Archive pour octobre 2009

La femme est un animal comme les autres

Samedi 10 octobre 2009

En matière d’anthropologie, il est une chose qui fait sourire l’athée et froncer les sourcils à celui qui pense avoir été créé par Dieu, c’est la démonstration, de plus en plus fréquente, que l’espèce humaine se comporte comme n’importe quel autre animal.

Et pour en rajouter une couche, il est une chose qui fait sourire le brave type et froncer les sourcils à toutes les féministes, c’est le rappel, de plus en plus fréquent, que la femme est effectivement l’égale de l’homme, point sa supérieure.

saucisse.jpgJusqu’à présent le meilleur moyen d’énerver les deux restait grosso modo l’image de droite

Alors si d’un coup l’on nous sert que la femme est un animal, comme l’homme, il y a de quoi froisser plus d’une susceptibilité, c’est moins vulgaire, et un poil (pour l’instant du moins) plus original.

L’homme un animal ?

L’homme répond a ses instincts, à ses hormones, à ses envies, conscientes ou inconscientes, et bien que la religion et la morale tentent de juguler cela, il n’y a toujours qu’un bon tiers de la fameuse trinité moi/surmoi/ça qui a droit à la parole. La psychanalyse n’a fait que renforcer ce que la biologie, le bon sens, et surtout le cynisme martelait inlassablement. L’espèce humaine est une espèce animale qui descend du singe et s’y agrippe encore dans certaine parties de son comportement. La notion consolatrice de « morale » en est contrairement aux opinions, plus une preuve qu’une dénégation. On ne stigmatise pas quelques chose qui n’existe pas, si la morale existe pour nous éloigner des comportements par trop bestiaux c’est parce qu’il appartient à l’inclinaison naturelle de l’homme de s’y adonner[1].

La femme est un homme normal.

Il fallait bien s’y attendre; à force de répéter sans fin que la femme est au moins l’égale de l’homme voir même un peu plus. Et que l’homme n’est qu’un animal bestial régit par sa biologie et sa chimie. Bref à trop ressasser que l’homme a son esprit au service de son corps quand la femme est maitre de ce dernier, ce que devait arriver arriva, les scientifiques se sont emparés de cette idée reçue pour voir si elle avait un quelconque fondement. Et une claque sur le fondement fut donnée aux créatures bénies.

femme_robot.jpg

La femme répondait déjà à son inconscient.

Étude après étude, on en apprenait plus sur la nature des volontés cachées qui animaient nos intentions et qui motivaient nos actes. D’un animal que son inconscient torturait, nous sommes ensuite devenu une espèce régie par des stimuli aussi variés que dérangeants. Ainsi, nous répondons aux phéromones, comme le papillon, nous sommes sensibles aux émanations hormonales de nos semblables et c’est une des raisons du succès des boîtes de nuit (fais comme tout le monde et lève les bras, diffuse tes phéromones…). Nos humeurs sont dictées par la météo, par le bruit, par l’environnement en général. Et bien que l’on perçoive généralement bien ce qui nous énerve ou nous rend triste,on veut se convaincre que nos émotions sont une donnée fondamentale de notre personnalité, bien loin de répondre aux sollicitations extérieures. D’ailleurs nous différencions émotions et humeurs.

Mais si finalement, loin d’être aussi représentatives que cela, nos émotions n’étaient rien de plus qu’une construction mentale. une projection d’un nom sur un phénomène encore plus profond qui dicterait notre conduite ?

La pilule agit en douce

C’est la conclusion à laquelle cet article de newscientist nous mène.

Des études semblent en effet montrer que les femmes préfèrent normalement les hommes aux traits masculins (pour celles qui préfèrent les hommes évidemment) et dont les complexes majeurs d’histocompatibilités sont très différents des leurs (ce sont les défenses immunitaires). Pour la bonne forme nous rappellerons que ces études ne sont pas, pour l’humain, menées comme chez la souris. Il n’est évidemment pas question de mettre un groupe de femme en présence d’un groupe d’homme sous l’œil scrutateurs de scientifiques en blouses et de compter le nombre de coïts rapportés aux caractéristiques des participants. Ces études sont purement statistiques et se basent sur les couples préexistants ou les volontés affichées de couple (lequel est le plus séduisant ? qu’est-ce qui vous plait chez un homme ? …).

Détail troublant, les goûts et préférences féminines varient en fonction de leur propre niveau d’hormone, changeant leurs facteurs d’attirance en fonction du rythme de leur cycle.

Alors que l’on pensait donc que seule la chimie de l’autre modifiait nos sentiments et que seules les phéromones du possible partenaire influaient nos choix, ce qui était encore peu ou proue compatibles avec la notion de libre arbitre « il plait parce qu’il… » voilà que se profile une autre direction de recherche, plus centrée mais surtout plus « déresponsabilisante » « il plait parce que j’ai tel level d’hormone dans mon sang ». Et si une partie de la gente féminine peut encore se rassurer en se disant que son taux d’hormone, c’est une caractéristique de soi, que devraient penser celles qui prennent la pilule.

Par cet acte que l’on leur a décrit comme créateur de liberté, elle aliènent en fait leurs niveaux hormonaux sur celui dicté par le petit cachet, et sans le savoir, lui confie leurs futurs choix matrimoniaux.

La femme est donc esclave de sa chimie, tout comme l’homme, mais son maître à elle est infiniment plus versatile… jusqu’à ce qu’elle prenne la pilule.

L’article qui s’attache à la chimie féminine fait néanmoins une incursion virile, je cite tellement c’est beau

As a general rule, men tend to desire women with features that suggest youth and fertility, including a low waist-to-hip ratio, full lips and soft facial features.

Voilà c’est désormais un fait scientifique, l’homme préfère les femmes jeunes et belles, féminines et douces. Vive la science.

Les féministes pourront donc se rassurer à peu de frais, la femme est un animal comme les autres oui, mais un animal nettement plus évolué et compliqué que l’homme.

Source :

Notes

[1] Je recommande la lecture de « Le Singe nu » de Desmond Morris pour vous en convaincre, où il montre avec brio que nombre de nos plus beaux sentiments ne sont dictés que par la pression évolutive

Les nobles Ig Nobels 2009

Vendredi 9 octobre 2009

A l’heure où le monde se partage entre incrédulité et enthousiasme concernant le prix Nobel de la paix attribué a un président en fonstion d’un pays en guerre, il apparait nécessaire de faire un léger retour sur les Ig Nobel de cette cuvée 2009.

Les catégories ne recoupent pas celle de l’illustre Nobel mais dénotent un intérêt certain pour la chose scientifique, et tout comme lui récompensent aussi bien les recherches théoriques que pratiques.

Alfred NobelAinsi ont été décernés:

Ig Nobel de la Paix:

à des suisses (comme quoi …) pour avoir montré expérimentalement que des bouteilles de bière vides constituent des armes plus efficaces que des bouteilles de bière pleines. On devine sans peine que l’ambiance au labo devait être assez spéciale.

Ig Nobel de Chimie:

à des mexicains qui sont parvenus au terme de longs efforts et d’une abstinence remarquable, à transformer de la tequila en diamant. Même si cela peut paraitre stupide, l’article de futura-sciences.com qui expliquait cette découverte l’an dernier témoigne en fait que cette méthode est loin de l’être. Elle permet en effet des revêtement diamant bon marché, pour peu que les ouvrier ne volent pas la matière première…

Ig Nobel de Physique:

décerné à 3 chercheurs américain qui ont enfin répondu à l’éternelle question que tout le monde quelques uns eux même se posent, à savoir : « pourquoi les femmes enceintes ne jouent pas les culbutos et par quel miracle tiennent-elles debout ? »

Ig Nobel de Médecine:

à un californien qui a prouvé, grâce à 60 ans de pratique, que faire craquer ses os cause de l’arthrite. Tout le monde le savait, il l’a prouvé.

Ig Nobel de Littérature:

pour la police irlandaise, qui remplit consciencieusement les contravention de Mr Prawo Jazdy, ressortissant d’origine polonaise.

Mais affranchi des quelques catégories posthumes voulues par Nobel, le comité a accordé d’autres prix.

Ig Nobel de Médecine Vétérinaire:

Des anglais ont prouvé, démonstration à l’appui que les vaches qui ont un nom font plus de lait que les autres. On attend toujours de savoir si elles ont un nom parce qu’elles font plus de lait ou l’inverse.

Ig Nobel de Biologie:

Une équipe japonaise a montré que des bactéries issues d’excréments de pandas géants pouvaient réduire de 90% la masse des déchets de cuisine. Lavoisier nous ayant appris que rien ne se perd, on peut donc supposer que la masse manquante, loin d’être de la matière noire, est devenue gazeuse… les matières décomposées étant organiques on imagine que cela sera fait en usine et que les gaz ainsi récupéré alimenteront une quelconque centrale et permettront de produire énergie et chaleur. De toute façon l’autre alternative est que les poubelles japonaises sentent le pet de panda …

Ig Nobel de Santé Publique:

Une équipe de chicago a eu l’idée qu’un soutien-gorge ferait un bon masque à gaz biplace, ou que 2 masques à gaz pourraient faire un bon soutien-gorge. Cette idée mise en pratique a donné un soutien gorge fonctionnel qui ravira les fétichistes …et leur a valu un prix.

Ig Nobel de Mathématique:

Le gouverneur de la réserve bancaire du Zimbabwe a eu la brillante idée de faire imprimer des billets pour permettre à ses concitoyens de payer leurs achats. La fourchette des prix à payer est très large ? Qu’à cela ne tienne, les billets ont des valeurs faciales de un centime à cent mille milliards de dollars. Il faut dire qu’il fait ce qu’il peut, le pays ayant 2 000 000% d’inflation

Ig Nobel d’économie:

Récompense les dirigeants de 4 banques islandaises, qui ont démontré avec brio que des banques peuvent très vite enfler, et redevenir petites.

On notera à l’heure des reformes de la recherche que tous ces travaux (du moins pour les recherches) ont bien évidemment fait l’objet de publications…

Ces recherche sont malgré tout la preuve que la recherche n’est pas si déconnectée de la réalité que l’on veut bien le laisser croire et que ses domaines d’application sont bien moins abstraits et bien plus proches du monde que l’on nous le donne à penser.

Sources :