Arrêter de fumer simplement

C’était la journée mondiale sans tabac ce 31 Mai. Pas que ça me passionne mais ça me fait doucement sourire.

Bizarrement ça me fait pas sourire pour la même raison que l’an dernier. Car l’an dernier à la même époque je fumais mon paquet quotidien.

Un an plus tard, je ne fume plus, je n’ai pas grossi (j’étais déjà enveloppé avant) et très franchement ça a été moins difficile qu’un régime … j’ai jamais réussi les régimes…

Alors comment arrêter de fumer facilement ?

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On le dira jamais assez mais la première chose c’est de le vouloir. Jusque là c’est comme le régime, à la très grosse différence que le régime si vous vous laissez aller c’est pas si grave, ça le fait juste durer plus longtemps. Là se laisser aller signifie recommencer à essayer d’arrêter.

Personnellement ça fait 11 mois que je ne fume plus, et je trouve que le passage le plus difficile a été entre le 10ieme et le 20ieme jour.

Voici, si vous en ressentez le besoin, quelques astuces et conseils pour arrêter plus facilement tirées de mon expérience :

Arrêtez, souvent.

J’ai entendu dire qu’on arrive pas à arrêter la première fois que l’on essaie. Je ne sais si c’est vrai mais je sais que chaque nouvelle tentative rapproche de celle qui réussira. On en apprend un peu plus à chaque fois, plus sur soi, plus sur sa dépendance, plus sur ce qui marche ou non. Au final, l’on est plus surpris de ce que l’on éprouve lors de la dernière tentative[1]

Bref, arrêtez dès que vous avez une once de motivation. Ça vous permettra de savoir quels seront les moments difficiles et même apprendre à les surmonter ou les relativiser. Mieux même, si vous avez bien remarqué, vous n’avez pas besoin de fumer en dormant, profitez de ces tentatives pour regarder combien de temps après votre dernière cigarette le manque est le plus flagrant et … débrouillez vous pour que ça tombe au milieu de la nuit.

Prenez vous pour un con.

Ça parait violent comme ça mais j’aurais même tendance à dire, n’y voyez rien d’insultant : « profitez d’être un con ». Et je m’en explique.

Le tabac cumule 2 dépendances, l’une au geste de la cigarette, l’autre à la nicotine.

Et vous allez vite vous apercevoir en essayant d’arrêter qu’une partie de votre cerveau se bat contre l’autre. Dès que vous aurez « arrêté »[2], vous commencerez à entendre une petite voix vous dire bah je peux encore en prendre une, encore une, j’arrêterai demain, en fait c’est pas si grave le tabac

Bref une partie de votre cerveau va s’ingénier à essayer de convaincre l’autre, finalement exactement le même combat que lorsque vous entendiez votre conscience vous dire faut que j’arrête, putain c’est cher, marre de chercher toujours ce briquet, ah si je fumais pas…. Écoutez tous ces arguments, si vous avez décidé d’arrêter, c’est que vous y avez déjà répondu. Retrouver consciemment ces réponses vous donnera un regain de motivation.

Vous allez me dire que ça n’explique pas pourquoi il faut soi-même se prendre pour un con. On y vient.

Quand vous commencerez à argumenter dans votre tête et contre vous-même sur le bien fondé de cette tentative d’arret, il y a une chose que vous ne pourrez plus nier. Une partie de votre cerveau ne cherche qu’à satisfaire ses dépendances, comme un gamin capricieux. c’est de cette partie qu’il faut vous jouer.

-Profitez d’un changement

que_fumer.jpgVous avez des habitudes, rien n’est plus dur que changer des habitudes, et la clope en plus d’être une dépendance, est une habitude. Vous avez l’habitude d’en griller une pendant la pause au boulot, en voiture, après un bon repas ?

Profitez des vacances, quand vous n’avez pas à conduire, et mettez vous à la vaisselle ! C’est bête à dire mais profitez d’un changement de rythme dans votre vie pour virer cette habitude là (si en plus vous vous évitez la pression sociale c’est quand même tout bénèf). Il sera toujours temps après de régler la dépendance à la nicotine.

-Une seule dépendance à la fois.

Personnellement, j’ai tout d’abord arrêté de fumer totalement, pendant environ 10jours, c’est là que c’est devenu difficile et que j’ai pu bien remarquer quels étaient les symptômes du manque. La dépendance à la nicotine provoque le manque, la dépendance au geste provoque seulement de l’angoisse. Au début on confond, après quand on sait ça rassure.

Au bout de 10jours je suis donc passé aux nicorettes 4mg. Ça m’a permis de me débarrasser de cette addiction au geste, et de ne pas m’occuper de ma dépendance à la nicotine. Envie d’une clope ? Hop je gobe un cachet. Les 10 jours sans rien m’ont permis de vérifier que c’était efficace. Une moyenne de 5-6cachets par jours faisant l’équivalent d’un paquet. J’en ai gobé pendant 3mois. En fait j’en ai gobé juste le temps que le réflexe change envie de nicotine => clope cachet.

Quel intérêt de virer une addiction pour la remplacer par une autre ? Dissocier le geste de la substance. Uniquement. Mais c’est déjà énorme. Et c’est là qu’il faut vraiment se moquer de soi-même.

Je n’avais plus du tout d’envie de cigarette, et pourtant, ça n’était pas fini. J’avais toujours envie d’entrer dans un tabac. Je gobais environ 8 cachets par jours[3] C’est donc là qu’est le moment de s’occuper la première dépendance: la nicotine.

Pour virer l’addiction à la nicotine ? Ben il suffit de renforcer l’addiction au geste (gober un cachet), Seulement là, les cachets se sont transformés en bonbons à la menthe. Ça marche super bien les bonbons à la menthe. En fait au final, j’en gobais à longueur de journée (les prévoir sans sucre donc), ça apaise l’envie du geste et c’est là que vous serez ravi de vous prendre pour un con : si vous vous êtes bien conditionné ça marche.

cigarette.jpgLe cerveau sait qu’il prend un cachet, vous l’avez bien imprégné du fait que ça va le calmer, il le croit et vous laisse tranquille. Un peu comme le bébé arrête de chialer quand il vous voit lui tendre son biberon. Il lui faudra quelques minutes pour se rendre compte qu’il est vide mais tant pis. A ce moment là, il aura trouvé un autre centre d’intérêt et la crise sera passée.

Ça semble très con mais ça fonctionne. Demandez à Pacotine comme j’angoissais de ne plus avoir de bonbons…

Petite astuces; prenez des bonbons longs à manger, et sans sucre. Ça vous évitera d’être tenté de régler votre frustration par une descente kamikaze sur le réfrigérateur et c’est mieux pour la ligne.

Convainquez-vous !

Vous êtes votre propre ennemi dans votre combat contre la cigarette. Plus vite vous vous convaincrez d’avoir gagné, plus vite vous vous convaincrez d’avoir perdu, plus ce sera facile. Je veux dire par là qu’il faut passer le plus vite possible de j’essaie d’arrêter à j’ai arrêté. De la même façon, quand on vous demande une clope dans la rue, si vous arrivez à dire je ne fume pas plutôt que le sempiternel j’en ai pas j’essaie d’arrêter, alors vous pouvez considérer que c’est bon.

Ne vous inquiétez pas

Chaque tentative génère de l’angoisse, c’est normal.

2 choses à dire à propos de l’inquiétude d’arrêter:

  • N’ayez pas peur d’échouer. Comme je l’ai noté plus haut, échouer maintenant c’est renforcer vos chances pour plus tard. Bref même un échec est une partie de la réussite future.
  • N’ayez pas peur du manque: essayer d’arrêter de fumer en ayant un paquet en réserve au cas où l’on flancherait est une connerie monumentale. Quel est l’intérêt ? N’ayez pas peur, la dépendance est forte. Si vous devez flancher, avec ou sans paquet vous fumerez. Que celui qui n’a jamais été chercher un paquet dans un bistrot à minuit un dimanche soir me jette la première pierre. Avoir un paquet « au cas où », c’est juste gagner du temps sur la rechute. Si vous avez vraiment envie d’une clope vous en trouverez, le prévoir et le faciliter permettra juste de rechuter plus vite, peut être même avant de vraiment en avoir envie. Garder les clopes loin c’est laisser une chance à la partie du cerveau qui veut arrêter de vous convaincre de rentrer à la maison avant d’en avoir trouvé.

Pour résumer arrêter c’est simple, si on met les chances de son coté. Et qu’on sait à quoi on s’attend.

Notes

[1] la dernière est forcément celle qui marche, si l’avant-dernière avait marché, elle aurait elle-même été la dernière…

[2] que ce soit pour de bon ou jusqu’à la prochaine

[3] en fait comme avec la cigarette, on commence bas pis on ne se rend pas compte qu’on augmente les doses…

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5 commentaires sur “Arrêter de fumer simplement”

  1. Pacotine dit :

    suis bien d’accord avec tout ça ^^ (même si moi je n’ai fais que constater , je n’ai jamais fumé)

  2. tykayn dit :

    Y’a une fille coumme ça qui m’a dit qu’un jour elle avait comrpis que la clope n’avait aucun intérêt.
    Un djeunz de 15 ans me disait que ça permettait de se faire des liens, la vla la gueule des liens. Perso je préfère les zombies dans les films ou dans les jeux vidéos.

    Bref, bravo le veau!

  3. George Guérin dit :

    Solide article qui ne tourne pas autour du pot et qui encourage justement à prendre les choses pour ce qu’elles sont réellement. Froidement et efficacement. L’arrêt tabagique est un défi majeur, un esclavage des plus vicieux.

    Il y a malheureusement 1000 techniques sur internet et dans les pharmacies pour arrêter de fumer, la plupart ont peu ou pas de résultats. Ce mon côté je viens de tomber sur une façon de faire inusitée pour arrêter de fûmer
    http://www.encyclogoji com/node/67

    On explique comment la consommation d’un petit fruit chinois,le Goji qu’on peut trouver entre autre au http://www.buygojifruits.com qui aurait des propriétés aidant au sevrage de la nicotine.

  4. Kara dit :

    Je ne puis que désapprouver le choix de votre adverbe, il y a HEUREUSEMENT 1000 techniques, car même si les mécanismes de l’addiction semblent à la lumière des connaissances actuelles être les mêmes pour tous, nous sommes tous différents.

    Une des premières clés pour réussir est à mon avis de se connaitre soi-même assez pour repérer les mécanismes qui sont susceptible de marcher sur soi.

    Ce n’était pas ma première tentative pour arrêter, mais j’ai élaboré cette « stratégie » contre moi même à force de micro-arrêts qui m’ont menés à comprendre les mécanismes par lesquels l’addiction se fait jour sur la volonté.

    Je n’ai pas la prétention d’avoir trouvé la méthode miracle, mais je savais où j’allais, j’étais conscient de ce que j’allais affronter, et j’avais prévu des contre mesures. Ce faisant j’étais nettement plus préparé que le quidam qui va chiffonner son paquet et le jeter dans un coin en disant « c’est fini ».

    Ça tient peut être simplement à ça… savoir par quoi l’on va passer et y être prêt.

    J’ai lu vos liens et je ne suis qu’à demi convaincu par le goji. Déjà parce qu’il se prétend efficace dans le nettoyage des poumons et présente cela comme une aide au sevrage nicotinique … le sevrage ne consiste pas à nettoyer un organisme d’un produit qui lui manque mais bien à faire fonctionner son corps sans ce produit.

    De plus le goji présente un écueil qui me semble rédhibitoire c’est qu’il associe en même temps le sevrage nicotinique (par l’arrêt de prise plutôt que par son action mais ce n’est plus le propos) et la substitution du mouvement.

    Cette approche globale du « on règle tout d’un coup » est à mon sens trop violente et bien trop portée sur la volonté pour avoir des chances d’être un remède efficace pour la majorité des fumeurs. A mon bien sûr que l’effet placebo d’un fruit qui a tout du « médicament ancestrale des moines du fin fond de la foret » soit parti prenante du processus

  5. Le sucre est plus addictif que la cocaine

    Et donc par rapport à la cigarette ? D’après une étude pas si récente (mais publiée ce mois par science & vie) le sucre est plus addictif que la cocaïne. Ou en tout cas les souris qui se voient proposées le choix entre du sucre et de la cocaïne…

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