Archive pour août 2009

Vous ne pouvez pas prouver que dieu n’existe pas, alors payez petites gens disait tele2

Lundi 31 août 2009

tele2.jpgC’est en substance ce que tele2 (le belge, le kpn télé2) vient de nous cracher à la figure.

Notez que l’on ne voulait pas les embêter hein … juste avoir le net et le téléphone. Mais il faut croire que c’était sacrilège et qu’on les a blessé dans leur amour propre financier.

Pensez donc, on a osé réclamer avec véhémence ce pourquoi l’on payait.

Le début de l’histoire avait déjà tout pour basculer au cauchemars

Pour remettre l’histoire sur de bonnes base cette phrase

« Mercredi matin l’empereur est enfin venu avec ses pinces et a pu vérifier que la ligne n’était pas bonne puisque belgacom n’avait rien branché correctement. Nous sommes bons pour un technicien belgacom… » ce mercredi là était le 24 juin. Le lundi d’avant était donc le 22 (quand le technicien n’est pas passé) je le précise car ça a son importance.

Donc suite à cela et vu que l’on a enfin fini par avoir internet en fin de semaine mais toujours pas le téléphone, nous nous sommes renseigné. C’est magique de se renseigner pour quoi que ce soit chez tele2. Soit c’est une roulette soit le hasard est un sacré farceur mais plus le problème est compliqué moins le hotliner parle français [1]

Bref ne voyant rien venir coté téléphone on va se plaindre plusieurs fois en boutique. Et agacé, le vendeur finit par appeler devant nous le service qui lui confirme et nous confirme que nous ne paierions rien avant que la ligne ne soit complètement active. Nous sommes donc soulagé et tentons de prendre notre mal en patience.

Le 13 juillet en partant en vacance nous n’avions toujours pas le téléphone, le 27 en revenant de vacances nous n’avions toujours rien. Après un énième appel, cela semble enfin se débloquer et l’on a miraculeusement le téléphone. On demande donc confirmation que notre facturation ne débute que maintenant, comme nous l’avait indiqué la boutique sur confirmation de leur propres services. Et l’on retombe en enfer.

Déjà le technicien qui vient de nous appeler pour vérifier si le fixe fonctionnait ou non ne peut pas nous passer le service capable de nous confirmer ce fait. Ensuite le dit service tout emprunt d’une morgue et d’une mauvaise foi qui lui sera désormais caractéristique nous assène que « non » rien n’est marqué dans le dossier et que oui la boutique les a bien appelé a cette date mais que rien n’est marqué et que donc elle n’était pas autorisée a nous dire cela et point.

Après râlage à la boutique, mail de leur part (la boutique vers la maison mère) et coup de téléphone de la mienne au service clientèle un responsable finit par me dire qu’il va enquêter dans le service pour savoir qui a eu l’outrecuidance d’annoncer cela sans autorisation. Que bien évidemment c’est faux et l’on peut s’assoir dessus, que l’on sera facturé pour tout le mois de juillet puisque l’on avait le net mais que nous pouvions nous rassurer, ils sont assez gentil pour comprendre que c’est ridicule et ils acceptent donc de ne pas nous facturer les communications de la période pendant laquelle nous n’avions pas le téléphone[2].

hotliner.jpg

Le responsable du service clientèle (l’un des 4, on en apprend des choses en passant ses journées à tenter de ne pas être pris pour un pigeon) finit par gracieusement nous offrir 5€ de communication et l’on croit que cela va s’arrêter là …

Grosse erreur, big mistake, la même chose en allemand si vous parlez allemand.

C’est à ce moment là que l’on reçoit la facture du mois de juillet et que l’on se voit réclamer 99€ de technicien. Ni une, ni deux on part à la boutique [3], on leur explique le problème, ils conviennent avec nous que le problème ne venait pas de nous et que nous n’avions pas a payer le technicien. Le service commercial de tele2 kpn est loin d’être de cet avis. Et nous facture non pas le technicien qui est passé vérifier que le problème venait d’eux mais … le technicien qui n’est pas passé, celui que Pacotine, une de ses amies et moi avons attendus toute l’après midi avant justement d’aller nous plaindre de son absence malgré le rendez-vous. Celui pour lequel on nous avait demandé un numéro de portable et qui n’a jamais appelé. Bref celui qui nous a fait perdre une après midi. Ben ce technicien là, celui qui n’est pas venu et n’a rien fait, il est payant, et pas rien hein, le monsieur coute un bras, pas moins de 99€ !

Suite à cela: râlage de notre part, mail de la boutique au siège pour confirmer que l’on a bien été se plaindre de ne pas avoir vu de tech, mail de notre part pour contester la facture, recommandé pour le même motif.

Bizarrement, le responsable du service commercial voulait un justificatif comme quoi nous etions là. Nos déclarations, et le mail de la boutique n’y ont peut-être pas suffit car il devait voir le dossier et n’a jamais ni rappelé, ni emailé … bref aucun suivi. Un responsable administratif avait demander de contester officiellement afin de pouvoir ouvrir une enquête interne et il avait promis de superviser personnellement le dossier… jamais eu de nouvelles… Enfin aujourd’hui après passage par le service commercial, qui me confirme que mon dossier a été passé au service concerné et refuse de me donner la moindre info ou même de me les passer [4], je rappelle et demande cette fois le service technique, qui fini par me passer quelqu’un a l’administratif qui ne peut pas me dire grand chose sinon que la réponse du service plainte devrait arriver sous 10jours ouvrés (ah tiens la clientèle m’avait dit dans la semaine …).

Deux interlocuteurs et deux informations aussi floues que différentes, ça mérite une gueulante d’autant plus que j’entends derrière mon interlocuteur son collègue lui souffler « laisse tomber c’est pas le titulaire de la ligne… » Bien vu l’aveugle, la ligne est au nom de Pacotine et j’ai une voix de camionneur, seulement j’ai donné toutes les bonnes infos pour m’identifier et j’appelle de la dite ligne alors faudrait arrêter de me marcher sur les roupettes parce que on a déjà perdu assez de temps et que Pacotine va pas prendre un jour de congé juste pour entendre leur musique d’attente. Suite à une phrase de ce genre murmurée dans le combiné à un volume tel que des voisins pas forcement proches ont du l’entendre, on me passe le service plainte (celui auquel on ne peut pas transférer les appels) et on passe ostensiblement le combiné à une dame avec une telle obséquiosité que c’en est étrange[5]

lesnuls.jpg Si jusqu’à présent je me demandais si l’on me prenait pour un con, cette dame a levé tous mes doutes. Non le fait d’être 3 à attendre ne prouve rien. Non se plaindre en boutique ne prouve rien. Et Pourquoi s’être plaint à 17h45 ? C’est louche, on aurait appelé directement ça aurait été mieux (le fait qu’on ait pas eu le téléphone de leur fait n’est pas une bonne raison pour faire appeler de la boutique) Et pis le technicien n’a aucune raison de mentir (outre le fait qu’il devait pas avoir fini son digestif) Et puis pastèque sur le baba au rhum, on a aucune preuve qu’on était là (à part donc que nous étions 3 à être là) et surtout on a aucune preuve qu’il n’est pas passé !!!!!! (oui moi aussi je me demande quelle preuve aurait pu faire l’affaire, autre bien sur qu’une note de restaurant du tech timestampé à 14h30 ou une vidéo de la porte d’entrée de l’immeuble pendant toute l’après midi et comprenant un gars qui passe avec le journal et qui appelle l’horloge parlante) Bref on nous demande une preuve impossible a fournir pour annuler la facturation d’un tech dont la preuve du passage est pour eux tout aussi impossible a fournir. Le pire étant que dans leur propres conditions de service, c’est la prestation qui est payante (pour peu que le problème ne soit pas de leur ressort), ce n’est ni le rendez vous, ni le déplacement. Ah et le mieux : « vous dites une chose, le rapport du technicien dit autre chose, nous faut bien qu’on fasse confiance a quelqu’un… ».

Bref nous sommes censé payer la dîme à tele2, faute de pouvoir prouver que Dieu n’existe pas.

Notes

[1] et je ne veux pas dire par là qu’il parle technique, je veux dire qu’il fait semblant de ne rien comprendre et que personne est là et que c’est pas possible

[2] si vous vous êtes étouffé , rassurez vous ça nous a fait la même lorsque l’on l’a entendu au téléphone

[3] c’est en face, y’a la clim ou au moins une ventilation très efficace, et surtout on peut râler de suite sans écouter la petite musique pendant 20min

[4] oups j’oubliais eux m’ont toujours maintenu ne pas pouvoir transférer les appels

[5] oui j’ai un doute sur la qualité de la personne que l’on m’a passé

Des douves et des barbeles devant les sorties de secours

Mercredi 26 août 2009

obstacleC’est encore un nouveau pas qui vient d’être franchi pour comprendre que l’on ne comprend pas grand chose !

Très bientôt, dans les lieux bondés, il faudra vous attendre à trouver tout un tas d’obstacles sur votre chemin.

Jusqu’à présent la logique voulait que les sorties de secours soient laissées libres de tout encombrement afin de permettre aux gens de se piétiner allègrement dans la joie et la bonne humeur en cas d’évacuation[1]. C’est sur le point de changer !!!

Désormais, les sorties se feront à la Mario Kart, comprendre avec des obstacles sur le chemin.

Quelle bonne idée ! Mais pourquoi donc ???

Un chercheur japonais Daichi Yanagisawa (oui un moyen de gérer les foules on aurait pu se douter !) a étudié pour cela la vitesse d’évacuation de femmes à travers une porte dont la consigne était de sortir le plus vite possible.

Un obstacle placé devant la porte, un peu de coté, a permis d’augmenter la vitesse de sortie de (attention il faut se tenir à accoudoir ) 2.8 à 2.92 personnes par seconde ! L’obstacle était un pilier de 20 cm placé 65cm avant la porte. Il est à noter que ce taux descend a 2.78 si le pilier est trop proche du centre.

Ce qui laisse pantois dans cette étude n’est pas tant qu’un ralentisseur (de fait) augmente la vitesse générale, après tout il est prouvé depuis longtemps sur autoroute qu’une baisse de la vitesse de chaque véhicule contribue à la fluidité globale et par là même à la hausse du débit de voiture (principalement par le raccourcissement des distances de sécurité et l’abolition des effets d’accordéons.

Ce qui laisse pantois, ce sont les taux ! Il faut savoir que dans ce genre d’études ils sont obtenus par un modèle mathématique qui reprend divers paramètres et ensuite confrontés a la pratique et aux faits.

Je me permets de citer le résumer de l’article de l’étude (disponible ici)

In this paper, two important factors which affect the pedestrian outflow at a bottleneck significantly are studied in detail to analyze the effect of an obstacle set up in front of an exit. One is a conflict at an exit when pedestrians evacuate from a room. We use floor field model for simulating such behavior, which is a well-studied pedestrian model using cellular automata. The conflicts have been taken into account by the friction parameter. However, the friction parameter so far is a constant and does not depend on the number of the pedestrians conflicting at the same time. Thus, we have improved the friction parameter by the frictional function, which is a function of the number of the pedestrians involved in the conflict. Second, we have newly introduced the cost of turning of pedestrians at the exit. Since pedestrians have inertia, their walking speeds decrease when they turn, and the pedestrian outflow decreases. The validity of the extended model, which includes the frictional function and the turning function, is supported by the comparison of a mean field theory and real experiments. We have observed that the pedestrian flow increases when we put an obstacle in front of an exit in our real experiments for the first time. The analytical results clearly explains the mechanism of the effect of the obstacle, i.e., the obstacle blocks pedestrians moving to the exit and decreases the average number of pedestrians involved in the conflict. We have also found that an obstacle works more effectively when we shift it from the center since pedestrians go through the exit with less turning.

Un résumé français succinct et peu flatteur serait de dire que l’équipe s’est contentée de rajouter 2 variables à un modèle préexistant et de vérifier sa concordance avec ce qui est réellement observé.

Ils ont donc pu verifier une hausse de 4% du nombre de personnes évacués par secondes dans un cas, et une baisse de 0.7% dans l’autre cas !

C’est impressionnant. Quoique…

futur équipement de sécuritéL’observation a été réalisée sur un groupe de 50 femmes chargées d’évacuer.

Avec un taux non modifié de 2.8 femmes par secondes, elles ont évacué en 17.85 secondes. Avec l »obstacle et le taux a 2.92 il ne leur a donc plus fallu que …17.12secondes …Le groupe aurait donc gagné 0.7 secondes. Le poteau au milieu les a vu lui sortir en 17.99 secondes.

Outre que ce genre d’expérience soit de fait particulièrement difficile à reproduire:
-C’est le même groupe qui ressort chaque fois ?
-Si oui la fatigue est elle prise en compte,
-Sont elles prévenus de la configuration,
-Sont elles habillées et chaussées de façon réaliste ? (personnellement j’évacue moins bien en talons hauts …)
-Sont elles chargées de façon réaliste ? (si 50 femmes doivent évacuer, jsuis ptet sexiste mais imo elles ont des sacs et des cabas, si elles en ont pas c’est qu’elle simulent n’importe quelle foule et donc qu’il manque la prise en compte de la force/masse des hommes qui bousculeraient les femmes en fuyant la queue entre les jambes)
-Si non de quelle manière des groupes si restreints peuvent ils être semblables ?

En abrégé ces temps ne sont aucunement significatif de quoi que ce soit. Quand bien même ils le serait ce sont les différences constatées qui ne le sont pas. La seule chose que l’expérience aurait pu valider étant précisément l’absence de différences significatives.

De plus en cas d’évacuation une composante panique est à prendre en compte;
que peut bien faire un physicien japonais pour mener 50 femmes à fuir son bureau dans des conditions réalistes ???

Encore une preuve que les Stats disent … exactement ce qu’on veut leur faire dire

Sources :

Notes

[1] Décret no 92-333 du 31 mars 1992 modifiant le code du travail (deuxième partie: Décrets en Conseil d’Etat) et relatif aux dispositions concernant la sécurité et la santé applicables aux lieux de travail, que doivent observer les chefs d’établissements utilisateurs Art. R. 232-12-2. – Les établissements mentionnés à l’article R. 232-12 doivent posséder des dégagements (portes, couloirs, circulations, escaliers, rampes) répartis de manière à permettre une évacuation rapide de tous les occupants dans des conditions de sécurité maximale. Ces dégagements doivent être toujours libres. Aucun objet, marchandise ou matériel ne doit faire obstacle à la circulation des personnes ou réduire la largeur des dégagements au-dessous des minima fixés ci-après.

Everyday Normal Guy

Jeudi 20 août 2009

Il y a déjà quelques temps je vous faisais part de mon admiration pour le talent de Roy Zimmerman qui réussissait a concilier des textes intelligents et des musiques pas trop lourdes pour faire réfléchir l’Amérique.

Je le donne aujourd’hui en référence pour que vous preniez la pleine mesure de la différence qu’il y a avec ce dont je vais parler maintenant :

Le propos est un peu moins musical mais à mon sens ça part de la même veine; interpeller les gens pour finir par les faire réfléchir (du moins je l’espère sincèrement)


I Kill People by Jonlajoie

Le plus surprenant reste selon moi qu’il réussisse à faire quelque chose d’auditivement sympathique sur 2girls1cup


2 Girls 1 Cup Song by Jonlajoie

Outre les clips, le monsieur semble donner aussi dans le monologue parodique d’inspiration pseudo-scientifique duquel on pourra retenir la question métaphysique que tout le monde se pose : « d’où viennent les chapeaux ? »


Mysteries of the Universe by Jonlajoie

Ou encore les vrai-fausses publicités qui ne sont pas sans rappeler celles des nuls


Pedophile Beards by Jonlajoie

« Being Gay » Commercial by Jonlajoie

Moi j’avoue j’ai un peu honte mais j’aime bien

Les liens qui vont bien :

Eloge du chez soi face au proselytisme du dehors

Mercredi 19 août 2009

C’est un fait que nul ne pourra contester; quand arrivent les beaux jours une foule de bien-pensants déferle de manière plus ou moins coordonnée pour faire la chasse aux dangereux misanthropes.

Dans cette société où chacun se déclare volontiers rebelle, où l’indépendance est vécue comme une réussite, et où chacun se targue de son originalité, bien peu comprennent cependant leur statut auto-proclamé de mouton.

A les écouter (ils mettent tellement de bonne volonté à se poser en donneurs de leçons qu’ils sont écoutés, ne serait-ce que par compassion), « il faut aller dehors, profiter du beau temps, voir des gens, changer d’air, se balader »

La simple question « pourquoi » est toujours un moment fort pour se rendre compte de l’imprégnation de se discours.

Pourquoi faudrait-il aller dehors ?
-parce qu’il fait beau !
Pourquoi faudrait il aller dehors lorsqu’il fait beau ?
-ben heu c’est mieux que quand il pleut !
Oui effectivement mais pourquoi irais-je dehors quand il pleut ?
-ben justement t’y vas pas ! t’y vas quand il fait beau !

Crowd_Tokyo.jpgDe la même manière qui n’a jamais entendu « viens y’aura du monde, tu verras ce sera chouette[1]« .

En quoi le nombre serait-il forcement un gage de qualité ? Et pourquoi dehors serait mieux que chez moi ? Pourquoi dans l’absolu une foule de gens serait mieux qu’un petit nombre ? Et en quoi ma rue est-elle supérieure à mon salon ?

Je ne vois qu’une raison qui peut faire préférer les foules aux groupes plus restreints et c’est l’indigence de l’intérêt qu’ils suscitent. Après tout, je me range volontiers à la statistique voulant que l’on trouve plus de gens attrayants dans des groupes plus grands (à proportions égales) mais cette même statistique veut que l’on y trouve aussi plus de cons. Alors pourquoi devrait-on échanger un petit groupe de gens également intéressants contre un groupe plus large comprenant aussi des cons ? Chaque réminiscence de ce questionnement devrait, plus qu’une réponse fermée, amener à s’interroger sur l’entourage immédiat de celui qui fait cette proposition.

SitOnIt_Fuchia_s.jpgC’est au même genre de raisonnement que fait appel la réflexion sur l’extérieur. Le salon, pour peu que l’on en ait un, est normalement une pièce que l’on a spécialement conçu pour s’y sentir bien, pour y être confortable, pour y passer d’agréables moments, alors quelle est donc cette lubie qui fait éprouver le besoin à une majorité de nos contemporain de passer l’après midi dans la rue ?

Profiter du beau temps ? Je ne suis pas crédule au point de croire l’air des appartements sain et aseptisé mais je doute profondément que l’on profite mieux du soleil entre les voitures plutôt qu’à une fenêtre. Par ailleurs nos latitudes sont suffisamment tempérées pour que le besoin de profiter du soleil ne soit pas à ce point oppressant.

Rencontrer des gens ? quelle belle hypocrisie. Ces rencontres se bornent en général à « il fait chaud pour la saison ». Bref croiser des gens oui, les rencontrer non car quand bien même vous iriez avec le vrai désir d’en rencontrer il vous faudrait encore tomber sur quelqu’un qui partage ce désir.

Alors Pacotine et moi (je l’associe, ça lui fera les pieds ! ) sommes nous misanthropes ?

Je ne crois pas. Nous apprécions aller dehors simplement dehors est plus un passage qu’une destination en soi.

Enfin j’ai récemment entendu que c’était de l’intolérance de ne pas aimer les gens. (en général) et que ne pas aimer sortir en était une preuve.

Nous apprécions les gens, simplement nous préférons la discrète cooptation de nos semblables plutôt que l’impersonnalité des rencontres que les lieux, substitués aux gens eux-même, imposent.[2]

Que je sache nous n’essayons de convaincre personne de faire ce qu’il ne veut pas faire, nous ne disons à personne de changer pour être mieux, nous n’embrouillons personne en tentant de faire croire que l’on est plus heureux en se forçant à faire ce que l’on aime pas faire. Alors de grâce, arrêtez de nous saouler avec votre intolérant prosélytisme et d’essayer de nous faire croire que dehors c’est mieux. [3]

Car j’ai bien peur que le dehors ne soit remplit de gens qui n’ont pas osé affirmer qu’ils préféraient rester chez eux.

Notes

[1] à l’époque, maintenant vous pouvez le remplacer par n’importe quel adjectif qui ferait plus in selon vous

[2] Enfin s’énerver des gosses qui hurlent, courent et nous bousculent n’est pas de l’intolérance, c’est juste être déçu que la tolérance des autres ne puisse englober notre besoin de calme.

[3] Et je laisse aux consommateurs rebelles le soin de réfléchir à qui bénéficie leurs sorties.

Y’a un peu plus de bonheur, je vous le mets aussi ?

Mercredi 5 août 2009

Le bonheur est une denrée quantifiable

et rien que ca, ca me remplit d’environ 10% de bonheur supplémentaire.

so_happy.jpg

Le moral c’est simple comme un frigo !

On connaissait déjà les fameuses mesures du moral des ménages, où pour résumer, les questions « Sous quel délai envisagez vous de changer votre réfrigérateur ? », et « Comptez vous en prendre un plus grand ou un plus petit ? » permettaient aux as de la statistique et de l’humain (à quelques exceptions près, les mêmes qui ne savaient pas si l’on choisirait le bling-bling, la bravitude ou la rencontre du troisième type, des types capables donc de théoriser la demande de cèleri-rémoulade d’un buffet avec 3 chiffres après la virgule) de déterminer si l’on pensait que la famille s’agrandirait par d’heureux événements et si l’on imaginait pouvoir nourrir ce beau monde; ce qui devenait par le truchement de la statistique une mesure du moral et de la confiance en l’avenir. Et l’on apprenait tour à tour que la France n’avait plus le moral ou que celui ci revenait.

Le biais statistique était évident. La mesure n’avait même pas besoin d’être faussée tellement elle était vide de sens. Mais ça fait toujours plaisir à quelques uns (politiques, responsables du sondage, spectateurs de jt…).

Bref on en était là. Tellement obnubilé par notre moral que l’on en aurait presque oublié de réfléchir. Tellement résolument tourné vers l’avenir que l’on en aurait oublié le présent.

Et là derrière votre écran, vous vous dites que je chipote, j’en fais des tonnes pour rien. Vous, vous le savez que l’avenir ne s’annonce pas rose et c’est pourquoi vous profitez de chaque jour à fond hein ? Croyez vous ? Vraiment ?

Si c’était vrai alors vous auriez remarqué à quel point vous fûtes (un passé simple si bien amené n’est jamais perdu) heureux il y a un mois et demi… et vous n’avez rien vu.

Le bonheur en équation

Pourtant le 19 juin fut le jour le plus heureux de l’année selon le docteur Cliff Arnall, la formule

O + (N x S) + Cpm/T + He

avec

O = être dehors et faire des activités à l’extérieur
N = nature
S =interactions sociales
Cpm = souvenirs d’enfance de l’été et autres pensées positives
T = température
He = excitation à propos des vacances

le prouve de manière évidente

A noter que l’économie n’influence en rien le bonheur.

Mais qu’elle influence grandement le malheur selon cette autre formule du même docteur

(W + (D-d)) x TQ
M x NA

avec

(W) météo,
(D) dette,
(d) salaire,
(T) temps depuis noel,
(Q) temps depuis la dernière envie de démission,
(M) niveau de motivation
(NA) nécessité de faire quelque chose.

Qui n’est donc pas, contrairement à ce que nous autres petites gens pouvions penser, ni l’inverse ni le contraire du bonheur !

Magnifique qu’après la dépression en fonction du frigo nous puissions avoir le bonheur des gens indépendamment des gens.

La blogosphère anglophone comme étalon des sentiments humains

Encore plus fort désormais, les chercheurs ont réussi à faire une étude présentant la plupart des biais possibles et/ou imaginables.

On assumes sans mal que pour prétendre être valide, une étude statistique doit être faire sur un échantillon représentatif de la population à étudier et que le caractère étudié (celui qui est directement mesurable) ait un rapport sans ambiguïté avec le sujet de l’étude.

Prenons quelques exemples.
Il n’est pas possible de se baser sur le nombre de roux japonais pour déterminer le nombre de roux cubains (représentativité)
Il n’est pas possible de se baser sur l’évolution de la vente de déodorant pour étudier l’évolution du nombre de roux (voyez le rapport « avec » ambiguïté)
Il n’est pas possible de se baser sur la vente de salade d’un restaurant végétarien pour savoir dans quel proportion l’agneau est ou non préféré au boeuf.
Il n’est pas possible de se baser uniquement sur les gens qui gueulent pour obtenir une mesure de la satisfaction.

Cela doit paraitre évident à chacun et pourtant des scientifiques ont mis leurs œillères et sont partis dans le mur tête baissée.

L’étude qu’ils ont menée porte sur 2.4millions de blogs gasp autour du monde reg. Sur ces blogs des robots ont recherché des phrases contenant « i feel » asp !. Ils ont sauvegardé la phrase entière et ont recherché un ou plusieurs des 1000 mots « émotionnellement chargés » qu’une étude avait recensés et mis en ordre. Chaque mot ayant une valeur de bonheur et chaque post une date de publication (ne changez pas d’état d’esprit avant d’avoir posté ça fausserait tout ! ), On peut scientifiquement en déduire une valeur relative du bonheur des gens ayant un blog, postant dessus en anglais ayant tendance à s’épancher. Il en ressort que le bonheur de la blogosphère anglophone a augmenté de 4% depuis 2005 !

La même opération a été effectuée sur les chansons en se basant sur les textes de 1000 chansons issus d’un site ou ils sont soumis par les internautes (il y a donc aucune objectivité au choix de ces 1000 textes là plutôt que 1000 autres). Il ressort qu’elles ont perdu environ 10% de leur bonheur depuis 1960. et que le hard rock n’utilise pas le mot « love ».

Bientôt nous connaitrons notre bonheur en continue et en direct grâce à twitter qui est déjà en ligne de mir de ces augustes scientifiques.

Pour les naïfs qui pensent que le bonheur est la seule motivation de cette fine équipe, Sonja Lyubomirsky de l’université de Riverside envisage déjà de vérifier si des paroles plus positives font ou non vendre plus de cd

J’attends l’étude qui me dira si j’en suis étonné.

Sources: