La dépression des internet addicts

Cause principale mais sous estimée de dépression du geek

Attention, veuillez éteindre vos ordinateurs et reprendre une activité normale.

Depuis quelques jours une news scientifique est reprise de manière généraliste.  Comme toujours c’est un festival d’approximation et oserais-je dire de désinformation.

Nous avons déjà connu la violence à la télé comme cause et influence probable de violences réelles. Depuis quelques années, ce sont les jeux vidéos qui sont à cette place d’accusé1.

Une nouvelle étude statistique vient donc en rajouter une couche sur le danger social d’internet, ce bien connu repère de nazi pédophiles mafieux pornographes !2

Il semble désormais que, si l’on en croit certaines généralisations très opportunes, le net conduise à la dépression.

Une étude statistiquement probante ?

C’est très simple, vous recrutez un panel sur internet3 grâce à des pubs sur des sites de socialisation (oui donc là déjà le panel c’est un groupe de jeunes passant du temps sur les sites de socialisation, ayant vu la pub et ayant l’envie de répondre à l’étude).

Vous demandez a votre groupe de préciser ses habitudes en matière de consommation de net4 et vous faites des stats, et vous vous apercevrez de la même chose que ces chercheurs.

Pour commencer les « accro au net » passent proportionnellement plus de temps que les autres sur les sites de q, sur les réseaux sociaux et sur les jeux en ligne.  On se doutait bien que pour être qualifier d’accro il fallait y passer plus de temps, mais on pourrait tout aussi bien y voir que les non-accro ne se servent d’internet que dans un but informationnel de recherche/transmission de données.

Il apparait en fait que ces jeunes internet addicts présentent des signes de dépression. Ok c’est possible, après tout leur vie réelle est suffisamment triste5 pour qu’ils cherchent du réconfort sur le net alors c’est normal qu’ils dépriment, surtout si un chercheur leur met ça dans la figure.

La preuve est là où on la cherche

La preuve est flagrante tout de même: ces jeunes d’une moyenne d’age de 18.3 ans (la moyenne d’age sur toute l’étude est de 21 ans) sont plus déprimés qu’un autre groupe de jeune témoin non accros. Pour la validité de la preuve, le groupe témoin a la même proportion hommes/femmes et la même moyenne d’age6.

Catégorie sociale ? Relation ? Études ? Situation financière ? Cadre de vie ? Ne cherchez pas ça n’a pas été pris en compte. Déduisez en que ça n’a objectivement aucune incidence sur la dépression ou  qu’on fait ce que l’on peut avec des groupes de 18 personnes …

Oui c’est le détail qui tue : les accros du net sont plus déprimés que les autres car sur 1300 personnes volontaires pour répondre il a été trouvé 18 « accros au net » (13 hommes et 5 femmes) et qu’ils étaient -en moyenne- plus déprimés que 13 autres hommes et 5 autres femmes ayant la même moyenne d’age.

Il en faut peu parfois pour établir des « vérités » …

  1. et l’on sent bien que la télé donne la place avec une joie non feinte []
  2. je n’ai pas acheté le caractère typographique du sarcasme mais vous pouvez aisément, et sans trahir l’idée du texte, faire comme si vous en aviez vu un []
  3. ouch y’a pas à chercher loin pour biaiser []
  4. on rappelle que chacun a vu la pub et a envie de se faire sonder []
  5. je m’en serai voulu de ne pas mettre moi aussi un poncif facile sur internet []
  6. vous êtes convaincu j’espère maintenant ? []
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3 commentaires sur “La dépression des internet addicts”

  1. Pacotine dit :

    un autre fait marquant , c’est dans les cliniques qui soignent la dépression qu’on trouve le plus de dépressifs accro ou pas au net .
    Je tenais quand même à le dire parce que bon …. :D

  2. Fildeon dit :

    Et finalement parmi les gens dépressifs, la part d’accrocs au net est-elle plus ou moins importante que dans le reste de la population?

  3. Kara dit :

    Excellente question, l’étude ne le dit pas.
    Mais le paradigme c’est que le net est responsable, tout autre hypothèse est exclue.

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