Mariez la à Scorcese puis à Lynch.

Convenez que dans le domaine cinématographique cela puisse constituer un terreau fertile sur lequel même les pires talents pourraient s’épanouir.

Souffrez pourtant que la Dame, Isabella de son prénom, ait un réel talent.

Laissez la s’exprimer.

Écarquillez les yeux devant le résultat.

Isabella Rosselini est en effet scénariste, réalisatrice et interprète, de la série de courts métrage « Green Porno ». Dans cette série, elle « interprète » tout d’abord des insectes, puis des poissons, coquillages et autres crustacés dans ce qui peut s’apparenter à un témoignage du vivant; vivant qui nous raconterait donc sa vie, en insistant comme le terme porno peut le suggérer sur les aspects sexuels.

Le résultat est admirable à tout point de vue, bien qu’assez déconcertant. La saison 3, plus pédagogique marque un changement, à la fois dans le mode narratif et dans celui, encore plus spécial, de l’illustration, « Harem on the beach » semble à ce titre beaucoup plus mature, mais il perd ce coté cheap jubilatoire qui faisait le bonheur des premiers.

Un exemple avec l’abeille ?

Le reste sur le site de Green Porno

Principe de Peter

29 mars 2010

Popularisé depuis de longue années par les réflexions, magnifié par le dépit, encensé comme une prophétie par tous ceux qui un jour ont remarqué que le chef, l’employé, le fonctionnaire, leur interlocuteur, était complétement dépassé par les évènements: tel était jusque là le statut du principe de Peter.

Pour ceux qui en seraient ignorants, le principe de Peter, tel que traduit par Evene se formule :

Dans une hiérarchie, tout employé a tendance à s’élever au niveau de son incompétence.

ou en version originale :

Every new member in a hierarchical organization climbs the hierarchy until he/she reaches his/her level of maximum incompetence.

Principe qui s’exprime supposément par un manque d’efficacité des grandes structures.

Le blog Improbable Research de Marc Abrahams se faisait hier l’écho de la recherche menée par Alex Pluccino et ses collègues de l’ Université di Catania en Italie, qui ont réussi à prouver la véracité de ce qui n’était jusque là qu’une idée largement admise.

Illustration de Pacotine

Discussion entre collègues

Au moyen de simulations informatiques les chercheurs sont semble-t’il parvenu à prouver 2 choses:

  1. Le principe de Peter est une réalité effectivement à l’œuvre.
  2. Toute autre méthode de promotion serait plus efficace.

Ils sont ainsi parvenus à la conclusion assez déconcertante que pour éviter les effets du principe de Peter, il serait plus pertinent de:

  • Promouvoir les employés au hasard.
  • Promouvoir aléatoirement les meilleurs et pires en termes de compétence.

Rappelons que le principe de Peter suppose des taches radicalement différentes d’un niveau à l’autre, impliquant que la compétence pour un niveau donné soit totalement indépendante de la compétence au niveau précédent (mais donc aussi de l’incompétence).

Il est intéressant de noter que le principe de Peter, pourtant psychologue1 implique de la part de l’organisation une reconnaissance de la compétence mais aussi une tolérance vis à vis de l’incompétence. Une mauvaise foi crasse et peu coutumière de ma part, un zeste de sarcasme, une pointe de mauvaise humeur auraient chacun pu me faire écrire que son principe était principalement d’application dans la fonction publique; heureusement l’expérience m’a montré le contraire pas plus tard que la semaine dernière.

Tout cela me mettrait en joie si le corollaire du principe de Peter n’était pas :

Avec le temps, tout poste sera occupé par un employé incapable d’en assumer la responsabilité.

Merci à Pacotine pour son illustration

  1. et Canadien mais ce n’est pas pertinent pour ce qui nous intéresse []

L’argent ne fait pas le bonheur

26 mars 2010

Non, si !

Encore une affirmation péremptoire issue du bon sens qui se voit transformée par le truchement de la science en une explication sociologique de la condition humaine.

Une étude de Psychological Science l’affirme. Alors il faut bien y croire. Quand bien même vous seriez en train de glousser sur un matelas de billets.

Utilisant les données du British Household Panel Survey, l’étude de Chris Boyce démontre à partir des réponses de plus de 10.000 volontaires1 que l’argent n’est pas le moteur du bonheur.

Un protocole des plus précis.

Je n’oserais pas parler d’une étude sociologique aussi sérieuse sans m’assurer que les biais statistiques les plus élémentaires ont été évités. Celle-ci semble en éviter quelques uns mais je vous laisse juge:

  • Les chercheurs s’appuient sur des données collectées par d’autres.
  • Les réponses au questionnaire sont volontaires.
  • L’étude s’attache a comprendre pourquoi les gens ne sont en moyenne pas plus heureux maintenant qu’il y a 40ans malgré la croissance économique en se référant à des donnée de la période 1997-2004.
  • Le bonheur, comme toute donnée quantifiable, a été mesuré sur une échelle allant de 1 à 7
  • Des calculs arithmétiques mais néanmoins savant furent effectués sur ces mesures de bonheur. Toutefois l’on ne précise pas si une personne heureuse à 6 et une heureuse à 2 sont plus, moins ou autant heureuses que 2 personnes à 4.

Tout cela met en évidence, d’après les chercheurs, que le niveau de revenu n’influence pas notre perception de notre propre bonheur.

En fait l’argent peut faire le bonheur.

Si l’étude démontre que l’argent ne fait pas le bonheur, elle semble par opposition mettre en évidence quelque chose de plus étrange. L’argent ferait le bonheur à condition d’en avoir plus. Plus que ses voisins, plus que ses collègues, plus que ses anciens camarade de classe ou de voisinage…

L’argent ne serait donc pas le vecteur d’un bonheur absolu mais d’un bonheur relatif. Pour une société qui voit l’argent comme une preuve objective de réussite voilà qui est troublant.

Il n’y a plus qu’un pas a franchir pour prouver de la même manière que le malheur des uns fait le bonheur des autres. Pour preuve, si vos référant sont plus pauvres que vous, vous êtes objectivement plus heureux !

Décidément, comme je l’avait déjà dit on fait dire ce que l’on veut aux statistiques.

Oserais-je avouer qu’il peut y avoir un fond de vrai ? Je suis plus heureux que 99€ soient dans ma poche plutôt que dans celle de télé2. Le médiateur nous a donné enfin raison et ça fait objectivement plaisir.

De là à appeler ça bonheur, il y a une marge mais comme l’on dit… ça y contribue.

Source:

Addendum:

Petit tip si vous souhaitez donner tort à cette étude et ne pas faire dépendre votre bonheur du reste de vos contemporains2 :

  1. le point bien qu’écrivant en français n’est pas là pour les décimales mais bien pour que vous n’ayez pas à loucher sur le nombre de zéros []
  2. moi ça fait mon bonheur, mais je vous en avait déjà parlé []

Le temps des choses

25 mars 2010

J’ai un peu délaissé ce blog ces derniers temps.

Aucune excuse.

Il y a plein de choses suffisamment inutiles pour que j’en parle.

C’est donc ce que je vais me remettre à faire… mais demain.

Je m’en voudrais trop de ne pas respecter la journée mondiale de la procrastination.

(Note à moi-même: penser à chercher une illustration pour ce billet.)