Hadopi, c’est reparti

A la question : faites vous encore confiance aux instituts de sondage ? 64% des Français répondent non. Et 59% répondent oui.

Philippe Geluck

Je m’étonnais encore des chiffres avancés par Besson (Luc, pas Eric) et le gouvernement français pour justifier l’Hadopi.
Je ne m’étonne plus.

Pour comprendre il fallait remonter le temps, à une époque où l’on s’intéressait beaucoup moins à l’hadopi (vrai pour moi en tout cas)

Je n’ai pas ce rapport mais juste l’article du monde qui en parle Ici. Cet article parle de la loi en prévision, des idées reçues de chacun sur celle-ci et à la toute fin on y explique que l’idée de la loi par d’une baisse du chiffre d’affaire des industries culturelles (je mets des italiques où je veux little john, et c’est souvent dans … des articles).

Cette baisse a conduit les industries suce-mentionnées (la rebellion par l’orthographe c’est ma grande passion) à commander une enquête. Et pas n’importe quelle enquête, attention. Une vraie de vraie, avec des chiffres et tout ! Et c’est là que le scientifique pragmatique que je me crois être ouvre grand les yeux, pour regarder la méthodologie de l’enquête.

Et quand je le vois je me dis en moi-même : soit ils nous prennent pour des idiots, soit ils sont pas loin de l’être. C’est une étude statistique (bon c’est quand même un bon début, ça veut dire que le résultat va être un chiffre et pas une appréciation.). Cette étude a pris pour panel 2000 internautes (outre le fait que 2000 me parait peu pour déterminer une moyenne et un écart type, quand on voit que les sondage binaire du type « vous allez voter truc ou machin ? » ont des marges d’incertitude monstrueuses) choisis selon … heu … ah ben on sait pas comment ils ont été choisit (il est pourtant bien évident pour tout le monde que 2000 tata germaine qui ne se servent du pc que pour visualiser les photos de la dent de lait du petit dernier qui grandit à l’autre bout du monde, n’ont pas les mêmes habitudes de surf qui 2000 pseudo-rebel de 17ans sans le sous, ni que 2000 cadres supérieurs cinquantenaires).

Ces 2000 maitres étalons de nos consommations frauduleuses se sont vus demander les chiffres de leur propre piratage. Une moyenne en a été faite (je suppose), moyenne qui multipliée par le nombre d’internaute donne les chiffres de 833 280 000 titres de musique, et 235 200 000 titres de vidéo piratés en 2007.

Arrivé à ce niveau, ça ne me choque pas que l’on arrondisse à 1 milliard, surtout quand ce chiffre va ensuite servir à justifier tout ce que l’on veut faire.

Non, ce qui me choque c’est de ne pas arriver à trouver l’étude qui prouve scientifiquement que la personne interrogée va, en cumulant les erreurs dues à sa mémoire et celles dues au poids de sa culpabilité, diviser par douze les chiffres de ses forfaits. Car

de l’avis du responsable de GfK, Laurent Donzel, une telle enquête « comporte des failles » : « On fait appel à la mémoire de l’intéressé, et les interviewés minimisent souvent le poids réel du téléchargement. Ils ne veulent pas l’avouer », explique-t-il. « Pour compenser, on extrapole et on multiplie les résultats par douze », ajoute-t-il. [Source]

Avec un tel sérieux dès le départ, j’attend avec impatience de voir les futurs membres d’une hypothétique « brigade de repression hadopiesque »

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Un commentaire sur “Hadopi, c’est reparti”

  1. angie dit :

    ha parce que toi t’as cru que ce serait sérieux ? ‘_’

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