Archive pour mars 2010

Le talent n’oblige pas au conformisme

Mercredi 31 mars 2010

Arrive une période où je ne pense pas pouvoir écrire quoi que ce soit sans éprouver d’énormes problèmes de crédibilité.

Heureusement, si je ne peux guère convaincre, je peux montrer.

Imaginez, une fille de Roberto Rossellini et Ingrid Bergman. Mariez la à Scorcese puis à Lynch.

Convenez que dans le domaine cinématographique cela puisse constituer un terreau fertile sur lequel même les pires talents pourraient s’épanouir.

Souffrez pourtant que la Dame, Isabella de son prénom, ait un réel talent.

Laissez la s’exprimer.

Écarquillez les yeux devant le résultat.

Isabella Rosselini est en effet scénariste, réalisatrice et interprète, de la série de courts métrage « Green Porno ». Dans cette série, elle « interprète » tout d’abord des insectes, puis des poissons, coquillages et autres crustacés dans ce qui peut s’apparenter à un témoignage du vivant; vivant qui nous raconterait donc sa vie, en insistant comme le terme porno peut le suggérer sur les aspects sexuels.

Le résultat est admirable à tout point de vue, bien qu’assez déconcertant. La saison 3, plus pédagogique marque un changement, à la fois dans le mode narratif et dans celui, encore plus spécial, de l’illustration, « Harem on the beach » semble à ce titre beaucoup plus mature, mais il perd ce coté cheap jubilatoire qui faisait le bonheur des premiers.

Un exemple avec l’abeille ?

Le reste sur le site de Green Porno

Principe de Peter

Lundi 29 mars 2010

Popularisé depuis de longue années par les réflexions, magnifié par le dépit, encensé comme une prophétie par tous ceux qui un jour ont remarqué que le chef, l’employé, le fonctionnaire, leur interlocuteur, était complétement dépassé par les évènements: tel était jusque là le statut du principe de Peter.

Pour ceux qui en seraient ignorants, le principe de Peter, tel que traduit par Evene se formule :

Dans une hiérarchie, tout employé a tendance à s’élever au niveau de son incompétence.

ou en version originale :

Every new member in a hierarchical organization climbs the hierarchy until he/she reaches his/her level of maximum incompetence.

Principe qui s’exprime supposément par un manque d’efficacité des grandes structures.

Le blog Improbable Research de Marc Abrahams se faisait hier l’écho de la recherche menée par Alex Pluccino et ses collègues de l’ Université di Catania en Italie, qui ont réussi à prouver la véracité de ce qui n’était jusque là qu’une idée largement admise.

Illustration de Pacotine

Discussion entre collègues

Au moyen de simulations informatiques les chercheurs sont semble-t’il parvenu à prouver 2 choses:

  1. Le principe de Peter est une réalité effectivement à l’œuvre.
  2. Toute autre méthode de promotion serait plus efficace.

Ils sont ainsi parvenus à la conclusion assez déconcertante que pour éviter les effets du principe de Peter, il serait plus pertinent de:

  • Promouvoir les employés au hasard.
  • Promouvoir aléatoirement les meilleurs et pires en termes de compétence.

Rappelons que le principe de Peter suppose des taches radicalement différentes d’un niveau à l’autre, impliquant que la compétence pour un niveau donné soit totalement indépendante de la compétence au niveau précédent (mais donc aussi de l’incompétence).

Il est intéressant de noter que le principe de Peter, pourtant psychologue1 implique de la part de l’organisation une reconnaissance de la compétence mais aussi une tolérance vis à vis de l’incompétence. Une mauvaise foi crasse et peu coutumière de ma part, un zeste de sarcasme, une pointe de mauvaise humeur auraient chacun pu me faire écrire que son principe était principalement d’application dans la fonction publique; heureusement l’expérience m’a montré le contraire pas plus tard que la semaine dernière.

Tout cela me mettrait en joie si le corollaire du principe de Peter n’était pas :

Avec le temps, tout poste sera occupé par un employé incapable d’en assumer la responsabilité.

Merci à Pacotine pour son illustration

  1. et Canadien mais ce n’est pas pertinent pour ce qui nous intéresse []

L’argent ne fait pas le bonheur

Vendredi 26 mars 2010

Non, si !

Encore une affirmation péremptoire issue du bon sens qui se voit transformée par le truchement de la science en une explication sociologique de la condition humaine.

Une étude de Psychological Science l’affirme. Alors il faut bien y croire. Quand bien même vous seriez en train de glousser sur un matelas de billets.

Utilisant les données du British Household Panel Survey, l’étude de Chris Boyce démontre à partir des réponses de plus de 10.000 volontaires1 que l’argent n’est pas le moteur du bonheur.

Un protocole des plus précis.

Je n’oserais pas parler d’une étude sociologique aussi sérieuse sans m’assurer que les biais statistiques les plus élémentaires ont été évités. Celle-ci semble en éviter quelques uns mais je vous laisse juge:

  • Les chercheurs s’appuient sur des données collectées par d’autres.
  • Les réponses au questionnaire sont volontaires.
  • L’étude s’attache a comprendre pourquoi les gens ne sont en moyenne pas plus heureux maintenant qu’il y a 40ans malgré la croissance économique en se référant à des donnée de la période 1997-2004.
  • Le bonheur, comme toute donnée quantifiable, a été mesuré sur une échelle allant de 1 à 7
  • Des calculs arithmétiques mais néanmoins savant furent effectués sur ces mesures de bonheur. Toutefois l’on ne précise pas si une personne heureuse à 6 et une heureuse à 2 sont plus, moins ou autant heureuses que 2 personnes à 4.

Tout cela met en évidence, d’après les chercheurs, que le niveau de revenu n’influence pas notre perception de notre propre bonheur.

En fait l’argent peut faire le bonheur.

Si l’étude démontre que l’argent ne fait pas le bonheur, elle semble par opposition mettre en évidence quelque chose de plus étrange. L’argent ferait le bonheur à condition d’en avoir plus. Plus que ses voisins, plus que ses collègues, plus que ses anciens camarade de classe ou de voisinage…

L’argent ne serait donc pas le vecteur d’un bonheur absolu mais d’un bonheur relatif. Pour une société qui voit l’argent comme une preuve objective de réussite voilà qui est troublant.

Il n’y a plus qu’un pas a franchir pour prouver de la même manière que le malheur des uns fait le bonheur des autres. Pour preuve, si vos référant sont plus pauvres que vous, vous êtes objectivement plus heureux !

Décidément, comme je l’avait déjà dit on fait dire ce que l’on veut aux statistiques.

Oserais-je avouer qu’il peut y avoir un fond de vrai ? Je suis plus heureux que 99€ soient dans ma poche plutôt que dans celle de télé2. Le médiateur nous a donné enfin raison et ça fait objectivement plaisir.

De là à appeler ça bonheur, il y a une marge mais comme l’on dit… ça y contribue.

Source:

Addendum:

Petit tip si vous souhaitez donner tort à cette étude et ne pas faire dépendre votre bonheur du reste de vos contemporains2 :

  1. le point bien qu’écrivant en français n’est pas là pour les décimales mais bien pour que vous n’ayez pas à loucher sur le nombre de zéros []
  2. moi ça fait mon bonheur, mais je vous en avait déjà parlé []

Le temps des choses

Jeudi 25 mars 2010

J’ai un peu délaissé ce blog ces derniers temps.

Aucune excuse.

Il y a plein de choses suffisamment inutiles pour que j’en parle.

C’est donc ce que je vais me remettre à faire… mais demain.

Je m’en voudrais trop de ne pas respecter la journée mondiale de la procrastination.

(Note à moi-même: penser à chercher une illustration pour ce billet.)