Archive pour février 2010

On ne va pas en faire un film

Dimanche 28 février 2010

Le réalisme d’un film est il une qualité de celui-ci ?

Et jusqu’où doit aller ce souci de réalisme ?

On aurait pu penser jusqu’à présent que seuls les enfants pouvaient être troublés par les extravagances que certains scénarios1.

Mary Poppins peut-elle vraiment voler avec un parapluie ? Pourquoi Elliott le dragon ne mange-t’il pas Peter ? Alice est-elle droguée ? Autant de questions qu’un enfant ne se pose pas. En fait les enfants acceptent les univers magiques comme on leur les présente, comme un support d’histoire. Et si ils passent presque tous par une phase de pourquoiquisme aiguë, on peut se demander si au final ça ne leur permet pas de mieux apprécier les histoires pour ce qu’elles sont. Des émanations de l’imagination.

Quelles raisons ai-je de parler de ça ? En ce jour où j’aurais pu célébrer l’avènement de l’élément 112.

Et bien figurez vous que 2 nouvelles me mènent à en parler

Premièrement une étude montrerait que les films aurait de plus en plus tendance à suivre une courbe en 1/f pour la longueur des séquences. New Scientist en faisant même la recette du blockbuster. Ce schéma relèverait de la capacité d’attention et deviendrait de plus en plus suivi par les monteurs. Ok. Pourquoi pas. Je pensais naïvement qu’il suffisait d’un peu d’action, d’un peu de romance, du suspens, 1 ou 2 plans nichon, et qu’il n’y avait qu’à agrémenter cela de surnaturel, de police ou d’enfants suivant le public visé.

Je suis presque content de m’être trompé. En fait nous sommes nettement moins prévisible que cela et il semble qu’indépendamment du scénario il faille nous proposer un plan dont la durée ne dépasse pas celle pour laquelle nous sommes susceptible de rester attentifs…erf. Bizarrement maintenant exposé aussi crument je ne suis plus aussi certain que ce soit moins infantilisant.

Enfin le professeur Sidney ­Perkowitz a proposé à Hollywood un guide pour leur faire améliorer leurs scénarios. Il s’agit en fait d’éviter les abus coutumiers de la science fiction qui s’affranchit des règles élémentaire que la nature dans son infinie bonté a édicté afin de faire de l’univers un espace d’expériences tangibles et reproductibles. formulé de manière plus concise, ce pourrait être exprimé par « putin mais qu’ils arrêtent de nous pondre des trucs même pas réalistes d’abord ! « .

Concrètement les films n’auraient plus droit que de transgresser une seule loi majeure de la physique et devraient ensuite bâtir un monde en cohérence avec cette transgression. Quid des transgressions mineures et qu’est ce qu’une transgression mineure ? Qui se chargera de vérifier la cohérence des scripts ? Ça n’est pas dit.

Tout cela dans un but plus réaliste afin que le scientifique aussi, celui qui comprend de quoi qu’il cause le poste, puisse s’identifier et se laisser transporter dans l’univers proposé.

Liens Inutiles s’est posé la question de savoir ce que donneraient quelques films en version réaliste (cliquez dessus et la lightbox fera le boulot) :

1-Matrix

Tellement évident :

Un matrix réaliste

2-Indiana Jones

Quitte à être réaliste dans les manifestations des lois de la physique, on peut commencer par l’université :

Indiana en Vrai !

3-The Core Fusion

Si on enlève les approximations et erreurs dispersées au long du film, il devrait rester à peu près Germinal, le coté misérable en moins.

Hi Hi

4-Le jour où la terre s’arreta.

Le jour où pas

En fait un doute persiste quand au fait qu’il le soit ou non

Plus concrètement, je ne suis pas persuadé que brider l’imagination serait une bonne idée. Comme pour toute industrie c’est au consommateur de faire savoir ce qu’il veut, en aucun cas à un lobby prônant le respect de règles qu’il édicte lui-même et qui ne répondent qu’à sa volonté. La morale fut-elle scientifique n’a aucune légitimité à formater les loisirs. Quand bien même ce serait avec les meilleures intentions.

Sources :

  1. à propos desquels wikipédia vient de m’apprendre que je ne peux faire le malin en l’écrivant scénarii []

Wordpress

Samedi 27 février 2010

La mise à jour 2.9.2 de wordpress, en plus d’avoir foiré, a bouffé le magnifique CSS de ce site dont l’auteur dans sa grande naiveté n’avait pas de sauvegarde récente.

Toute modification graphique que vous pourriez constater est absolument non voulue.

/ouin

Les hommes sont encore des pervers

Lundi 22 février 2010

Oui, encore, et non les femmes ne sont pas perverses ELLES .

C’est bien connu ce sont toutes des princesses qui ne font ni pipi ni caca.

Que je hais ce sexisme dont fait preuve le féminisme. Affubler l’homme de qualificatifs méprisants, sans jamais y associer la femme pour ensuite revendiquer l’égalité me parait faire preuve à tout le moins d’hypocrisie, pour ne pas dire de malhonnêteté.

Je ferais volontiers un parallèle avec le racisme. Je trouve de plus en plus dérangeant que chaque réflexion qui est faite à quelque personnalité que ce soit doivent être passée au filtre des connotations racistes. Pour peu que demain il soit prouvé que les auteurs des études dont je vais parler appartiennent1 à une quelconque minorité et l’on trouvera à mes propos des relents racistes dont je ne saurais que faire.2

Bref, l’hypocrisie étant une science exacte, les hommes sont des pervers.En tout cas des études le prouvent de manière assez convaincante.

Dois-je développer ou me contenter de l’affirmer d’un ton péremptoire mais néanmoins affable à vous qui peut être me lisez ?

N’écoutant que mon courage et mon énorme envie de faire preuve de mauvaise foi et de sarcasme3, je vais développer en revenant sur 3 études récentes.

Les réactions masculines dépendent du physique

Contrairement à celles des femmes, les réactions de compassion des hommes dépendent du physique de la demanderesse.

Une étude a ainsi montré que la compassion féminine était constante tandis que celle de hommes était fortement corrélé au physique de la personne qui voulait en bénéficier. La conclusion est donc sans appel. Le physique conditionne la réponse masculine à la demande de compassion.

Un peu de sarcasme ? Oh oui ! Aucune conclusion, ni même aucun questionnement n’est ressorti du fait que, pour les hommes ou pour les femmes, le protocole était identique. A savoir, une femme, sous différents avatars allant du plus irréel au plus « organique » demande à un docteur (le rôle du panel) de ne pas parler à son conjoint de l’herpès génital que la femme avatarisé4 a contracté. Les effets d’identification, oubliés, la fameuse solidarité de genre, à la trappe, cela n’existe pas.

On préfère conclure sur le fait que le physique influence la morale et l’éthique masculine. Il est vrai que c’est aisé.

Même sans le voir le physique influence l’homme.

Ou comment justifier génétiquement la mode et les contraintes que la femme s’impose à elle même.

En effet une étude, sous couvert de prouver que l’homme n’est pas qu’un œil lubrique planté au dessus d’une turgescence a donc démontré que, tout comme le voyant, l’homme aveugle de naissance préfère les femmes ayant un faible ratio taille sur hanche (taille fine sur hanche large). Même si cette préférence est accentuée chez les voyants.

J’adore comment on assujetti l’aveugle aux dictats du physique. Et c’est tellement opportun pour rappeler aux femmes qu’elles doivent maigrir, non plus même pour plaire mais carrément pour se conformer aux exigences que la race a encré dans les gènes humains. Dès demain je peux prouver l’inverse, juste en modulant le vocabulaire employé pour demander aux gens de se placer…

En fait l’homme voit la femme comme un outil

J’exagère un peu là… enfin j’aimerais bien mais non.

L’étude de Susan Fiske, psychologue à l’ Université de Princeton ne laisse aucun doute.

Soumis à la vision de photographies d’hommes et de femmes vêtus ou court vêtus, les hommes hétéros5étudiés se sont mieux souvenus des photos de femmes en bikini (l’article précise même qu’ils se souvenaient mieux des photos des femmes en bikinis dont la tête avait été enlevée par ordinateur, je suis preneur de toute indication permettant de savoir si l’article signifie qu’ils se souvenaient mieux de ces photos par rapport à celles prises de femmes étêtées? (même si c’eut été glauque) par rapport à des photos avec tête ? si seules les femmes en bikini étaient ainsi raccourci ? ou si l’on veut juste faire remarquer avec toute la pédagogie qui sied à cette cause que l’homme est un animal monstrueux qui se contenterait d’un corps sans tête pour s’exciter ? ).

Si l’on me demandait à moi je dirais que le visage fourmillant de détails,et que le corps féminin suscitant de fait plus d’attention de la part des hétéros que le corps masculin, il est de fait plus facile de retenir l’image d’un corps féminin. Mais ce doit être ce même corporatisme qui m’est dénié dans la première étude qui me mène à dire cela.

Disposant d’un IRM6, Susan7 les a ensuite introduit8 dans l’appareil afin de voir si ces primates ont un cerveau et dans l’affirmative quelles parties clignottent.

Après visionnage de photos de femmes dénudées, il apparait que les aires du cerveau associées à l’empathie et la compassion se désactivent. Par contre celles associées à l’urgence d’agir s’activent de la même manière qu’elles le feraient à la vue d’une perceuse ou d’un marteau. Comme s’il fallait agir et utiliser. Comme si l’homme ne reconnaissait plus la femme comme un être humain.Proprement étonnant après lui avoir montré des femmes comme des objets…

Et si au final trouver du sexisme pathologique partout en était déjà un symptôme ?

Sources :

Merci à Pacotine pour l’image de conclusion :)

  1. car on « appartient » à une minorité…l’affranchissement ne restant le vœux que de doux timbrés []
  2. ayant déjà assez de travail à limiter les relents beaufistes []
  3. il faut vraiment que je fasse l’effort de me payer le signe de ponctuation []
  4. ce n’est pas un néologisme mais un pari sur l’avenir []
  5. c’est précisé, et puis c’est une étude sur le sexisme, tout le monde sait que les gays ne sont pas sexistes voyons, ou en tout cas que les hommes gays sont moins sujet par définition à voir les femmes comme des objets sexuels… []
  6. appareil permettant de faire de l’imagerie par résonance magnétique []
  7. tu permets que je fasse preuve de paternalisme ? après tout c’est une composante du sexisme []
  8. ne serait-ce que suggérer que cela répondait à une envie ancienne serait indigne de ce blog []

Un laser contre la malaria

Mardi 16 février 2010

La malaria est une belle saloperie. Une de celles qu’on ne combat que lorsqu’on a le temps vu qu’elle touche principalement les pauvres des zones tropicales1. Celle-ci est un tel fléau qu’elle a besoin d’un deuxième nom, on la nomme aussi paludisme. Le choix d’utiliser telle ou telle terminologie reste cependant la prérogative du mourant.

Car le palu on en meurt, et plutôt fréquemment. Entre 1 et 3 million de morts par an pour 500 à 900 Millions de malades … oserais-je faire un parallèle douteux avec une grippe récente ?

C’est donc avec une joie non dissimulée que sera probablement accueilli le vaccin, médicament, traitement, laser contre la malaria.

Un vieux problème

Depuis des années la lutte contre la malaria s’est faite … en dépit du bon sens. A coup de médicament tout d’abord, induisant assez rapidement des résistances et surtout en soignant les symptômes sans s’attaquer au vrai problème de toute maladie parasitaire : l’hôte vecteur.

Ce fut chose faite à partir des années 60, quand on commença à traiter de vastes zones au … DDT, polluant toxique très dangereux qui fut utilisé comme insecticide avant d’être interdit.

On assécha des marais, tentant de faire reculer les zones de prolifération des moustiques mais sans grands résultats.

On tenta aussi2 de distribuer des moustiquaires imprégnées d’antimoustique, avec un succès tout relatif.

En effet l’antimoustique (ou le répulsif) n’est pas permanent, et la réimprégnation n’était pas au budget. Par ailleurs le lavage d’une moustiquaire imprégnée présente plusieurs inconvénients aussi rédhibitoire que : perte d’imprégnation mais aussi transport des substances actives vers les zones de prolifération (aidant par la même la résistance des moustique) et déchirure du maillage de la moustiquaire. Effets on ne peut plus désastreux dans ce cas précis.

Ne parlons pas non plus de l’hérésie qu’il y a à aller distribuer des moustiquaires à des gens qui peinent à manger à leur faim ou à boire autre chose que de l’eau croupie… la charité s’inquiète bien peu de celui qui reçoit tant qu’elle soulage celui qui donne.

Une solution innovante

Fort de ces constatations, la fondation Bill & Melinda Gates a donc financé une méthode pour contrer le fléau que la malaria représente toujours.

Il est évident que dans les régions touchées, il faut une méthode pérenne, fiable, efficace, reposant sur des appareillages simples et peu couteux pouvant être entretenus par les autochtones.

Ces critères ont été pris en compte, pesés, sous-pesés, validés et il en est sorti : un laser à moustique …Pas de quoi arrêter le gin tonique pour l’instant.

Il peut tuer de 50 à 100 moustiques par seconde et peut différencier une mouche d’un moustique, voir même un moustique mâle d’un moustique femelle …

On ne doute pas que si ça n’aide pas à vaincre la malaria, une armée quelconque aura à cœur de le recycler.

Source : Physorg.com

  1. veillez à ne pas confondre un malade et un client ! []
  2. il me semble que cela se fait toujours d’ailleurs []

Rouleaux de Printemps

Dimanche 14 février 2010

Il neige (cet enfoiré ! ) mais c’est la Saint-Valentin, alors à défaut de sortir se surgeler un peu, cet aprèm a eu lieu un atelier cuisine.

J’ai dans l’idée depuis un moment de refaire le tuto sushi, ou au moins les photos car la conversion sur wordpress n’a pas aidé la mise en page. Mais aujourd’hui pour faire plaisir à Pacotine qui trouve qu’il fait bien trop froid pour manger des sushis, je me suis contenté de cuisiner des …Rouleaux de Printemps. Et si la dernière tentative avec carotte et lamelle de bœuf ou avocat et surimi (ne cherchez pas je ne l’ai pas conté ici) était un régale, nous nous contenterons cette fois ci de rouleaux de printemps au magret  de canard.

Les rouleaux de printemps on s’en fait tout un monde, les asiatiques vendent ça hors de prix et pourtant, pourtant, …bon ok le sushi reste plus simple à faire j’avoue… Mais là n’est pas la question.

Les ingrédients :

en image

Les ingrédients en vrac

La feuille de Teflon ®©:Þ est un must have pour se poser et cuisiner.

(pour ceux qui se demande la feuille de riz est à tamponner avec un torchon imbibé d’eau)

Et quelques roulages plus tard (roulages qui se révèlent bien plus faciles si vous avez pris le grand format des feuilles…)

Le résultat:

Un ptit tas de Rouleaux de printemps

Reste le plus difficile : attendre le repas du soir pour les manger …

Le temps des amours … en équation

Vendredi 12 février 2010

Ça ressemble à une vaste blague, et il faut avouer que ça l’est peut-être tant le timing est bon et l’explication évasive.

Un professeur de mathématique australien1 publie la Formule de la Fiancée.

Cette formule vous donne l’age optimale auquel faire votre demande en mariage et vous marier.

Il suffit pour cela de soustraire l’age auquel vous avez commencé à penser à vous caser de l’age limite que vous vous imposez. Multipliez le résultat par 0.368 et ajoutez le à votre age minimal. Vous obtenez l’age auquel vous allez vous marier.

L'amour vu par des bics !

Simple, efficace, universel.

On ne sait absolument pas à quoi correspond le 0.368 mais que serait l’amour sans un peu de mystère ?

Ne vous inquiétez pas non plus si votre promis(e) n’obtient pas la même année. Il parait que c’est efficace à 40%, ça laisse un petit 60% d’échec tout à fait acceptable. Et puis ce n’est peut-être tout simplement pas le (la) bon(ne).

Romantisme…

Anthony Dooley à qui le monde doit cette formule semble bien convaincu que personne n’acceptera ou ne refusera une demande juste parce que sa formule le prédit. Par contre il semble assez conscient que « la formule de Dooley a dit que tu devais m’épouser » est très très loin d’être le comble du romantisme.

Mais après tout qui sait ? A la Saint-Valentin tout est possible …

Source : News.com.au

  1. en fait qu’il soit australien ne change rien []

A Journey through Black Humor

Mercredi 10 février 2010

J’avais déjà parlé de Anders Thomas Jensen dans ce billet où je faisais le parallèle entre ses films et les films asiatiques.

Nous avions vu à l’époque Adam’s Apples et Les bouchers verts.

N’en doutez pas ce sont deux films à voir. Des univers à eux seuls. Des mondes où la folie des uns fait tourner et justifie la vie des autres.

Si Adam’s Apples explorait directement la folie/religion et le rapport du bien au mal, on peut voir les bouchers verts comme une exploration de la morale et du rapport du bien au mal. Le rapport bien/mal est il forcément le corollaire de la religion ou de la morale ? Y’a t’il même une relation objective entre les deux ou bien est-ce l’histoire et le point de vue narratif qui crée cette relation ? A vrai dire ça a peu d’importance.

Le point est la capacité de Anders Thomas Jensen de nous faire partager la folie de ses personnages sans qu’on parvienne à les trouver illogiques. Car c’est un de ses points forts, rien de ce qui arrive n’est exagéré, on se prend à voir les décisions et les cheminements des personnages comme des suite parfaitement légitimes des descriptions qui en sont faites. Et cela malgré des énormités qu’aucun réalisateur français ne se permettrait1.

A Journey through Black Humor de Anders Thomas Jensen

La récente faillite d’une chaine de magasin belge nous a permis de profiter à bas prix du coffret dvd collector de Anders Thomas Jensen: A Journey through Black Humor

Nous avons donc pu voir Flickering Lights, où Anders Thomas Jensen assume encore les rôles de Scénariste et de réalisateur. Sa fiche sur l’internationale movie database montrant à quel point le scénariste est prolifique et le réalisateur rare me mène à croire qu’il se garde les meilleurs pour lui et qu’il refourgue les autres. Le décevant Wilbur wants to kill himself n’ayant pas réussi à m’ôter ce préjugé.

Des trois que nous avons pu voir, Flickering lights est le premier et précède les bouchers verts de 3 ans. Si l’on considère Adam’s Apples comme le meilleur alors normalement on en vient a penser que FL2 doit nécessairement faire partie de ces oeuvres incomplètes qui marquent un génie en devenir; ce n’est pas le cas.

Ce ne sera pas une grosse surprise mais le film est excellentissime. Les protagonistes sont consistants, réalistes et crédibles à la fois dans leur histoire et dans leur devenir. Le scénario lui aussi est crédible. Après tout des malfrats qui rèvent de se ranger et qui en prennent conscience en vieillissant, ça n’a rien de choquant.

Le plus difficile à accepter restant peut être le tempérament grégaire des personnages, mais le développement rend ces comportements parfaitement naturels.

Et si les histoires en elle mêmes ne suffisent pas à vous donner envie de les voir, le jeu des acteurs devrait vous en convaincre; notamment les prestations de Mads Mikkelsen et Ole Thestrum.

Mad Mikkelsen en curé dans Addam's Apples

Mads Mikkelsen

Difficile de voir les 3 films d’Anders3 sans remarquer à chaque fois Mads Mikkelsen et l’étonnante prestation qu’il livre. Certains acteurs semblent avoir du mal à sortir de certains types de rôle. Pas lui. Définitivement pas.

Il était le prêtre de AA, tellement gentil et naïf qu’il contaminait son monde et propageait une bonté qu’il faisait exister par sa seule volonté. Il était le boucher sociopathe complexé de LBV celui qui ne pouvait pas être largué car ça allait être la saison des côtelettes4 ! Et bien c’est le même qui assume parfaitement un rôle de truand violent complètement cinglé dans FL5.

Il apparait dans tous les films d’Anders, le choix du cœur ou du talent ? Impossible de le savoir, ce pourrait être du cœur vu qu’il est pour la première fois apparu en 96 dans un court mettrage dont le scénariste etait … Anders, et que ce parcours l’a même amené à reprendre le rôle du Chiffre (le méchant de James Bond, Casino Royale)

Ole Thestrup dans les Bouchers Verts

Ole Thestrup

Lui aussi est dans tous les films d’Anders. Si ses rôles sont moins importants que ceux de Mads, il n’en reste pas moins une source de jubilation intense lorsqu’il apparait à l’écran.

Dans AA, c’était le gentil médecin diplomate, aux dialogues ciselés, tellement peu doué pour l’empathie et les conventions sociales. Un rôle magnifique dont on peut juste regretter, une fois le film terminé, qu’il n’ait pas été plus développé.

Dans LBV il était le concurrent patron, celui au final par qui tout arrive. Une sorte de Deus Ex Machina qui, simplement par ses défauts, fait avancer l’histoire.

Dans FL enfin, il est le gentil chasseur frustré, celui qui aurait aimé tuer des humains mais qui n’a jamais vu l’occasion se présenter6. La partie de chasse qu’il organise avec Mads est tout simplement hallucinante.

Je m’aperçois que je vais clore le billet sans même expliquer Flickering Lights ou donner envie de le voir.

Comment dire ? …

Prenez une bande de malfrats, dont un « vieux », un drogué, un boulimique7, un violent. Mettez les dans la forêt en les occupant à retaper une auberge et à creuser la terre à la recherche de bière. Entourez les de locaux aussi frais et sympathiques qu’eux. Mettez leur un vrai méchant aux trousses. Laissez mariner le temps que chacun se rappelle comment il en est arrivé là. Servez.

Appréciez !8

Non, vraiment, Pacotine et moi sommes définitivement fans.

De quoi passer quelques bonnes soirées.

Ah, et vu le prosélytisme que je mets à défendre ses films, je précise que je ne suis pas payé, mais que j’aimerai vraiment qu’il perce dans les pays francophone pour que les traduction et/ou sous titres proposés par les éditeurs soient de meilleurs qualité, bien que ça soit déjà très correcte.

Et je ne résiste pas à vous remettre la magnifique affiche de Adam’s Apple

L'affiche de Adam's Apple (clickez pour voir en grand)

Lumières dansantes

  1. ne vous y trompez pas, ce n’est pas un compliment []
  2. oui je vais abréger []
  3. je parle là de FL, les Bouchers Verts (que j’abrègerai désormais LBV) et Adam’s Apples (AA) []
  4. si chacun peut choisir ses arguments pour sauver son couple, il faut avouer qu’au moins celui ci est original []
  5. la toute première scène avec le camion est à ce titre très très surprenante []
  6. sic []
  7. enfin pas vraiment mais le plus dur dans son rôle a du etre de recommencer à manger à chaque prise de chaque scène dans laquelle il apparait []
  8. et l’absence de trailer n’est pas pour attiser votre envie mais bien parce qu’il est introuvable []

La dépression des internet addicts

Vendredi 5 février 2010

Cause principale mais sous estimée de dépression du geek

Attention, veuillez éteindre vos ordinateurs et reprendre une activité normale.

Depuis quelques jours une news scientifique est reprise de manière généraliste.  Comme toujours c’est un festival d’approximation et oserais-je dire de désinformation.

Nous avons déjà connu la violence à la télé comme cause et influence probable de violences réelles. Depuis quelques années, ce sont les jeux vidéos qui sont à cette place d’accusé1.

Une nouvelle étude statistique vient donc en rajouter une couche sur le danger social d’internet, ce bien connu repère de nazi pédophiles mafieux pornographes !2

Il semble désormais que, si l’on en croit certaines généralisations très opportunes, le net conduise à la dépression.

Une étude statistiquement probante ?

C’est très simple, vous recrutez un panel sur internet3 grâce à des pubs sur des sites de socialisation (oui donc là déjà le panel c’est un groupe de jeunes passant du temps sur les sites de socialisation, ayant vu la pub et ayant l’envie de répondre à l’étude).

Vous demandez a votre groupe de préciser ses habitudes en matière de consommation de net4 et vous faites des stats, et vous vous apercevrez de la même chose que ces chercheurs.

Pour commencer les « accro au net » passent proportionnellement plus de temps que les autres sur les sites de q, sur les réseaux sociaux et sur les jeux en ligne.  On se doutait bien que pour être qualifier d’accro il fallait y passer plus de temps, mais on pourrait tout aussi bien y voir que les non-accro ne se servent d’internet que dans un but informationnel de recherche/transmission de données.

Il apparait en fait que ces jeunes internet addicts présentent des signes de dépression. Ok c’est possible, après tout leur vie réelle est suffisamment triste5 pour qu’ils cherchent du réconfort sur le net alors c’est normal qu’ils dépriment, surtout si un chercheur leur met ça dans la figure.

La preuve est là où on la cherche

La preuve est flagrante tout de même: ces jeunes d’une moyenne d’age de 18.3 ans (la moyenne d’age sur toute l’étude est de 21 ans) sont plus déprimés qu’un autre groupe de jeune témoin non accros. Pour la validité de la preuve, le groupe témoin a la même proportion hommes/femmes et la même moyenne d’age6.

Catégorie sociale ? Relation ? Études ? Situation financière ? Cadre de vie ? Ne cherchez pas ça n’a pas été pris en compte. Déduisez en que ça n’a objectivement aucune incidence sur la dépression ou  qu’on fait ce que l’on peut avec des groupes de 18 personnes …

Oui c’est le détail qui tue : les accros du net sont plus déprimés que les autres car sur 1300 personnes volontaires pour répondre il a été trouvé 18 « accros au net » (13 hommes et 5 femmes) et qu’ils étaient -en moyenne- plus déprimés que 13 autres hommes et 5 autres femmes ayant la même moyenne d’age.

Il en faut peu parfois pour établir des « vérités » …

  1. et l’on sent bien que la télé donne la place avec une joie non feinte []
  2. je n’ai pas acheté le caractère typographique du sarcasme mais vous pouvez aisément, et sans trahir l’idée du texte, faire comme si vous en aviez vu un []
  3. ouch y’a pas à chercher loin pour biaiser []
  4. on rappelle que chacun a vu la pub et a envie de se faire sonder []
  5. je m’en serai voulu de ne pas mettre moi aussi un poncif facile sur internet []
  6. vous êtes convaincu j’espère maintenant ? []

Science des évidences

Mercredi 3 février 2010

Les Nuls - La mouche qui pète

La science, ce sont avant tout des hommes et des femmes qui cherchent … nous disaient Les Nuls.

Et des fois ils trouvent. Et quand ils trouvent, tout un tas d’autres gens se mettent à chercher eux aussi. Ces autres gens cherchent 2 choses .

  1. A vérifier si ce qu’ont trouvé les premiers est répétable et vrai.
  2. Quel pourrait être le débouché commercial d’une telle découverte.

La quantité d’équipes de recherche de la première catégorie indique à la fois la portée et la surprise que la découverte a suscité. La seconde catégorie est liée à la portée de la découverte.

Fort de ces informations, vous êtes maintenant en mesure de déterminer vous-même le nombre d’équipes qui ont bouleversé leurs plannings, annulé leurs vacances, modifié leurs angles de recherche, commencé des études prospectives, ouvert des bourses de thèse lorsque le séisme qui va vous être révélé dans le prochain paragraphe leur a été connu.

Ok j’avoue je fais durer le suspens, mais franchement une découverte de cette importance mérite bien un petit teasing ! Je devrais même rajouter un saut de page avec une pub au milieu.

Richard Ryan, professeur de psychologie à l’Université de Rochester (je mettrai le lien en annexe pour ceux qui voudraient postuler comme maître de conf, doyen, ou que sais-je) a conduit une étude publiée par le Journal of Social and Clinical Psychology (je mettrai aussi le lien, pas sur qu’ils aient besoin de grand monde au comité de lecture pour ça mais on ne sait jamais.)

Selon cette étude menée sur un panel représentatif de lui même de 74 adultes âgés de 18 à 62 ans… les travailleurs sont plus heureux le week-end… et c’est indépendant du niveau de responsabilité du travail…

Et en plus … c’est tout !

Dans un soucis de précision je vous livre les mots de Richard :

Workers, even those with interesting, high status jobs, really are happier on the weekend.

Merci les gars, n’oubliez pas de publier un livre afin que ça reste dans les mémoires.

J’ose espérer que ce n’est pas la conclusion de 3 ans de thèse d’un universitaire qui nous est présenté là…

Sources:

Liens:

Si l’homéopathie ne soigne pas, elle peine à tuer

Lundi 1 février 2010

Le 30 Janvier 2010 plus de 300 personnes se sont suicidées, ce geste fort devait servir à prouver leur théorie, à dénoncer l’imposture de l’homéopathie.

Un truc sympa avec les remèdes ancestraux, c’est qu’ils s’appuient sur des croyances ancestrales, elles mêmes véhiculées depuis des siècles par nos aïeux.

Ainsi en est-il des superstitions. Ainsi en est-il des « recettes de grand-mère ».

Quelques fois, ces superstitions sont fondées. Souvent elles sont fausses ou dangereuses. Et quelques fois des hommes mettent leur vie en jeu pour le prouver. Cela n’est pas forcement aussi dramatique que le « Et pourtant elle tourne ». Dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui cela se rapproche même plus de la comédie que du drame.

300 personnes ont donc tenté de se suicider par overdose d’homéopathie. Il n’est même pas sur que vous en ayez entendu parler et c’est une preuve de plus à leur crédit.

Les lois de la publicité sont ainsi faites qu’avoir raison leur a donné tord. Ils avaient raison, l’homéopathie n’a pas d’effet autre que le placebo; et comme parmi eux personne n’était dupe, personne n’est mort. Les médias n’ont donc rien eu à promouvoir puisqu’il ne s’était rien passé. On envoie pas une armée de reporters filmer des gars qui gobent des pastilles de sucre !

Les 3 principes de l’homéopathie

Homéopathie

Homéopathie...

  • Similitude : La guérison est censée venir d’un produit apte à provoquer les mêmes symptomes que ceux qui sont combattus. Cette caractéristique est souvent comparée à un vaccin contre ce symptôme.
  • Adaptation : Forcer l’interférence d’un homéopathe dans l’homéopathie pour adapter correctement cette médecine au patient ? Rappelez moi, les homéopathes sont payés en cas d’auto prescription ? Non ? Ho ? Alors oui adaptons !

J’avoue je suis de mauvaise foi en critiquant ce principe là. Ce principe est évidemment le plus inattaquable, celui qui donne caution à toute la théorie. Dommage que les gélules toutes prêtes en fasse le seul non respecté.

  • Dynamisation: Entre chaque dilution, la solution doit être secouée énergiquement.

Selon toute probabilité, il y a de grande chance que pour un principe actif donné, sa concentration dans l’océan soit plus grande que dans vos billes homéopathiques.

On peut se le faire prescrire ?

Les préparations homéopathiques vont jusqu’à des dilutions de 30 CH1. Est-ce un effet de mon esprit critique mais je ne parviens toujours pas à savoir où vont tous ces volumes. Le CH correspond en effet à une dilution au centième (en volume). Le mode opératoire précise que l’on doit diluer au centième, 1CH, puis dynamiser la solution avant de recommencer une dilution au centième pour arriver à 2CH, et ainsi de suite jusque, quelques fois, 30CH.

Je ne m’amuserai pas à vous calculer les volumes que représentent la dilution d’une goutte à 30CH. Par contre je m’interroge, d’une goutte de teinture mère, j’obtiens 100 gouttes à 1CH soit, c’est encore un volume aisément manutentionnable2, vu le nombre de dilutions restant à effectuer je ne prendrai qu’une goutte de cette solution et ainsi de suite durant très longtemps. Que fait l’industrie homéopathique de ces solutions surnuméraires ? Il faut bien qu’elles deviennent quelque chose, le volume finit par être tel que juste garder des cuves ne parait pas viable.

Wikipédia nous informe qu’une dilution de 9CH correspond à 1.32M³dans les océans de la planètes. Un rapide calcul montre donc que 12CH correspond à 1.32mL dilué dans les océans. Où sont les gigantesque cuves de l’industrie de l’homéopathie dans lesquelles elle stock les différentes dilution ? Et que fait elle des eaux de rinçage de ces cuves ?3

L’efficacité de l’homéopathie est proportionnelle au nombre de personnes qui y croient parmi celles chargées de vérifier cette efficacité.

Bien qu’aucune preuve de malversation, de triche ou d’autre forme de manipulation n’aient jamais pu être prouvée, l’efficacité de l’homéopathie, dépend en grande partie de la foi de ceux qui la démontrent. Cette caractéristique est partagée avec la théorie de la mémoire de l’eau4, qui auraient pu être une justification de l’homéopathie si …la plupart des traitements homéopathique n’étaient proposés sous forme de pastille de sucre plutôt qu’en solution. Et si le principe de similitude relevait effectivement de la médecine …

L’homéopathie n’est pas dangereuse par elle-même. Seul un surdosage chronique et démesuré est à même de provoquer … du diabète ? Ce qui est dangereux,  et c’est ce que cette campagne d’overdose par homéopathie devait faire comprendre, c’est de faire croire que l’homéopathie a un réel effet. Car des gens croient se soigner avec ça. Quel intérêt d’aller prendre des médicaments ayant des risques d’effets secondaires quand l’homéopathie peut guérir sans aucun de ces aléas qu’impliquent les thérapies modernes.

A noter que symboliquement ce suicide a eu lieu a 10h23, 6×1023 étant le nombre D’Avogadro. C’est le nombre d’atomes ou de molécules dans une mole5 de produit (la fameuse masse molaire étant la masse de cette mole de produit). Ce nombre est symbolique pour les opposant de l’homéopathie de par son existence même. Si vous avez 5 molécules dans un verre d’eau et que vous diluez d’un facteur 10 pour reprendre un verre d’eau… vous n’avez pas une demie molécule dans le verre. En fait à cause des parois de votre premier récipient qui vont en garder un nombre impossible à déterminer, il y a de grandes chances qu’il ne reste rien dans votre verre. A 12CH vous diluez déjà d’un facteur 1024. Il y a toute les chances que vous n’ayez aucune molécule dans la solution.

Heureusement que l’effet placebo est puissant…

Les gens malades essaient de se soigner par l’homéopathie, les gens sains essaient de mourrir par l’homéopathie, sans plus de résultat pour les uns que pour les autres.

Et c’est tant mieux

Sources :

Pour en savoir plus

  1. centésimale hahnemannienne []
  2. la différence allant de 20 à 60% je précise que j’utilise la goutte métrique de 50mm³ []
  3. Je suis un optimiste, je ne peux croire que ces eaux sont relarguées … ce serait de l’inconscience … non ? []
  4. je ne peux que vous encourager à lire l’histoire de la mémoire de l’eau, mémoire qui est heureusement transmissible par radio… []
  5. la mole étant par définition la quantité de matière contenue dans 12g de carbone 12 (le carbone normal avec 12 nucléons, l’isotope stable majoritaire) []